Tesla renonce à son projet de voiture à bas prix – sources
par Hyunjoo Jin, Norihiko Shirouzu et Ben Klayman
(Reuters) – Tesla a renoncé à son projet de voiture à prix abordable sur lequel misaient les investisseurs pour soutenir sa croissance et faire du groupe un constructeur automobile de masse, a-t-on appris de trois sources proches du dossier et de messages internes consultés par Reuters.
La société américaine continuera à développer des robots-taxis à conduite autonome sur la même plateforme de véhicules de petite taille, ont déclaré les mêmes sources.
L’action du groupe perdait 3% en début d’après-midi à Wall Street à l’annonce de l’abandon de cet objectif de longue date.
Sur la plate-forme X, le directeur général de Tesla Elon Musk a accusé l’agence Reuters, à l’origine de l’information, de mensonge.
Le milliardaire a souvent qualifié de mission prioritaire la mise sur le marché de voitures électriques abordables. Son premier « plan directeur » pour l’entreprise, en 2006, prévoyait de fabriquer d’abord des modèles de luxe, puis d’utiliser les bénéfices pour financer une « voiture familiale à bas prix ».
Ce revirement intervient alors que Tesla est confronté à une concurrence féroce au niveau mondial de la part des constructeurs chinois de véhicules électriques qui inondent le marché avec des voitures dont le prix n’excède pas 10.000 dollars.
Le projet de robots-taxis sans conducteur, qui pourrait prendre plus de temps à voir le jour, représente un défi d’ingénierie plus important et un risque règlementaire plus élevé.
« TOUT MISER SUR LE ROBOT-TAXI »
Deux sources ont déclaré avoir appris la décision de Tesla d’abandonner la Model 2 lors d’une réunion à laquelle ont assisté des dizaines d’employés, l’une d’entre elles précisant que la réunion s’est déroulée fin février.
« La directive d’Elon est de tout miser sur le robot-taxi », a déclaré cette personne.
La troisième source a confirmé l’annulation du projet et a déclaré que les nouveaux plans prévoient la production de robots-taxis, mais dans des volumes beaucoup plus faibles que ce qui avait été prévu pour la Model 2.
Reuters a pu consulter un message interne du 1er mars, émanant d’un responsable de programme de la Model 2, resté anonyme, conseillant aux ingénieurs d’attendre avant de parler aux fournisseurs « de l’annulation du programme ».
Une quatrième personne au fait des projets de Tesla s’est montrée optimiste quant à cette décision d’abandonner le projet de voiture abordable au profit des robots-taxis, un segment que Musk considère comme l’avenir de la mobilité. Elle a toutefois averti que les projets de Tesla pourraient à nouveau changer en fonction des conditions économiques.
Alors que Tesla a passé des années à développer son Cybertruck expérimental, un pick-up électrique coûteux, les constructeurs automobiles chinois ont pris de l’avance sur les véhicules électriques abordables.
Le constructeur américain a annoncé mardi une baisse de 8% de ses livraisons en glissement annuel, juste après que son principal concurrent chinois, BYD, a enregistré une hausse de 13%. Le cours de l’action Tesla a chuté de 5% à la suite de cette nouvelle, aggravant une chute de plus de 40% depuis juillet dernier, ce qui représente une perte d’environ 400 milliards de dollars de capitalisation boursière.
Néanmoins, la valorisation de Tesla, qui s’élève à 545 milliards de dollars, reste supérieure à la valeur combinée des trois constructeurs automobiles les plus importants qui viennent ensuite, à savoir Toyota, Porsche et Mercedes-Benz.
La valeur de l’action Tesla a longtemps été basée sur les attentes futures en matière de ventes de masse et de voitures sans conducteur plutôt que sur ses ventes et ses bénéfices actuels.
Elon Musk a déclaré en 2020 que Tesla aspirait à vendre 20 millions de véhicules d’ici 2030, soit deux fois plus que ce que vend aujourd’hui le plus grand constructeur automobile du monde, Toyota. Avec la fin de la Model 2, il n’est pas évident de savoir comment cet objectif pourrait être atteint.
Du côté des analystes de Wall Street, on estime qu’une Tesla à 25.000 dollars permettrait de faire grimper les ventes du groupe à 4,2 millions de véhicules d’ici 2028, contre 1,8 million l’an dernier.
Le calendrier et le modèle commercial de Tesla pour le robot taxi restent quant à eux incertains. Musk a publiquement prédit un avenir de la mobilité dans lequel les taxis sans chauffeur pourraient devenir un mode de transport plus courant que les voitures conduites par des humains. Il a déclaré que Tesla « ne vaudrait pratiquement rien » si une capacité de conduite autonome totale n’était pas atteinte.
Tesla n’a pas encore prouvé être en capacité de produire une voiture autonome, bien qu’Elon Musk ait prédit pendant plusieurs années qu’une telle voiture était sur le point de voir le jour, une attente qui a en partie étayé la montée en flèche de la valorisation de Tesla. Le constructeur automobile fait face à des poursuites judiciaires et à des enquêtes sur des accidents impliquant ses systèmes d’aide à la conduite Autopilot et Full Self-Driving, qui ne sont pas totalement autonomes. Tesla a imputé ces accidents à des conducteurs inattentifs.
(Reportage Hyunjoo Jin à San Francisco, Norihiko Shirouzu à Austin et Ben Klayman à Detroit ; Version française Alban Kacher, édité par Jean-Stéphane Brosse)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
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2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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