Stellantis réintroduit en Europe du diesel à côté de l’électrique
par Gilles Guillaume et Nick Carey
PARIS/LONDRES, 12 février (Reuters) – Stellantis a entrepris de réintroduire à travers l’Europe des moteurs diesel sur pas moins de sept modèles de voitures qui en étaient privées depuis plusieurs années afin d’élargir son offre au-delà de l’hybride essence et de l’électrique, une technologie pour laquelle le constructeur automobile vient de revoir en baisse ses ambitions.
Le groupe né de la fusion entre PSA et FCA a annoncé vendredi dernier que ce « reset »stratégique s’accompagnerait de charges exceptionnelles massives d’environ 22,2 milliards d’euros au second semestre 2025.
« Nous avons décidé de maintenir des moteurs diesel dans notre portefeuille et, dans certains cas, d’augmenter notre offre de motorisations », a dit à Reuters un porte-parole du quatrième groupe automobile mondial, en réponse à une question sur le retour du diesel observé sur plusieurs sites internet de marques de Stellantis.
« Chez Stellantis, nous voulons générer de la croissance. C’est pourquoi nous sommes focalisés sur la demande des clients. »
Le groupe a ainsi ajouté à son catalogue en décembre 2025 un bloc diesel sur plusieurs ludospaces disponibles jusqu’ici uniquement en électrique, comme l’Opel Combo, le Peugeot Rifter et le Citroën Berlingo désormais proposés avec un moteur blue Hdi de 100 chevaux.
Un moteur diesel fait aussi son retour sur la berline premium DS N°4 ou, à partir de ce mois-ci, sur la berline Peugeot 308 au côté de motorisations hybride, hybride rechargeable et électrique, a indiqué une porte-parole de la marque au lion.
Stellantis a également décidé de poursuivre la production de version diesel de modèles comme la DS7 et les Alfa Romeo Tonale, Giulia et Stelvio.
Tombé en disgrâce depuis le scandale Volkswagen de 2015, alors qu’il représentait alors en Europe une vente sur deux, le diesel avait progressivement disparu du catalogue des modèles cités entre 2022 et 2024, le temps aussi de la mettre en conformité avec les nouvelles normes de pollution Euro.
Entretemps, le décollage du marché de l’électrique est resté inférieur aux attentes et la Commission européenne a assoupli l’interdiction des moteurs thermiques en 2035.
Dans le cadre de l’élargissement de son mix énergétique Stellantis a également ajouté l’an dernier à la Fiat 500 une version hybride essence au côté de sa déclinaison électrique. Aux Etats-Unis, il a relancé des modèles essence très populaires comme la Jeep Cherokee ainsi que le puissant moteur huit cylindres « Hemi » pour regagner des parts de marché.
AVANTAGE COMPETITIF SUR LES CHINOIS
Selon des données de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), la part du diesel est tombée à seulement 7,7% des immatriculations de voitures neuves en 2025, contre 19,5% pour les voitures 100% électriques.
Mais cette technologie, où la concurrence chinoise, très axée sur l’électrique et l’hybride, n’est pas présente, pourrait redonner un avantage compétitif aux constructeurs historiques européens.
« Stellantis semble aller à contre-courant », commente Chris Knapman, directeur éditorial du spécialiste automobile en ligne CarGurus au Royaume-Uni. « Mais si vous êtes une marque européenne désireuse de vous différencier (des marques chinoises), le diesel est un segment où vous pouvez jouir d’un avantage compétitif sur ces nouvelles venues. »
En France, le prix de départ de la version diesel du Combo, moins puissante que les 136 chevaux de l’électrique mais affichant une autonomie sans comparaison, est de 24.100 euros, contre 37.000 pour la version à batterie. L’écart de prix se réduit toutefois si l’on déduit du tarif de l’Opel EV le bonus écologique et si l’on ajoute à celui du Combo diesel un malus de 1.900 euros, mais peut encore être de 3.000 euros en faveur du diesel.
Un moteur au gazole émet moins de CO2 que son équivalent essence, mais il est battu à plate couture par l’électrique et ses zéro émissions.
Selon des données de CarGurus, le nombre de nouveautés diesel au Royaume-Uni est tombé à 57 en 2025 contre 167 en 2020. Les marques de Stellantis ne proposent plus outre-Manche que quatre voitures diesel, contre 26 en 2020.
(Reportage Gilles Guillaume et Nick Carey, édité par Jean-Stéphane Brosse et Blandine Hénault)
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