Renault annule l’IPO d’Ampère, a le cash pour financer son pari électrique
par Gilles Guillaume
PARIS (Reuters) – Renault a annoncé lundi l’annulation de l’introduction en Bourse d’Ampère, un pilier central de la stratégie de transformation du constructeur, au motif que les conditions de marchés ne sont pas adéquates et qu’il est en mesure de financer sa filiale électrique et logiciels sur ses propres ressources.
L’opération, très attendue pour la vitrine technologique du groupe plus que centenaire, était envisagée au premier semestre si le contexte était favorable.
« Renault Group considère que les conditions de marchés actuelles ne sont pas réunies pour poursuivre le processus d’introduction en Bourse et servir au mieux les intérêts de Renault Group, ses actionnaires et Ampère », a dit le constructeur automobile français dans un communiqué.
« Compte tenu des conditions de marché actuelles et des niveaux de cash-flow plus élevés que prévu, Renault Group a décidé d’annuler le processus », a-t-il ajouté.
Au cours d’une téléconférence de presse, le directeur général Luca de Meo a souligné que les marchés action et le contexte sur le marché de l’électrique aujourd’hui n’étaient « pas idéaux ».
« Bien sûr qu’il aurait été intéressant (de faire l’IPO). Mais nous avons l’argent pour faire avancer le projet en l’état sans avoir à faire appel au marché, je pense que c’est aussi une bonne nouvelle, cela veut dire que la machine derrière fonctionne et génère suffisamment de cash », a-t-il ajouté.
Renault publiera ses résultats annuels le 15 février.
A l’automne dernier, des sources avaient dit à Reuters qu’un ralentissement de la demande en véhicules électriques, une concurrence chinoise accrue et des marchés financiers turbulents sur fond d’incertitudes géopolitiques ininterrompues compliquaient le projet d’introduction en Bourse d’Ampère.
Plusieurs analystes avaient également mis en doute la capacité de Renault d’obtenir la valorisation espérée de jusqu’à dix milliards d’euros. Luca de Meo, avait alors répondu à plusieurs reprises que l’objectif était toujours une IPO, mais pas à n’importe quel prix.
AMPERE, REPONSE A TESLA
Précurseur avec Nissan de l’électrique la décennie précédente, Renault s’est vu supplanter depuis par de nouveaux venus, pure players du véhicule à batterie comme Tesla ou des marques chinoises.
La création d’Ampère à l’automne dernier doit aider le groupe à revenir dans la course en donnant une meilleure visibilité à ses activités électriques et logiciels, face à ses actifs historiques dans les motorisations thermiques.
Renault, qui a aussi pour priorité de ramener sa note crédit dans la catégorie investissement, a précisé que la décision d’annuler l’introduction en Bourse d’Ampère « n’a pas d’impact sur (ses) perspectives financières (…), ni sur sa stratégie d’allocation du capital. »
Elle ne change pas non plus l’engagement de Nissan et de Mitsubishi d’investir dans sa filiale électrique puisque l’accord conclu avec les deux partenaires japonais de Renault est valable que l’IPO ait ou non lieu, a souligné le directeur financier Thierry Piéton au cours de la téléconférence de presse.
En revanche, l’investissement du géant américain des semi-conducteurs Qualcomm, partenaire technologique de Renault, dépendait lui de la réalisation de l’introduction en Bourse.
« Il faudra maintenant discuter avec eux s’ils veulent participer d’une autre manière, ou si on laisse les choses en l’état », a ajouté Thierry Piéton.
L’introduction en Bourse d’Ampère aurait constitué une bouffée d’air frais pour les marchés après une année 2023 maigre en la matière à cause de la hausse des taux d’intérêts. Le marché des IPO a vu son activité l’an dernier tomber à son plus bas niveau depuis 2016 et, avec la détente qui se profile sur les taux, les banquiers espèrent une reprise en 2024.
(Reportage Gilles Guillaume, avec Charlotte Van Campenhout, édité par Nicolas Delame)
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