Nissan Europe: La France va examiner les paiements aux fournisseurs, d’après une lettre
par Daniel Leussink
TOKYO (Reuters) – Le ministère de l’Economie française a entrepris de vérifier si la branche européenne de Nissan a payé ses fournisseurs à temps et a demandé au constructeur automobile japonais de soumettre des documents financiers détaillés pour 2024, selon un courrier consulté par Reuters.
La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), rattachée au ministère de l’Economie française, a informé Nissan Automotive Europe de cet examen le mois dernier. Selon une lettre datée du 19 août, le gendarme français de la concurrence a indiqué que l’examen s’inscrivait dans le cadre d’un effort plus large visant à s’assurer que les entreprises payaient leurs fournisseurs dans les délais prévus.
Cet examen intervient alors que le constructeur automobile entreprend un vaste plan de redressement mondial visant à réduire ses coûts de 3,4 milliards de dollars (2,88 milliards d’euros) et à renouer avec la croissance.
Dans la lettre, Nissan Europe a reçu l’ordre de présenter des documents comptables et des règlements pour la période allant du 1er janvier au 31 décembre 2024, ainsi que d’autres documents, avant l’inspection de son siège régional.
En vertu de la législation française, les entreprises doivent payer leurs fournisseurs dans les 60 jours suivant l’émission de la facture, faute de quoi elles s’exposent à des pénalités pouvant atteindre 2 millions d’euros.
Nissan s’expose à des sanctions administratives, y compris des amendes, si des infractions sont constatées, est-il précisé dans la lettre.
Le constructeur automobile japonais n’a été accusé d’aucun acte répréhensible.
En juin, Reuters avait rapporté que Nissan avait proposé à certains fournisseurs de l’Union européenne (UE) et de Grande-Bretagne d’être payés davantage s’ils acceptaient des paiements différés, ce qui aiderait le constructeur automobile en difficulté à libérer des liquidités à court terme.
Il n’est pas rare que les entreprises demandent des délais de paiement à leurs fournisseurs pour gérer leur trésorerie.
Nissan Automotive Europe a confirmé à Reuters, via un communiqué, avoir reçu une demande d’information de la part d’une autorité française concernant des paiements de fournisseurs effectués à partir de son siège européen en France, sans fournir plus de détails.
« Aucun acte répréhensible de la part de Nissan n’a été indiqué dans la demande, et nous coopérons pleinement avec l’autorité en question et sommes prêts à fournir les informations et les clarifications nécessaires », a ajouté la société, sans nommer l’autorité à l’origine de la demande.
Une porte-parole du la DGCCRF s’est refusé à tout commentaire.
LA FRANCE EXAMINE DE PRÈS LES RETARDS DE PAIEMENT
Dernièrement, la France a intensifié ses enquêtes sur les retards de paiement entre entreprises.
Au premier semestre 2025, la DGCCRF a inspecté 409 entreprises et a constaté des infractions dans près de 40% d’entre elles. Ces enquêtes ont donné lieu à des amendes d’un montant d’environ 47 millions d’euros.
En comparaison, durant les cinq premiers mois de 2024 – seule période similaire pour laquelle des données sont publiquement disponibles -, l’autorité a effectué 248 inspections et a déclaré des irrégularités dans environ 28% des entreprises, entraînant des amendes d’un montant de près de 30 millions d’euros.
L’année dernière, les autorités japonaises avaient déclaré que Nissan avait sous-payé des dizaines de fournisseurs pour un montant total de 3 milliards de yens (17,20 millions d’euros) sur une période de deux ans. L’argent avait été versé par Nissan avant l’annonce de l’enquête.
Selon une fiche d’information de la Commission européenne, environ un quart des faillites dans l’UE sont liées à des retards de paiement.
Une enquête réalisée en mai par le groupe d’assurance-crédit Atradius a montré par ailleurs que quelque 47% des factures interentreprises en Europe de l’Ouest sont en souffrance. Ce chiffre est encore plus élevé en France, avec un taux de 52%.
(Reportage de Daniel Leussink, avec Gilles Guillaume à Paris ; version française Coralie Lamarque, édité par Kate Entringer)
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