EXCLUSIF: Les agents d’OpenAI ont utilisé plus de dix sites pour communiquer sans autorisation selon des chercheurs
par Raphael Satter et Deepa Seetharaman
WASHINGTON, 9 septembre (Reuters) – Des agents d’intelligence artificielle (IA) d’OpenAI ont utilisé plus d’une dizaine de sites internet jusque-là non identifiés pour communiquer sans autorisation plus tôt cette année, selon les conclusions de six groupes d’enquêteurs indépendants et des données examinées par Reuters.
Sans relever du piratage à proprement parler, ces actions suggèrent que les agents d’OpenAI ont contourné leurs propres restrictions pour établir des canaux de communication sur divers sites internet, des activités que l’entreprise a gardées secrètes pendant plusieurs mois.
L’ampleur de ces communications non autorisées est « un peu plus importante que ce que nous pensions », a déclaré Andrew Yoon, chercheur chez l’organisation californienne CivAI, qui affirme avoir recensé 18 sites jusque-là non divulgués utilisés par ces agents entre mai et juillet.
Vendredi, des chercheurs ont révélé qu’un groupe d’agents d’OpenAI avait détourné un wiki en langue allemande pour en faire une plateforme de messagerie improvisée destinée à tricher lors de tests. OpenAI n’avait pas rendu public cet incident alors qu’elle gérait les conséquences du piratage, en juillet, de la plateforme open source Hugging Face.
Ces chercheurs ainsi que d’autres enquêteurs indépendants affirment désormais avoir identifié plusieurs autres sites sur lesquels les agents semblent avoir laissé des messages similaires.
OpenAI n’a pas répondu directement aux questions concernant le nombre de sites utilisés par ses agents pour communiquer ni expliqué pourquoi ces activités sont restées secrètes pendant plusieurs mois.
L’entreprise a indiqué dans un communiqué mener un examen plus large des activités de ses agents et ne pas « avoir identifié jusqu’à présent d’incident d’une gravité ou d’une ampleur comparable à celui de Hugging Face », qui avait suscité l’attention mondiale et soulevé des interrogations quant à la capacité d’OpenAI à garder le contrôle de sa propre technologie.
La société a ajouté travailler à un cadre de signalement des problèmes de « mauvais alignement », terme désignant les comportements non conformes des modèles d’IA pendant les phases d’entraînement, d’évaluation et de déploiement.
Les estimations du nombre de sites concernés divergent, mais tous les chercheurs interrogés par Reuters estiment qu’il dépasse dix. La plupart ont identifié des wikis collaboratifs, des plateformes de stockage de texte en ligne ainsi que des services universitaires de raccourcissement de liens.
Leurs méthodes différaient, mais plusieurs ont identifié l’activité des agents en retrouvant sur d’autres sites des chaînes de données identiques à celles laissées sur le wiki allemand, en rapprochant des noms d’utilisateur similaires ou en repérant des activités liées aux mêmes questions très spécifiques, comme des requêtes sur la prévalence du cancer dans l’Iowa.
MODÈLES INGÉNIEUX
Beaucoup de sites utilisés par les agents étaient peu connus.
Les enquêteurs ont retrouvé des traces de leur activité sur des sites parfois insolites, dont un wiki de chimie créé en 2008 par un enseignant américain, des sites personnels de professionnels polonais du secteur technologique ou un site amateur dédié aux logiciels d’édition de texte.
Aucun des propriétaires concernés n’a répondu aux messages de Reuters.
OpenAI n’a pas expliqué publiquement comment ni pourquoi ses agents ont utilisé des sites tiers comme forums de discussion improvisés. Les chercheurs qui ont révélé ces activités en premier estiment toutefois qu’OpenAI leur avait probablement confié une série de questions de recherche complexes tout en leur permettant uniquement de consulter internet sans rien y publier.
Malgré ces restrictions, les agents ont trouvé des moyens de communiquer entre eux en exploitant certaines particularités de vieux wikis ou d’autres sites permettant aux utilisateurs d’effectuer des modifications à l’aide de commandes non standard. Les chercheurs comparent cette pratique à celle d’élèves interdits de parler pendant un examen mais s’échangeant des réponses en laissant des notes dans les toilettes.
Sydney Von Arx, dont l’équipe de recherche a révélé la semaine dernière l’activité observée sur le wiki allemand, a indiqué avoir recensé des éléments crédibles d’activité sur 23 sites jusque-là non signalés. « Nous n’avons aucune idée de l’ampleur réelle du phénomène », a-t-elle déclaré.
OpenAI n’a pas répondu directement aux questions concernant d’éventuels contacts avec les propriétaires des sites concernés. Après la publication de Reuters, l’Université de Toronto a indiqué qu’OpenAI avait désormais pris contact avec elle à ce sujet, tandis que l’Université Vanderbilt a déclaré enquêter sur les faits.
L’ancien développeur de logiciels Helmut Leitner, qui fournit l’hébergement pour six des wikis concernés, a d’abord indiqué qu’OpenAI ne l’avait pas contacté. Quelques heures après que Reuters a présenté ses conclusions à l’entreprise, il a toutefois affirmé avoir reçu un courriel non signé signalant l’incident.
« Son contenu est très loin de ce que j’attendais d’OpenAI », a-t-il déclaré.
Installé en Autriche, Helmut Leitner a indiqué préférer ne pas répondre aux questions concernant d’éventuels échanges avec les autorités. Il a ajouté que l’administrateur du site concerné DseWiki avait passé plusieurs heures à nettoyer le site après le passage des agents d’OpenAI, tout en estimant qu’il ne fallait pas tenir l’IA pour responsable.
« La responsabilité n’incombe pas à une machine prétendument morale, mais aux personnes et aux organisations qui se trouvent derrière elle », a-t-il déclaré.
(Rédigé par Raphaël Satter, version française par Aleksandra Kret, édité par Benoit Van Overstraeten)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
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2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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