Corée du Sud: Samsung prépare un investissement de €570 mds à la faveur de l’essor de l’IA
par Heejin Kim, Joyce Lee et Hyunjoo Jin
SÉOUL, 26 juin (Reuters) – Le groupe Samsung s’engagera lundi à investir un million de milliards de wons (570 milliards d’euros) en Corée du Sud sur la prochaine décennie dans le cadre d’un plan de grande envergure visant à transformer l’essor mondial des puces électroniques, porté par l’IA, en un moteur de croissance à l’échelle nationale.
Dans le cadre de cette initiative, rapportée vendredi par Maeil Business Newspaper, les dirigeants de Samsung Electronics et de SK Hynix participeront à une réunion avec le président Lee Jae Myung et présenteront des plans d’investissement à destination de régions situées au-delà de la capitale Séoul.
Les deux géants sud-coréens de la tech ont dégagé des bénéfices faramineux grâce au boom de l’intelligence artificielle, ce qui a conduit le gouvernement à les appeler à mieux partager ces retombées.
Les investissements de Samsung porteront sur les centres de données d’IA, les batteries et les écrans et inclueront possiblement une enveloppe de 300.000 milliards de wons destinée à la construction d’usines de puces dans le sud-ouest du pays, précise le journal.
Cette initiative souligne la volonté de la Corée du Sud de transformer la demande croissante de puces liée à l’IA en un essor économique plus large au-delà de Séoul, mais les limites en matière d’infrastructures et la pénurie de main-d’œuvre risquent de compliquer les efforts visant à redessiner la carte industrielle du pays.
La concentration des sites de production des fabricants de puces dans les environs de Séoul fait depuis longtemps l’objet de pressions politiques, amplifiées par la volonté du président de favoriser un développement régional équilibré.
Les députés de l’opposition affirment que ce plan est motivé par des considérations politiques, accusant le gouvernement de faire pression sur les entreprises pour qu’elles investissent dans le fief du parti au pouvoir dans le sud-ouest, à l’approche de l’élection à la présidence du parti.
La présidence a annoncé qu’elle dévoilerait lundi « trois mégaprojets » pour amorcer un bond en avant. Le conseiller politique Kim Yong-beom a ajouté que ces projets – portant sur les semi-conducteurs, les centres de données d’intelligence artificielle et la robotique – seraient élaborés conjointement par le gouvernement et le secteur privé et qu’ils devraient donner lieu à des investissements importants.
Samsung et SK Hynix n’ont pas souhaité faire de commentaires.
INVESTIR AU-DELÀ DE SÉOUL
La Corée du Sud a joué un rôle central dans la vague mondiale de l’IA et en tire profit, puisqu’elle domine la production mondiale de puces mémoire haut de gamme, composants essentiels des centres de données d’IA.
Le groupe Samsung est le plus grand conglomérat sud-coréen, avec le géant des puces Samsung Electronics comme fleuron. Parmi les autres grandes entreprises du groupe figurent le fabricant de batteries Samsung SDI et la société de services informatiques Samsung SDS.
Une concentration accrue des capacités de production autour de Séoul risque de faire grimper les prix de l’immobilier et d’aggraver les inégalités, a-t-il ajouté.
Cependant, certains experts s’interrogent sur l’opportunité de se lancer dans la création d’un pôle de puces électroniques dans le sud-ouest.
Il sera extrêmement difficile de recruter de la main-d’œuvre qualifiée dans le sud-ouest, « et c’est ce qui déterminera la réussite ou l’échec du projet », a déclaré Kim Tae-yun, professeur d’administration à l’université de Hanyang.
« À moins de construire une usine véritablement à la pointe de la technologie, l’impact économique local sera limité — le projet risque de se résumer à un simple chantier de construction et à un coup de pouce au marché immobilier. »
DÉVELOPPEMENT RÉGIONAL
La politique régionale entourant les investissements dans les semi-conducteurs est devenue un sujet brûlant à l’approche des élections locales sud-coréennes du 3 juin, et le débat sur la destination de la prochaine vague de financements s’est intensifié depuis que le gouvernement de Lee Jae Myung a fait de l’IA une priorité économique majeure.
La cote de popularité de Lee Jae Myung est tombée à 51%, son plus bas niveau depuis son investiture en juin de l’année dernière, a indiqué vendredi l’institut de sondage Gallup Corée.
Dans plusieurs régions, nombre de candidats ont leurs circonscriptions des prochain pôle des semi-conducteurs. Selon les médias locaux, les propositions vont d’un complexe dédié aux puces électroniques de 500.000 milliards de wons dans le sud-ouest à l’extension de pôles d’activité dans certaines régions.
Ce débat a également suscité des inquiétudes dans les villes déjà spécialisées dans la fabrication de puces, comme Icheon, où SK Hynix exploite d’importantes usines et où les finances locales sont étroitement liées à l’entreprise.
« La majeure partie des recettes fiscales de la ville provient de l’usine de puces de SK, et notre bien-être en dépend », a déclaré Jo Jun-taek, responsable d’un groupe d’initiative citoyenne à Icheon.
« Si un nouveau pôle est créé, nous pensons que SK réduira probablement sa production ici et finira par fermer l’usine. Cela entraînerait un exode de la population — la ville deviendrait une ville fantôme. »
Lee Jae Myung a annoncé un plan visant à établir « cinq pôles régionaux et trois provinces autonomes spéciales » afin de contrebalancer la domination de la région de Séoul, qui représentait 52,8% du produit intérieur régional brut de la Corée du Sud en 2024.
Cette disparité est particulièrement flagrante à Gwangju, une ville clé du sud-ouest qui, selon les données officielles, possède l’une des plus petites économies régionales du pays et affiche une production par habitant inférieure à la moyenne.
Les médias locaux ont rapporté que Samsung Electronics envisageait Gwangju comme un site d’investissement potentiel.
Lee Jae Myung a remporté 49,42% des suffrages nationaux lors de l’élection présidentielle de juin 2025, mais a obtenu environ 85% des voix à Gwangju et dans la province voisine de Jeolla du Sud, selon les données électorales.
Le principal parti d’opposition, le Parti du pouvoir populaire (PPP), a accusé le gouvernement de politiser les investissements dans le secteur des semi-conducteurs.
« C’est aux entreprises, et non au président, de décider où construire des usines de semi-conducteurs », a déclaré cette semaine Park Sung-hoon, porte-parole du PPP.
(Rédigé par Heejin Kim, Hyunjoo Jin, Joyce Lee, Kyu-seok Shim et Hyeyoon Cho; Version française Matthieu Huchet, édité par Benoit Van Overstraeten)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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