L’UE va demander à l’Inde de réduire ses droits de douane sur les voitures et le vin
par Manoj Kumar
Débat sur la fin de vie. Réagissez à l'interview du député Olivier Falorni au +33 0769138397 ou par email à l'adresse [email protected]
NEW DELHI (Reuters) – L’Union européenne (UE) prévoit de demander à l’Inde d’abaisser ses droits de douane sur les voitures et le vin, a déclaré un haut fonctionnaire de l’organisation avant une visite de la présidente de la Commission européenne à New Delhi, alors que les 27 cherchent à réduire leur dépendance à l’égard de la Chine et à stimuler le commerce.
Selon le fonctionnaire, l’UE devrait faire pression sur l’Inde pour que New Delhi réduise les droits de douane sur certains biens et élargisse l’accès au marché pour ses produits, tout en offrant une certaine flexibilité sur les questions agricoles afin d’accélérer les pourparlers sur l’accord de libre-échange.
« Le marché indien est relativement fermé, en particulier pour les produits clés présentant un intérêt commercial pour l’Union européenne et les industries des États membres, notamment pour les voitures, les vins et les spiritueux », a déclaré le fonctionnaire, qui a souhaité rester anonyme.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et certains dirigeants des États membres de l’UE se rendront par ailleurs à New Delhi cette semaine, où seront défini les domaines clés d’une coopération plus approfondie dans le cadre du partenariat stratégique entre l’UE et l’Inde.
Ursula von der Leyen s’entretiendra vendredi avec le Premier ministre indien, Narendra Modi, puis avec le ministre du Commerce Piyush Goyal.
Un prochain cycle de négociations commerciales est prévu du 10 au 14 mars à Bruxelles.
La demande de l’UE intervient alors que le président américain Donald Trump menace d’imposer des droits de douane réciproques dès le début du mois d’avril, suscitant l’inquiétude des exportateurs indiens.
Les analystes de Citi Research estiment les pertes potentielles à environ 7 milliards de dollars (6,67 milliards d’euros) par an.
L’UE est le premier partenaire commercial de l’Inde pour les marchandises, le montant des échanges approchant 126 milliards de dollars en 2024, soit une augmentation d’environ 90% au cours de la dernière décennie.
RÉDUIRE LA DÉPENDANCE À L’ÉGARD DE LA CHINE
Dans le cadre de sa stratégie de « réduction des risques », l’UE cherche à renforcer les liens économiques et sécuritaires avec l’Inde, à diversifier les chaînes d’approvisionnement et à réduire sa dépendance aux produits importés de Chine.
L’UE considère également l’Inde comme un allié essentiel en matière de sécurité, a estimé le fonctionnaire, notamment pour les cybermenaces et les tensions en mer de Chine méridionale et dans la région indo-pacifique.
L’UE et l’Inde pourraient ainsi signer un accord de partage d’informations classifiées en matière de sécurité afin de lutter contre des menaces communes.
Ursula von der Leyen devrait également chercher à obtenir le soutien de l’Inde en faveur d’un « accord pacifique et juste » pour la sécurité de l’Ukraine, selon le fonctionnaire.
(Reportage Manoj Kumar ; avec la contribution de Shivam Patel à New Delhi et d’Andrew Gray à Bruxelles ; version française Etienne Breban ; édité par Augustin Turpin)
Vous aimez nos publications ? Engagez-vous !
Les systèmes politiques et médiatiques ont besoin que s'exercent des contre-pouvoirs. Une majorité de journaux, télévisions et radios appartiennent à quelques milliardaires ou à des multinationales très puissantes souhaitant faire du profit, privant les citoyens d’un droit fondamental : avoir accès à une information libre de tout conflit d’intérêt.Le Journal Chrétien, service de presse en ligne bénéficiant d’un agrément de la Commission paritaire des publications et agences de presse du Ministère de la Culture, assure un contre-pouvoir à l’ensemble des acteurs sociaux, en vérifiant les discours officiels, en décryptant l'actualité, en révélant des informations de première importance ou en portant le témoignage des dominés.