L’Allemagne divisée quant à un éventuel envoi de troupes en Ukraine
par Sarah Marsh et Matthias Williams
BERLIN (Reuters) – Les discussions entre alliés concernant l’envoi de forces européennes de maintien de la paix pour protéger l’Ukraine dans le cadre d’un éventuel accord de paix avec la Russie ont suscité de vives réactions en Allemagne, pays encore marqué par son passé nazi, même si cette perspective reste pour l’heure encore lointaine.
Le chancelier allemand Friedrich Merz s’est montré ouvert à une participation de l’Allemagne à une éventuelle mission de maintien de la paix en Ukraine, tout en soulignant qu’une telle décision nécessiterait une coordination avec les partenaires européens et sa propre coalition.
Tout déploiement de troupes nécessiterait aussi probablement un mandat du Bundestag, ce qui pourrait représenter une difficulté pour Friedrich Merz.
Si le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer se sont tous deux prononcés en faveur du déploiement de troupes dans le cadre d’un règlement d’après-guerre, les Allemands sont plus méfiants à l’égard de cette idée.
Les déploiements de troupes suscitent un certain malaise en Allemagne, compte tenu à la fois de son passé nazi, des déploiements plus récents en Afghanistan et au Mali considérés comme des échecs et des difficultés économiques du pays.
Alice Weidel, cheffe du parti d’extrême droite en plein essor AfD (Alternative pour l’Allemagne), a accusé les conservateurs du camp de Friedrich Merz d’être des va-t-en-guerre, qualifiant l’idée d’envoyer des troupes au sol de « dangereuse et irresponsable ».
Même le ministre des Affaires étrangères, Johann Wadephul, s’est montré sceptique, estimant que l’envoi de troupes en Ukraine « nous submergerait probablement ».
Si Friedrich Merz s’est engagé à renforcer les capacités de défense de l’Allemagne avec des emprunts de plusieurs centaines de milliards d’euros, les responsables politiques craignent de solliciter à l’excès l’armée allemande longtemps négligée et d’acculer le pays, qui ne dispose pas de l’arme nucléaire, dans une confrontation directe avec la Russie, farouchement opposée à tout déploiement de troupes de l’Otan à ses frontières.
UNE ALLEMAGNE DIVISÉE
Selon un sondage Forsa commandé par RTL/ntv, 49% des Allemands soutiendraient l’envoi par le pays de ses propres soldats dans une force européenne de maintien de la paix tandis que 45% des sondés s’y opposent.
L’opposition est particulièrement forte dans les Länder de l’Est de l’Allemagne.
Sven Schulze, chef de file de la CDU du Land de Saxe-Anhalt, a déclaré au magazine Stern qu’il est bien plus important de construire « une architecture de sécurité européenne forte ».
Le scepticisme est encore plus marqué au sein des sociaux-démocrates (SPD), membres de la coalition gouvernementale, qui ont traditionnellement plaidé en faveur d’un engagement avec la Russie.
« L’Allemagne devrait rester en dehors de cette affaire », a déclaré Ralf Stegner du SPD, à Der Spiegel. « Le déploiement de soldats allemands dans la région est également extrêmement difficile pour des raisons historiques ».
Pour le chef de la commission parlementaire de la défense de la CDU, Thomas Roewekamp, les troupes allemandes seraient nécessaires en cas de cessez-le-feu permanent entre la Russie et l’Ukraine « pour que la dissuasion soit crédible », a-t-il déclaré à l’émission Morgenecho de la chaîne WDR 5.
Interrogé sur ce déploiement, le chancelier allemand a déclaré lundi qu’il était « trop tôt pour donner une réponse définitive ».
(Rédigé par Sarah Marsh, Matthias Williams, Rachel More et Madeline Chambers ; version française Coralie Lamarque, édité par Blandine Hénault)
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