Macron veut « placer l’Ukraine dans la meilleure position possible pour négocier » face à la Russie
La France et plusieurs autres pays européens ont décidé en accord avec Kyiv de déployer une « force de réassurance » en Ukraine une fois la paix revenue dans ce pays afin de dissuader la Russie d’envahir à nouveau son voisin, a déclaré jeudi Emmanuel Macron à l’issue d’un sommet à Paris avec une trentaine d’autres dirigeants, sans les Etats-Unis.
Le président français a toutefois reconnu que cette initiative ne faisait pas l’unanimité parmi les participants à ce sommet, le troisième de ce format.
Afin de « placer l’Ukraine dans la meilleure position possible pour négocier » face à la Russie, les pays présents se sont en revanche tous engagés à continuer de soutenir Kyiv à court terme, via notamment de nouvelles aides militaires et financières à l’image des deux milliards d’euros annoncés mercredi par Emmanuel Macron au nom de la France.
A cet égard, Emmanuel Macron, comme le Premier ministre britannique Keir Starmer, avec lequel il est chargé du « copilotage » de cette coalition, et d’autres sont convenus qu’il serait prématuré de lever certaines sanctions contre la Russie, qui réclame un tel allègement pour mettre en oeuvre l’accord annoncé mardi sur la sécurité de navigation en mer Noire.
« Nous avons acté de manière unanime le fait que le temps n’était pas à la levée des sanctions, quelles qu’elles soient », a dit le président français, alors que les Etats-Unis de Donald Trump, à l’origine de cet accord sur la mer Noire, se sont engagés auprès de Moscou à oeuvrer dans ce sens.
Les participants ont aussi décidé de proposer « dans les trois semaines » un mécanisme de suivi d’un éventuel cessez-le-feu portant sur les infrastructures civiles, les airs et les mers en Ukraine, a ajouté Emmanuel Macron.
Selon le président français, les dirigeants ont tous regretté que, contrairement à l’Ukraine, la Russie, dont les forces progressent sur le terrain, n’ait pas répondu favorablement à une proposition d’un tel cessez-le-feu inconditionnel de 30 jours.
SE PASSER DES AMÉRICAINS ?
Le sommet a en revanche confirmé les divergences entre pays européens sur le projet franco-britannique de « forces de réassurance » en Ukraine en cas d’accord de paix, l’une des garanties de sécurité envisagées avec le renforcement de l’armée ukrainienne à l’avenir.
Les chefs d’état-major français et britannique vont se rendre rapidement en Ukraine pour identifier avec les responsables militaires ukrainiens les endroits stratégiques et les capacités nécessaires à ces déploiements, qui n’ont pas vocation à remplacer une éventuelle force de maintien de la paix ni à se trouver sur la « ligne de contact ».
« Rien n’est exclu à date et nous regardons le maritime, l’aérien et le terrestre », a dit Emmanuel Macron, exprimant l’espoir d’avoir « d’ici trois à quatre semaines (…) un schéma d’action assez précis avec les besoins, avec aussi les contributeurs ».
Avant même ce sommet, plusieurs pays comme l’Italie ou la Slovénie avaient rappelé leur refus de déployer des troupes en Ukraine dans un tel cadre.
La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a pour sa part accusé jeudi la France et la Grande-Bretagne de préparer une « intervention militaire en Ukraine » sous les dehors d’une mission de maintien de la paix, tout en mettant en garde contre le risque de confrontation directe entre la Russie et l’Otan avec un tel déploiement
Des interrogations persistent en outre sur le soutien ou non des Etats-Unis, qui, depuis le retour de Donald Trump à la Maison blanche en janvier, ont radicalement changé de posture et engagé un rapprochement avec la Russie via des pourparlers bilatéraux sans les Européens.
« Mon souhait est que les Américains soient engagés à nos côtés et (…) assurent un soutien voire une participation active à tout cela (…) mais nous devons nous préparer à une situation où peut-être ils ne se joindraient pas », a reconnu Emmanuel Macron, qui s’est entretenu avec Donald Trump juste avant ce sommet et le fera à nouveau sous peu.
« Nous sommes à un moment décisif de l’Histoire où il nous faut pour la première fois depuis très longtemps dans nos discussions nous préparer à un scénario qui est possible, qui n’est pas celui qu’on souhaite mais qui est de devoir totalement agir seuls pour nous-mêmes », a-t-il dit.
(Avec Angelo Amante à Rome et William James à Londres; version française Benjamin Mallet et Bertrand Boucey, édité par Jean Terzian et Kate Entringer)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
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3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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