Violences post-électorales en Ouganda, le principal opposant arrêté, selon son parti
KAMPALA, 16 janvier (Reuters) – Au moins sept personnes ont été tuées lors d’affrontements entre police et partisans de l’opposition jeudi au soir de l’élection présidentielle en Ouganda, alors que Bobi Wine, le principal rival du président Yoweri Museveni, a été arrêté vendredi et conduit en hélicoptère dans un lieu inconnu, selon son parti.
Yoweri Museveni, qui âgé de 81 ans et dirige l’Ouganda depuis 1986, est crédité de 75% des suffrages après dépouillement des bulletins dans plus de la moitié des bureaux de vote, a déclaré la commission électorale. Bobi Wine suit avec environ 21% des voix et le reste se partage entre six autres candidats.
Bobi Wine a dénoncé de vastes irrégularités lors de l’élection, pendant laquelle Internet a été coupé par les autorités afin de prévenir « la désinformation », et appelé ses partisans à manifester.
Son parti, la Plateforme de l’unité nationale, a déclaré sur X que Bobi Wine, qui était assigné à résidence depuis jeudi soir, avait été extrait de force de sa maison vendredi et transporté vers un lieu inconnu à bord d’un hélicoptère de l’armée.
Les porte-paroles du gouvernement et de l’armée n’étaient pas immédiatement joignables.
Les forces de sécurité ougandaises avaient confiné Bobi Wine pendant plusieurs jours après la précédente élection présidentielle de 2021, lors de laquelle il avait obtenu quelque 35% des voix.
Durant la campagne de ces dernières semaines, les meetings de l’opposant, chanteur populaire en Ouganda, ont été interrompus de manière répétée par les forces de sécurité à l’aide de gaz lacrymogènes ou de tirs à balles réelles. Au moins une personne est morte dans ces violences et des centaines de partisans de l’opposition ont été arrêtés.
VIOLENCES NOCTURNES
Les violences ont repris jeudi soir après l’élection. Le bilan de sept morts a été communiqué vendredi à Reuters par un porte-parole de la police.
Si aucun incident n’a été signalé pendant les opérations de vote, des affrontements ont éclaté à la nuit tombée dans la ville de Butambala, à 55 km de Kampala, la capitale.
Selon la militante des droits de l’Homme Agather Atuhaire, au moins 10 partisans de l’opposition ont été tués par les forces de sécurité alors qu’ils étaient rassemblés au domicile du député Muwanga Kivumbi pour suivre les résultats du scrutin.
Agather Atuhaire a déclaré que selon le récit de l’épouse de Muwanga Kivumbi, la militante des droits de l’Homme Zahara Nampewo, des soldats et policiers avaient lancé du gaz lacrymogène puis tiré à balles réelles sur les personnes venues trouver refuge au domicile de l’élu.
Lydia Tumushabe, porte-parole de la police locale, a réfuté cette version des faits, déclarant que des « sbires » de l’opposition, armés de machettes et de haches et encouragés par Muwanga Kivumbi avaient attaqué un poste de police.
Elle a affirmé que la police avait agi en état de légitime défense et fait état de morts et de blessés, sans fournir de décompte précis.
Le Bureau des droits de l’Homme des Nations unies a déclaré la semaine dernière que l’élection en Ouganda se déroulait dans un environnement « de répression généralisée et d’intimidation ».
(Rédigé par Vincent Mumo Nzilani et Alexander Winning, Jean-Stéphane Brosse et Tangi Salaün pour la version française, édité par Sophie Louet et Kate Entringer)
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