USA-Les démocrates, dont Mamdani, victorieux des premiers scrutins du second mandat de Trump
par Joseph Ax, Tim Reid et Maria Tsvetkova
WASHINGTON (Reuters) – Les candidats démocrates ont remporté mardi soir les trois premiers scrutins majeurs organisés depuis que le républicain Donald Trump est revenu à la Maison blanche en janvier dernier, redonnant du souffle à un parti en difficulté depuis son revers électoral de l’an dernier et alors que se profilent les élections de mi-mandat au Congrès (« midterms ») l’an prochain.
Le socialiste Zohran Mamdani est élu maire de New York, concrétisant une ascension politique fulgurante qui a fait de lui l’une des personnalités les plus éminentes du Parti démocrate, tandis qu’Abigail Spanberger et Mikie Sherrill ont nettement remporté les élections pour les postes de gouverneur en Virginie et dans le New Jersey.
Ces trois élections étaient considérées par les experts comme un premier indicateur de l’état d’esprit de la population américaine après neuf mois de présidence tumultueuse de Donald Trump.
Elles constituaient également l’occasion pour les démocrates d’évaluer différentes stratégies de campagne, alors que le parti peine à se remettre de sa défaite lors de la présidentielle de novembre 2024 et ne trouve pas la parade face à la pugnacité de l’administration Trump, qui peut s’appuyer sur la majorité du Parti républicain dans les deux chambres du Congrès.
Reste que, compte-tenu des revirements incessants de Donald Trump, il est plus difficile de tirer des enseignements de ces scrutins que les fois précédentes dans la perspective des « midterms », qui remettront en jeu l’intégralité des sièges de la Chambre des représentants et un tiers de ceux du Sénat.
Par ailleurs, le Parti démocrate dans son ensemble ne jouit pas d’une grande popularité, selon les enquêtes d’opinion, et les scrutins de mardi se sont tenus dans des régions qui penchent plutôt à gauche et où Donald Trump n’a pas été plébiscité lors de l’élection présidentielle l’an dernier.
MOBILISATION
Au final, le principal coup de pouce pour les démocrates pourrait être venu de Californie, dont les électeurs ont autorisé les parlementaires démocrates à redessiner la carte électorale de l’État pour favoriser leur camp, comme les républicains viennent de le faire au Texas, ce qui pourrait influencer l’issue des « midterms » prévues en novembre 2026.
Alors que nombre d’électeurs démocrates appellent au renouvellement du parti, les trois candidats victorieux pourraient le redynamiser et susciter une nouvelle vague d’engouement.
Ils ont pour point commun d’avoir mis l’accent durant la campagne sur les problèmes économiques – en particulier le coût de la vie. Si Abigail Spanberger et Mikie Sherrill font partie de l’aile « modérée » du Parti démocrate, Zohran Mamdani s’est distingué en se décrivant comme un progressiste décomplexé dans la lignée du sénateur Bernie Sanders et de l’élue Alexandria Ocasio-Cortez.
« Le Parti démocrate est de retour », a déclaré le chef de file de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, via le réseau social X.
La mobilisation pour les élections de mardi a été importante. Ainsi, à New York, la participation a atteint un taux inédit pour une élection municipale depuis 1969.
Zohran Mamdani, 34 ans, va devenir le premier musulman à occuper le poste de maire de la plus grande ville des Etats-Unis. Il a battu l’ancien gouverneur new-yorkais Andrew Cuomo, 67 ans, qui s’est présenté comme indépendant après avoir perdu la primaire démocrate face à Mamdani.
« MONTRER COMMENT BATTRE TRUMP »
Durant la campagne, Zohran Mamdani a appelé à relever les impôts versés par les grandes entreprises et les plus fortunés afin de financer des politiques ambitieuses, comme le gel des loyers pour près d’un million d’appartements new-yorkais ou encore la gratuité des transports en bus dans la ville.
A Wall Street, des patrons ont exprimé leur préoccupation à l’idée de voir un socialiste à la tête de la capitale mondiale de la finance.
« Si quiconque peut montrer à une nation trahie par Donald Trump comment battre ce dernier, c’est la ville qui lui a donné son ascension », a déclaré Zohran Mamdani devant une foule de partisans en liesse. « Et s’il y a un quelconque moyen d’effrayer un despote, c’est en démantelant les conditions mêmes qui lui ont permis d’accumuler du pouvoir », a-t-il ajouté.
Le Parti républicain avait déjà signalé son intention de présenter Zohran Mamdani comme le visage du Parti démocrate. Donald Trump l’a décrit à tort comme un « communiste » et avait apporté lundi soir son soutien à Andrew Cuomo, réitérant sa menace de réduire les fonds fédéraux alloués à New York, sa ville natale, si Zohran Mamdani gagnait le scrutin.
Réagissant mardi via les réseaux sociaux à la victoire de Zohran Mamdani, le chef de la Maison blanche a expliqué ce résultat par le fait que le nom de « Donald Trump » ne figurait pas sur les bulletins de vote et par le « shutdown » de l’administration fédérale, entré mardi dans son 35e jour.
En Virginie, Abigail Spanberger a battu la lieutenant-gouverneure républicaine sortante Winsome Earle-Sears et va succéder au gouverneur républicain sortant Glenn Youngkin, qui ne pouvait pas se porter à nouveau candidat. Cette ancienne élue de la Chambre américaine des représentants et ex-agent de la CIA va devenir la première femme gouverneure de l’Etat de Virginie.
Dans le New Jersey, Mikie Sherrill s’est imposée face au républicain Jack Ciattarelli et va succéder au gouverneur démocrate Phil Murphy.
ÉQUILIBRE À TROUVER
Au cours de la campagne, Abigail Spanberger et Mikie Sherrill ont toutes deux cherché à mettre en exergue les liens entre leurs rivaux et Donald Trump, voulant ainsi exploiter la frustration suscitée par les politiques agressives du président républicain chez les électeurs démocrates et indépendants.
« Nous avons envoyé un message au monde », a déclaré Abigail Spanberger dans son discours de victoire, saluant le fait que la Virginie a choisi « le pragmatisme » plutôt que « les considérations partisanes » et le « chaos ».
Donald Trump a récemment donné du grain à moudre aux deux candidates démocrates, en gelant dans le cadre du « shutdown » des milliards de dollars de financement pour un tunnel ferroviaire indispensable entre le New Jersey et New York, et en menaçant de licencier des fonctionnaires fédéraux, dont beaucoup vivent en Virginie – Etat voisin de Washington.
Certains électeurs en Virginie ont déclaré dans des sondages de sortie des urnes avoir à l’esprit certaines des politiques les plus contestées de Donald Trump, dont le programme de déportation des migrants et les droits de douane.
Pour les républicains, les scrutins de mardi avaient valeur de test pour déterminer si les électeurs qui ont contribué à la victoire de Donald Trump l’an dernier étaient prêts à voter pour d’autres candidats que lui.
Dans le New Jersey, Jack Ciattarelli a particulièrement ciblé les électeurs noirs et latino-américains, séduits par Donald Trump en 2024. Mais pour lui, comme pour les autres candidats républicains, il a été difficile de trouver un équilibre entre soutien à Trump et critique de certaines politiques présidentielles qui hérissent les électeurs modérés et indépendants.
Malgré son omniprésence et son auto-glorification permanente, Donald Trump est impopulaire: 57% des Américains désapprouvent son action, selon un sondage Reuters/Ipsos.
(Joseph Ax à Washington, Tim Reid à Stafford en Virgine, Maria Tsvetkova à New York, avec la contribution d’Ashraf Fahim, Julia Harte, Jonathan Allen et Andrew Hofstetter; version française Tangi Salaün et Jean Terzian)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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