USA et Iran conviennent d’une trêve de 15 jours, de rouvrir le détroit d’Ormuz
par Steve Holland et Parisa Hafezi et Alexander Cornwell
DUBAI/TEL-AVIV/WASHINGTON,8 avril (Reuters) – Téhéran et Washington sont convenus de respecter un accord de cessez-le-feu de deux semaines obtenu sous l’égide du Pakistan, ce qui pourrait mettre un terme à un conflit de six semaines qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient et provoqué des perturbations inédites dans les approvisionnements énergétiques dans le monde.
Donald Trump a annoncé l’accord mardi soir quelques heures seulement après avoir menacé d’anéantir la civilisation iranienne peu avant l’expiration de l’ultimatum qu’il avait fixé, conditionnant le bon respect de cette trêve à la réouverture immédiate du détroit d’Ormuz par Téhéran.
Ce revirement de dernière minute semble écarter dans l’immédiat une escalade sans précédent du conflit, déclenché par la campagne de bombardements lancée par les Etats-Unis et Israël en Iran le 28 février.
Téhéran s’abstiendra de toutes représailles si les attaques contre l’Iran prennent effectivement fin, a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, dans un communiqué. Il a dit aussi que la traversée du détroit d’Ormuz pourrait être effectuée en toute sécurité pendant deux semaines.
A la manoeuvre comme intermédiaire entre Washington et Téhéran, le Pakistan a déclaré que les Etats-Unis et l’Iran, ainsi que leurs alliés respectifs, étaient convenus d’un cessez-le-feu immédiat. Cette trêve s’appliquera « partout » dans la région, dont au Liban et ailleurs, a ajouté Islamabad.
Israël a cependant déclaré par la suite que la trêve ne concernait pas le Liban.
La Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a invité sur X les délégations américaine et iranienne à se rencontrer vendredi à Islamabad.
Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a confirmé que l’Iran participerait à ces négociations, selon le bureau du Premier ministre pakistanais.
LE RÉGIME IRANIEN SURVIT
Les Iraniens sont descendus dans les rues pour célébrer l’annonce de cet accord, brandissant des drapeaux iraniens tout en brûlant la bannière étoilée des Etats-Unis.
Certains s’inquiètent toutefois de voir le cessez-le-feu ne pas tenir et, en déplacement en Hongrie, le vice-président américain J.D. Vance a évoqué une « trève fragile ».
« Israël ne va pas permettre à la diplomatie de marcher et Trump pourrait changer d’avis demain. Mais au moins, on peut dormir ce soir sans frappes », a déclaré par téléphone à Reuters Alireza, 29 ans, fonctionnaire du gouvernement iranien depuis Téhéran.
Donald Trump a revendiqué auprès de l’AFP une « victoire complète et totale ». « Un grand jour pour la paix », a-t-il écrit dans la foulée, en fin de soirée à Washington, sur son réseau Truth Social. « L’Iran en avait assez. Comme tout le monde », a-t-il ajouté, arguant que Washington avait rempli tous ses objectifs militaires.
Mais le conflit n’a pas permis d’éradiquer le stock d’uranium enrichi de l’Iran ni ses capacités à frapper les Etats du Golfe avec des missiles et des drones.
Le régime théocratique, secoué en début d’année par une contestation populaire, est toujours en place malgré l’assassinat de plusieurs hauts dirigeants.
De plus, la capacité iranienne à mettre la pression sur les marchés mondiaux grâce à son contrôle du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du trafic mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL), en dépit d’une forte présence militaire américaine dans la région, pourrait bouleverser le paysage géopolitique du Moyen-Orient pendant plusieurs années.
« L’ennemi, dans sa guerre injuste, illégale et criminelle contre la nation iranienne, a subi une défaite historique, écrasante et indéniable », s’est félicité le Conseil suprême iranien de sécurité nationale dans un communiqué.
Israël soutient la décision de Donald Trump de suspendre les attaques contre l’Iran selon un communiqué publié par les services du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Mais cet épisode pourrait se transformer en un revers politique pour le Premier ministre israélien, qui a toujours érigé la chute des dirigeants iraniens comme objectif.
« Il n’y a jamais eu un désastre diplomatique équivalent dans toute notre histoire », a déploré Yair Lapid, chef de l’opposition en Israël. « Cela va nous demander des années pour réparer les dommages diplomatiques et stratégiques que Netanyahu a causés par son arrogance, sa négligence et son manque de planification stratégique. »
L’ancien chef d’état-major adjoint de l’armée israélienne, Yair Lapid, critique pour sa part une issue qui va mettre en danger la sécurité d’Israël ».
« Le programme nucléaire n’a pas été détruit. La menace balistique perdure. Le régime est toujours intact et ressort même plus fort de cette guerre », a tancé le candidat déclaré aux prochaines élections législatives sur X.
LES ATTAQUES ISRAÉLIENNES AU LIBAN CONTINUENT
On ne sait pas précisément dans l’immédiat quand le cessez-le-feu entrera pleinement en vigueur. D’après la presse israélienne, il sera respecté une fois que l’Iran aura rouvert le détroit d’Ormuz. Israël s’attend à ce que Téhéran poursuive dans l’immédiat ses attaques, ont ajouté les médias locaux.
Plus d’une heure après que Donald Trump a annoncé l’accord, l’armée israélienne a dit avoir identifié des missiles lancés depuis l’Iran. Des explosions ont été entendues au-dessus de Tel Aviv à la suite de l’interception de missiles. Tsahal a mené en réponse des frappes contre des sites de lancement de missiles en Iran, ont rapporté des médias israéliens.
En parallèle, des pays du Golfe ont émis quasi-simultanément des alertes et activé leurs systèmes de défense aérienne.
Un retour à la normale du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz pourrait prendre du temps, la sécurité des navires étant primordiale pour les armateurs.
Le transporteur allemand Hapag-Lloyd a jugé qu’il faudra au moins six à huit semaines pour que le trafic maritime via le détroit d’Ormuz reprenne son cours normal en cas de respect des conditions du cessez-le-feu annoncé entre Etats-Unis et Iran. Un millier de navires sont actuellement bloqués dans la région, a estimé le patron de l’entreprise, Rolf Habben Jansen, dans une conférence téléphonique avec des clients.
Le bureau de Benjamin Netanyahu a déclaré que ce cessez-le-feu n’incluait pas le Liban, dont Israël a envahi le Sud dans le cadre d’une campagne militaire ayant ravivé le spectre d’une occupation illégale du pays comme entre 1982 et 2000.
L’armée israélienne a continué de mener des frappes aériennes dans le Sud-Liban, tuant quatre personnes lors d’une attaque qui a touché un immeuble se trouvant à proximité d’un hôpital, selon l’agence de presse libanaise NNA, qui fait état aussi d’attaques sur plusieurs autres villes et sur un site médical qui ont fait des blessés.
L’armée israélienne a lancé à de multiples reprises des ordres d’évacuation à destination des habitants de la ville de Tyre, à l’orée de nouvelles attaques.
Le Liban n’a reçu aucune information concernant son inclusion dans l’accord de cessez-le-feu, selon un haut responsable libanais, qui précise que Beyrouth n’a pas été intégré aux pourparlers.
S’exprimant avant un conseil de défense et de sécurité nationale, Emmanuel Macron a dit vouloir s’assurer « que le cessez-le-feu inclut pleinement le Liban ».
Plus de 5.000 personnes ont été tuées à travers le Moyen-Orient depuis le début du conflit, dont des centaines d’enfants, d’après des sources gouvernementales et des ONG.
Un responsable iranien a rapporté qu’un haut représentant de l’administration Trump avait assuré à l’Etat hébreu qu’ils allaient insister, au cours des deux prochaines semaines, sur leurs objectifs communs, à savoir suspendre l’enrichissement de l’uranium par l’Iran et mettre fin à son programme de missiles balistiques.
L’Iran pourrait profiter de cette trêve pour émettre des demandes supplémentaires telles que la fin des conflits à l’échelle régionale, un protocole pour une traversée sûre du détroit d’Ormuz, la levée des sanctions internationales visant l’Iran et la reconstruction du pays.
(Reportage des bureaux de Reuters; rédigé par Jean Terzian et Zhifan Liu; édité par Benoit Van Overstraeten)
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