Union européenne: Von der Leyen face à un vote incertain pour la présidence de la Commission
Ursula von der Leyen a consacré son énergie ces dernières semaines à tenter de convaincre les députés au Parlement européen de la reconduire pour un deuxième mandat de cinq ans à la présidence de la Commission européenne.
A la veille d’un vote qui s’annonce serré jeudi, nombre d’élus courtisés disent toutefois ne pas être encore certains de faire le choix de la continuité avec la dirigeante conservatrice âgée de 65 ans, malgré les défis extérieurs et internes auxquels l’Union européenne est confrontée.
Au cours de son premier mandat, l’ancienne ministre allemande de la Défense a supervisé le lancement du « pacte vert », l’ensemble le plus ambitieux au monde de mesures de lutte contre le changement climatique, ainsi que la mise en oeuvre d’un plan de relance économique de 800 milliards d’euros après la pandémie de COVID-19. Elle a aussi contribué à organiser le soutien européen à l’Ukraine face à l’invasion de ce pays par la Russie depuis février 2022.
Présentant la guerre russe en Ukraine, le possible retour de Donald Trump à la Maison blanche lors de l’élection présidentielle américaine de novembre et les ambitions de la Chine comme un ensemble formant une menace existentielle pour l’UE, les partisans d’Ursula von der Leyen assurent qu’elle offre une garantie de stabilité.
Son éventuel échec lors du vote organisé jeudi à Strasbourg risquerait de plonger l’UE dans une crise institutionnelle après les élections européennes de début juin, qui ont illustré la montée en puissance de l’extrême droite et de partis eurosceptiques dans de nombreux pays.
EFFET DOMINO
Il pourrait aussi provoquer un effet domino en rendant caduc l’accord entre chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-Sept sur la répartition des principaux postes à la tête de l’UE et en retardant jusqu’en 2025 l’entrée en fonction de la nouvelle Commission.
« Nous voyons tous l’agitation aux Etats-Unis (…) Il est évident que nous avons besoin de stabilité de la part de l’Union européenne », dit Bas Eickhout, coprésident du groupe des Verts au Parlement européen.
Comme d’autres, les 53 eurodéputés écologistes attendent toutefois, avant de se prononcer, d’entendre le discours d’Ursula von der Leyen jeudi avant leur vote pour connaître ses orientations et ses concessions éventuelles aux uns et aux autres.
« D’abord, elle doit s’engager sur des points concrets », prévient l’eurodéputée sociale-démocrate Delara Burkhardt, évoquant notamment un accroissement des aides aux entreprises et aux ménages pour accompagner leur transition écologique.
Ursula von der Leyen doit obtenir le soutien d’au moins 361 élus sur les 720 du Parlement européen.
Si l’ensemble des députés du Parti populaire européen (PPE), camp conservateur dont elle est issue, de l’alliance sociale-démocrate (S&D) et du groupe libéral Renew votent pour elle, elle serait assurée d’obtenir 401 voix. Il s’agit toutefois d’un vote à bulletin secret et des suffrages risquent de lui manquer au sein de ces trois groupes.
En fonction de ces défections, Ursula von der Leyen pourrait avoir besoin de voix en provenance des Conservateurs et réformistes européens (ECR) ou des Verts. Au vu des divisions au sein du groupe ECR, l’appui des Verts pourrait être plus solide.
PAS DE CANDIDAT DE SUBSTITUTION EN VUE
Il semble en tout cas impossible d’obtenir le soutien cumulé de ces deux camps aux propositions opposées sur de nombreux sujets. Les Verts souhaitent par exemple préserver les politiques de lutte contre le changement climatique quand ECR entend les démanteler en partie.
Ursula von der Leyen ne s’est pas rendue au sommet de l’Otan organisé la semaine dernière à Washington afin de poursuivre ses efforts de persuasion auprès de ces groupes, apparemment en vain.
« Je ne peux pas imaginer que nous puissions soutenir Ursula von der Leyen », a dit Adam Bielan, qui dirige le groupe des 18 élus polonais au sein d’ERC, après une réunion avec la dirigeante allemande mardi, en citant ses « mauvaises décisions » sur l’immigration et le changement climatique.
Eux aussi membres d’ECR, les 24 eurodéputés italiens de Fratelli d’Italia, le parti de la présidente du Conseil Giorgia Meloni, n’ont pas encore confirmé leur vote publiquement.
Aucun candidat ne semble en mesure de se substituer à Ursula von der Leyen avec la certitude d’être élu si cette dernière échoue.
Certains au Parlement européen craignent qu’un rejet d’Ursula von der Leyen ne conforte le camp eurosceptique, sorti déjà renforcé des élections de juin, en illustrant sa capacité à perturber le fonctionnement des institutions de l’UE.
« Ce serait perçu comme une victoire, particulièrement pour l’extrême droite », dit Sean Kelly, du groupe PPE.
(Reportage Kate Abnett et Marta Fiorin, avec Angelo Amante, version française Bertrand Boucey, édité par Kate Entringer)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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