Un gazoduc Israël-Turquie envisagé pour réduire la dépendance à la Russie, selon des sources
ANKARA/JERUSALEM (Reuters) – Un gazoduc entre Israël et la Turquie pourrait être une solution pour réduire la dépendance de l’Europe envers les hydrocarbures russes même si l’idée nécessiterait des négociations complexes avant de voir le jour, selon les responsables gouvernementaux et industriels des deux pays.
Le projet, dans les cartons depuis plusieurs années, consisterait à construire un gazoduc sous-marin reliant la Turquie au plus grand gisement de gaz naturel en mer d’Israël, Leviathan, qui approvisionne déjà Israël, la Jordanie et l’Égypte.
Le gaz serait acheminé vers la Turquie, puis vers les pays voisins d’Europe du Sud qui cherchent à réduire leur dépendance à l’égard de la Russie.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mentionné vendredi la coopération gazière comme l’un des domaines où la Turquie et Israël pourraient renforcer leurs liens bilatéraux.
Des discussions se poursuivent à ce sujet depuis la visite du président israélien Isaac Herzog début mars à Ankara et des « décisions concrètes » pourraient être prises dans les mois à venir concernant le tracé proposé et les entités participantes, a déclaré à Reuters un haut fonctionnaire turc.
Les responsables du secteur se montrent plus circonspects, affirmant que les contraintes de production et la géopolitique – le gazoduc devrait traverser des eaux chypriotes ou syriennes – pourraient faire échouer le projet.
Les propriétaires du gisement Leviathan – le groupe américain Chevron et les sociétés israéliennes NewMed Energy et Ratio Oil – veulent augmenter progressivement sa production de 12 à 21 milliards de mètres cubes par an.
À titre de comparaison, l’Union européenne a importé 155 milliards de mètres cubes de gaz russe l’année dernière, couvrant ainsi près de 40% de sa consommation.
A ce stade, il est prévu qu’une grande partie de cette production supplémentaire de gaz de Leviathan sera liquéfiée et exportée par bateau vers l’Europe ou l’Extrême-Orient, selon NewMed.
Son directeur général a déclaré le mois dernier que la Turquie pourrait également devenir une destination, mais qu’elle devait mettre « la main à la pâte » et s’engager à construire le gazoduc.
(Reportage Orhan Coskun à Ankara et Ari Rabinovitch à Jérusalem, version française Augustin Turpin, édité par Jean-Stéphane Brosse)
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