Ukraine: Le chef d’état-major de l’armée mécontent du processus de conscription
Le chef d’état-major de l’armée ukrainienne a exprimé mardi, lors d’une rare conférence de presse, sa frustration à l’égard du travail des bureaux de conscription militaire, dans des commentaires laissant penser qu’ils devraient mobiliser davantage de soldats pour la guerre face à la Russie.
Valeri Zaloujny a effectué sa première conférence de presse depuis le début de la guerre, en février 2022, au lendemain de la publication par le Parlement d’un texte de loi destiné à modifier le programme de conscription militaire, notamment pour abaisser l’âge des citoyens pouvant être mobilisés, à 25 ans contre 27.
La publication de ce texte a provoqué une controverse sur les réseaux sociaux, une situation qui a semble-t-il poussé le chef d’état-major, très rare sur la scène publique, à s’exprimer devant la presse à Kyiv.
« Je ne suis pas satisfait actuellement avec le travail » des bureaux de conscription militaire, a-t-il dit. « Sinon, nous ne serions pas là à discuter de ce projet de loi. »
Si des dizaines de milliers d’hommes se sont portés volontaires pour combattre dans la foulée du lancement par la Russie d’une offensive présentée par Moscou comme une « opération militaire spéciale » mais dénoncée par Kyiv et les Occidentaux comme une invasion, cet enthousiasme s’est depuis lors amenuisé.
Répondant aussi à un éventail de questions sur le conflit, Valeri Zaloujny a admis que les troupes ukrainiennes s’étaient repliées en périphérie de Maryinka, une ville qui « n’existe désormais plus », a-t-il indiqué, après des mois de combats avec les troupes russes.
La réforme de la conscription militaire est un sujet hautement sensible pour une population devenue méfiante alors que la guerre dure désormais depuis près de deux ans, sans qu’une fin ne se profile à l’horizon.
TENSIONS
Le président Volodimir Zelensky a déclaré la semaine dernière que l’armée avait proposé de mobiliser 450.000 à 500.000 personnes supplémentaires.
Valeri Zaloujny a dit mardi que ce nombre n’était pas une proposition de l’armée et qu’il s’agissait d’un projet à mettre en oeuvre progressivement.
Il a ajouté qu’il n’aurait jamais révélé ce nombre publiquement, un commentaire à même d’alimenter les rumeurs sur des tensions politiques avec Volodimir Zelensky.
En dépit du peu d’avancées effectuées par les troupes ukrainiennes depuis le lancement, en juin dernier, d’une contre-offensive destinée à reprendre des territoires contrôlés par l’armée russe, Valeri Zaloujny reste extrêmement populaire auprès des Ukrainiens pour avoir repoussé l’attaque russe contre Kyiv au début du conflit puis orchestré deux contre-offensives fructueuses à l’automne 2022.
Les tensions entre le chef d’état-major et le président sont apparues au grand jour en novembre, quand ont été rapportés des propos de Valeri Zaloujny selon lesquels la guerre se dirigeait vers une impasse du fait de la situation technologique sur le champ de bataille. S’en est suivie une réprimande venue de la présidence à Kyiv.
Volodimir Zelensky et ses alliés ne cessent de dessiner un horizon moins sombre pour la guerre, répétant que l’Ukraine a les moyens de repousser les troupes russes et parviendra à le faire pour récupérer chaque centimètre occupé depuis le début de l’invasion.
« J’ai été beaucoup critiqué pour ces commentaires, mais avec le temps les gens vont se rendre compte que j’avais complètement raison », a déclaré Valeri Zaloujny, indiquant aussi que l’Ukraine et ses alliés ont identifié les réponses à apporter à la majorité des problèmes qu’il a évoqués le mois dernier.
(Reportage Max Hunder; version française Jean Terzian, édité par Bertrand Boucey)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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