Trump porte plainte contre la BBC pour diffamation, réclame $10 mds
par Jack Queen
16 décembre (Reuters) – Le président américain Donald Trump a déposé lundi une plainte pour diffamation contre la BBC, reprochant au groupe audiovisuel public britannique d’avoir diffusé dans un documentaire un montage trompeur d’un discours prononcé par Trump avant l’assaut sanglant contre le Capitole à Washington le 6 janvier 2021.
Donald Trump élargit ainsi à l’échelle internationale la lutte qu’il mène contre les couvertures médiatiques qu’il juge erronées ou déloyales, après avoir notamment entrepris des procédures en justice contre le New York Times et le Wall Street Journal depuis son retour au pouvoir en janvier dernier.
Le président américain avait fait part depuis plusieurs semaines de son intention d’attaquer en justice la BBC, reprochant à la chaîne d’avoir mis bout à bout de manière malhonnête des éléments du discours qu’il a prononcé le 6 janvier 2021, avant l’assaut du Capitole par des milliers de ses partisans dans le but d’empêcher le Congrès de certifier la victoire électorale de Joe Biden deux mois plus tôt.
Au cours de ce discours, alors jugé incendiaire, Donald Trump avait exhorté ses partisans à marcher vers le Capitole et à se « battre comme des diables » – des propos inclus dans le montage diffusé par la BBC -, tout en appelant à un autre moment à manifester de manière pacifique – une partie ne figurant pas dans le documentaire.
La BBC a présenté ses excuses à Donald Trump, admettant avoir commis une erreur de jugement et reconnaissant que le montage du discours donnait l’impression erronée que le président américain, à l’époque sur le point de quitter la Maison blanche à l’issue de son premier mandat, avait appelé directement à des actions violentes.
Toutefois, la BBC a estimé qu’il n’y avait aucune base légale pour entreprendre des poursuites en justice.
Selon la plainte déposée lundi auprès d’un tribunal fédéral de Miami en Floride, Donald Trump réclame 10 milliards de dollars de dommages au groupe audiovisuel public britannique.
Le président américain a déclaré dans la plainte que la BBC, en dépit des excuses présentées, n’a « montré aucun remord pour son inconduite ni opéré de changements institutionnels significatifs pour prévenir de futurs abus journalistiques ».
Un porte-parole de l’équipe juridique de Donald Trump a déclaré dans un communiqué que la BBC a de longue date pour habitude de « duper son public dans son traitement du président Trump, tout cela au service de son propre agenda politique de gauche ».
La BBC, qui connaît l’une de ses pires crises en 103 ans d’existence, a promis que le documentaire incriminé, diffusé en Grande-Bretagne peu avant l’élection présidentielle américaine de 2024, ne serait plus accessible ni rediffusé. Le documentaire n’a pas été diffusé aux Etats-Unis.
L’affaire a terni l’image du groupe et provoqué le mois dernier la démission de deux de ses directeurs.
Dans la plainte, les avocats de Donald Trump reprochent à la BBC d’avoir causé à leur client un préjudice accablant sur les plans réputationnel et financier.
Alors qu’il avait promis durant la campagne électorale l’an dernier de mener des « représailles » contre ses rivaux politiques et ses détracteurs, Donald Trump a lancé cette année plusieurs procédures en justice contre des grands médias traditionnels.
Dans le viseur du président américain, les chaînes de télévision CBS et ABC ont scellé des accords à l’amiable. Le New York Times et le Wall Street Journal, ciblés par des plaintes de Donald Trump pour des articles à propos de ses liens avec le défunt Jeffrey Epstein, ont nié toute inconduite.
(Jack Queen et David Thomas; version française Jean Terzian)
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
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3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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