Taïwan lance des exercices militaires de grande envergure
par Yimou Lee
TAIPEI, 5 août (Reuters) – Taïwan a entrepris mercredi des exercices militaires de grande envergure visant à tester la capacité du commandement à s’adapter rapidement lorsque les mouvements de l’ennemi déjouent les prévisions, ont déclaré des hauts responsables taïwanais.
L’exercice annuel « Han Kuang », d’une durée de dix jours, a débuté tôt dans la matinée. Sont prévus notamment des vols de chasseurs et des déploiements navals d’urgence, ont précisé les deux sources informées des manoeuvres.
Taïwan intégrera également pour la première fois une approche dite de « backbrief », inspirée des pratiques militaires américaines, dans laquelle les officiers subalternes recevant des ordres reformulent les détails de la mission à leurs commandants — une mesure visant à améliorer la coordination, ont ajouté ces responsables, qui ont souhaité garder l’anonymat en raison du caractère sensible du sujet.
Cette mesure, a déclaré l’un des responsables, vise à « garantir que les commandants et leurs subordonnés soient sur la même longueur d’onde quant à l’intention opérationnelle ».
L’exercice se concentrera également sur une préoccupation majeure en temps de guerre : le risque que la Chine, qui revendique Taïwan comme faisant partie de son territoire, tente de paralyser les centres de commandement, les ports, la logistique et les sites de l’industrie de défense dès le début d’une attaque.
Le ministère chinois de la Défense n’a pas répondu à une demande de commentaire. La Chine n’exclut pas l’option militaire pour placer Taïwan sous son contrôle.
DÉPLACEMENT EN TEMPS DE GUERRE
Organisés chaque année depuis 1984, ces manoeuvres prévoit également pour la première fois un ralentissement délibéré des débits Internet mobiles afin de tester la manière dont les civils communiqueraient avec une bande passante défaillante.
L’armée simulera le transfert, en temps de guerre, d’un arsenal majeur, mobilisera des usines civiles et mènera des exercices d’escorte au large de la côte pacifique de Taïwan, alors que l’inquiétude grandit quant à la possibilité que Pékin s’entraîne à couper les lignes d’approvisionnement de l’île avec ses alliés dans le Pacifique.
« Tout cela s’inscrit dans une série d’exercices de plus en plus exigeants — il ne s’agit plus d’un exercice de type laboratoire mené en vase clos », a expliqué un troisième haut responsable sous le sceau de l’anonymat.
« On entre dans un environnement de terrain réel, confronté à des conditions réelles extrêmes. Nous espérons que la phase finale de l’entraînement atteindra ce niveau », a ajouté ce responsable de la défense.
EXERCICES DE RÉSILIENCE
Les autorités taïwanaises ont été l’objet de critiques pour l’absence de réalisme de leurs manoeuvres militaires passées, jugées plus comme des mises en scène que de réels entraînements.
Elles ont ainsi réformé les procédures, testant notamment la capacité des relais locaux à assurer la continuité du gouvernement en cas de crises à répétition – des tremblements de terre à une invasion chinoise.
« Si la situation ne correspond pas au scénario initial prévu par l’ennemi, que doit-il faire ? Comment doit-il réévaluer la situation, s’adapter et donner rapidement des ordres ? », a déclaré le responsable de la défense, en référence à tout officier de terrain mis à l’épreuve dans des « scénarios inattendus » au cours de ces exercices, qui se termineront le 14 août.
Ces exercices mobiliseront également plus de 20.000 réservistes.
Mercredi, sur le terrain de sport d’un lycée de Taipei, des dizaines de réservistes se sont rassemblés pour s’entraîner à l’utilisation de mortiers et à prendre position armés d’un fusil.
L’armée mettra également en place un dispositif de « journalistes embarqués » afin d’évaluer les communiqués de presse en temps de guerre provenant du front et les efforts visant à contrer la désinformation ennemie, ont indiqué les responsables.
« L’accent sera mis sur la manière dont l’ensemble de notre population, la République de Chine dans son ensemble — en particulier nos concitoyens — devrait faire face à la guerre », a déclaré le responsable de la défense, utilisant le nom officiel de Taïwan.
(Rédigé par Yimou Lee; Version française Matthieu Huchet, édité par Sophie Louet)
Le Journal Chrétien est un média indépendant financé par des chrétiens comme vous, en accès libre, sans subventions ni publicité. La générosité de la communauté chrétienne garantit notre indépendance.
Aujourd’hui, une poignée de chrétiens rendent possible une information indépendante accessible gratuitement à des millions de personnes sur nos sites, nos applications et notre chaîne de télévision chrétienne.
Chaque article, chaque émission, chaque reportage, chaque enquête existe uniquement grâce à votre générosité. C’est ce qui nous permet de répondre à l’immense soif spirituelle de nos contemporains et ce, avec une exigence de qualité journalistique reconnue, et de donner la parole à ceux qu’on n’entend jamais ailleurs.
Mais aujourd’hui, nous arrivons à un moment décisif. Partout, les médias indépendants sont fragilisés, attaqués, précarisés. Pendant que quelques grandes fortunes verrouillent toujours davantage le paysage médiatique, les médias chrétiens et tous ceux qui refusent de se soumettre sont maintenus sous pression permanente.
Le Journal Chrétien et sa chaîne Chrétiens TV, diffusée sur le canal 246 de la Freebox, n’échappent pas à cette réalité. Oui, nos médias chrétiens pourraient disparaître si nous ne parvenons pas à toucher de nouveaux donateurs dans les prochains mois.
Je soutiens le Journal Chrétien !
Au moment où les milliardaires étendent leur emprise sur l’information, nous pensons au contraire qu’il faut plus de travail de terrain, plus de reportages, plus d’enquêtes, plus de pluralisme, plus de médias chrétiens capables de résister aux pressions religieuses, politiques et économiques. C’est pour cela que nous lançons un appel à la communauté chrétienne.
La question est simple : voulons-nous laisser mourir les médias chrétiens et laisser la presse ainsi que la télévision aux mains des grands groupes privés ?
Si vous lisez les articles du Journal Chrétien, regardez nos émissions sur Chrétiens TV, partagez nos contenus dans les réseaux sociaux ou pensez qu’une autre voix doit continuer d’exister dans le débat public, alors c’est maintenant qu’il faut agir.



