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Starmer passe à la contre-offensive pour sauver son mandat

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LONDRES, 11 mai (Reuters) – Le Premier ministre britannique Keir Starmer est passé à la contre-offensive lundi avec l’espoir de sauver son poste et de redresser la situation du Royaume-Uni, lançant un appel à la stabilité et à l’unité au sein du Parti travailliste, qui bruit d’appels à la démission.

Au pouvoir depuis juillet 2024, le chef du gouvernement joue son va-tout pour demeurer au 10, Downing Street malgré la déroute historique de sa formation aux élections locales du 7 mai.

Lors d’un discours dans un centre communautaire de Londres, Keir Starmer a admis à mots couverts qu’il ​avait fait preuve de trop ‌de timidité dans la gestion des problèmes de la Grande-Bretagne et a dit assumer la responsabilité ​de la défaite du Parti travailliste.

« Je sais ⁠que les gens sont déçus par l’état de la Grande-Bretagne. Déçus par la politique, et certains déçus par moi », a-t-il souligné ‌dans une nouvelle tentative de mea culpa ‌après le fiasco de l’affaire Mandelson.

« Je sais que j’ai des détracteurs et je sais que je dois leur prouver qu’ils ont tort. Et je le ferai », a-t-il poursuivi, devant un public de fidèles qui l’ont ovationné.

« Je ressens également un profond sentiment de responsabilité personnelle pour honorer le mandat que nous avons remporté lors des élections générales de ​2024. »

Concédant avoir commis des erreurs, il a néanmoins défendu certaines de ses décisions, comme celle de ne pas entraîner la Grande-Bretagne dans le conflit au Moyen-Orient, et mis en avant des progrès dans les domaines de la santé publique et de l’immigration.

NATIONALISATION DE BRITISH STEEL

Le Premier ministre travailliste a également promis de replacer la Grande-Bretagne au cœur de l’Europe, notamment avec un programme de mobilité pour les jeunes.

« Au prochain sommet européen, je rebâtirai nos relations avec l’Europe », a-t-il assuré. Le prochain Conseil européen est prévu les 18 et 19 juin.

Le scrutin qui s’est déroulé jeudi dernier en Angleterre, Ecosse et Pays ⁠de Galles a mis en évidence la forte poussée du parti nationaliste UK Reform de Nigel Farage, l’un des artisans du Brexit qui brigue la victoire aux élections législatives prévues théoriquement ⁠en 2029.

Les sondages montrent que près de 60% des Britanniques considèrent désormais que quitter l’Union européenne était une erreur. En 2016, 51,89% des Britanniques s’étaient prononcés par référendum pour le « Brexit », en vigueur depuis le 31 janvier 2020.

Keir Starmer a annoncé qu’il envisageait de nationaliser le groupe sidérurgique British Steel. Un projet de loi permettant la prise de contrôle par l’Etat de l’aciérie de Scunthorpe, dans le nord de l’Angleterre, sera également mis au point.

En avril 2025, le gouvernement a pris le contrôle opérationnel de British Steel, jusqu’alors détenu par la société chinoise Jingye, afin d’empêcher ⁠la fermeture ‌des hauts fourneaux et de préserver les 2.700 emplois de l’usine.

Le roi Charles III doit annoncer mercredi les projets gouvernementaux pour la prochaine session ⁠parlementaire lors d’un discours au Parlement.

Les applaudissements auxquels a eu droit Keir Starmer contrastaient avec la virulence des boucles de messages ​des députés travaillistes qui maintiennent ​pour certains leurs appels à la démission.

« JE NE VAIS PAS M’EN ALLER »

« Je salue le regain d’énergie et les nouvelles idées. Cependant, j’en suis arrivée à la conclusion, à contrecœur, que le ​discours de ce matin était insuffisant et arrivait trop tard », a ainsi déclaré dans un communiqué la députée travailliste Catherine West.

L’ancienne secrétaire d’Etat était sortie de l’ombre durant le week-end en menaçant de disputer à Keir Starmer la direction du parti, avant ‌de changer de tactique en demandant lundi aux ​élus travaillistes d’appuyer l’idée d’une « transition ordonnée » en vue de l’élection d’un nouveau chef de parti en septembre.

Aux termes du règlement du Parti travailliste, qui n’a jamais évincé un Premier ministre issu ​de ses rangs en 125 ans d’histoire, une motion de défiance à l’encontre du Premier ministre au profit d’un remplaçant doit recueillir les signatures de 20% du groupe parlementaire, soit 81 députés. Une perspective hautement improbable.

Le nom d’Andy Burnham, maire du Grand-Manchester, circule au nombre des prétendants à la succession de Keir Starmer, mais n’étant pas un membre du Parlement, il ne peut se présenter contre lui.

« Toute décision est du ressort du Comité national exécutif », a dit lundi le Premier ministre à propos de son principal rival.

Keir Starmer a déclaré qu’il se battrait contre toute opposition interne si sa légitimité venait à être mise en cause.

« Je ne vais ⁠pas m’en aller », a-t-il martelé. « Je pense que ce à quoi nous avons assisté avec le précédent gouvernement, c’était le chaos lié au changement constant de dirigeants, et cela a coûté très cher à ce pays », a-t-il plaidé, faisant référence aux cinq Premiers ministres conservateurs qu’a connus l’Angleterre en un peu plus de ​six ans avant la défaite de 2024.

(Andrew MacAskill et Elizabeth Piper; version française Nicolas Delame et Sophie Louet ​et Etienne Breban, édité par Benoit Van Overstraeten et Sophie Louet)

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