RDC-Les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, entrent dans le centre de Goma
GOMA, République démocratique du Congo (Reuters) – Les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, sont entrés lundi dans le centre de Goma, la plus grande ville de l’est de la République démocratique du Congo (RDC), ont rapporté des témoins.
La tournure des événements, dans un conflit qui dure depuis trois ans et prend ses racines dans le génocide rwandais de 1994, fait craindre une guerre régionale plus large et une aggravation de l’une des pires crises humanitaires au monde.
On ignore pour le moment si l’alliance des rebelles a pris l’ensemble de la ville comme son chef l’a affirmé dimanche soir.
Des tirs ont été entendus lundi matin près de l’aéroport, du centre-ville et de la frontière avec le Rwanda, ont rapporté des habitants. Il n’a pas été possible de déterminer dans l’immédiat l’origine des tirs. Deux habitants ont raconté que des affrontements se poursuivaient dans une partie de la ville entre des miliciens pro-gouvernementaux et des combattants du M23.
Deux sources des Nations unies ont déclaré à Reuters que des troupes de la RDC et du Rwanda avaient échangé des tirs à leur frontière commune, près de la ville de Goma.
Cinq personnes ont été tuées et 26 autres blessées lundi à Rubavu, ville frontalière rwandaise, dans un pilonnage de l’armée de RDC, a rapporté un porte-parole de l’armée rwandaise.
Tryphon Kin-Kiey Mulumba, président de l’Autorité du transport aérien en RDC, a précisé que l’aéroport de Goma était toujours sous le contrôle de l’armée.
« Nous pouvons toujours entendre des coups de feu depuis l’aéroport. Une roquette est tombée près de l’église, derrière notre maison », a déclaré un habitant du quartier de Majengo, dans le nord-est de Goma.
Des milliers de prisonniers ont par ailleurs profité de l’offensive pour s’évader de la prison principale de la ville, ont déclaré un garde et un habitant.
Corneille Nangaa, chef de l’Alliance du fleuve Congo, une composante du M23, a déclaré lundi à Reuters que ses forces contrôlaient Goma et que les soldats de l’armée avaient déposé les armes.
« Ils ont commencé à se rendre, mais cela prend du temps », a-t-il dit. « Il est normal qu’ils (les habitants) voient encore des soldats », a-t-il poursuivi.
L’armée uruguayenne a dit que 100 soldats congolais avaient remis leurs armes aux troupes uruguayennes de la mission de maintien de la paix de l’Onu au Congo (Monusco), comme exigé par les rebelles.
Le gouvernement congolais a déclaré que l’armée rwandaise était présente à Goma mais que les forces congolaises s’efforçaient de prévenir un « carnage et la perte de vies humaines ».
William Ruto, président du Kenya et président de la Communauté de l’Afrique de l’Est, a annoncé que les présidents du Rwanda et de la RDC avaient accepté de se rencontrer mercredi.
ÉVACUATION DU PERSONNEL DE L’ONU
Le personnel de la Monusco et leurs familles ont été évacués lundi matin vers le Rwanda dans une dizaine d’autocars.
Des vidéos non vérifiées partagées sur les réseaux sociaux montrent des scènes de pillage à l’extérieur de l’entrepôt des douanes de l’aéroport et des colonnes d’hommes lourdement armés, probablement des combattants du M23, marchant dans la banlieue nord de la ville.
La RDC, un pays de plus de 100 millions d’habitants et d’une taille à peu près équivalente à celle de l’Europe occidentale, compte plus de 100 groupes armés.
Un journaliste Reuters présent à Gisenyi a vu des colonnes entières de civils prenant la fuite, certains avec leurs enfants dans les bras ou transportant d’imposants bagages alors que des coups de feu résonnaient non loin.
D’après les experts de l’Onu, le Rwanda a déployé entre 3.000 et 4.000 soldats et fourni une importante aide militaire, notamment des missiles et des tireurs d’élite, en soutien au M23.
Le Rwanda accuse le gouvernement congolais et son armée d’avoir fait alliance avec une milice menée par des Hutus qui mettrait en danger la sécurité du Rwanda ainsi que les Tutsis du Congo.
Le Congo rejette ces accusations, reprochant à son tour à Kigali d’armer le M23 afin de prendre le contrôle d’une large part du territoire congolais et d’y voler les ressources en minéraux.
Le M23, un mouvement rebelle mené par des Tutsis et soutenu par le Rwanda, s’était déjà emparé de Goma en 2012 mais s’était retiré après des pourparlers entre les deux pays.
L’avancée des rebelles depuis le début de l’année a contraint des centaines de milliers de personnes à quitter leurs foyers – en plus des trois millions ayant été déplacées en 2024, selon les données de l’Onu.
Le Conseil de sécurité de l’Onu a tenu dimanche une réunion de crise, au cours de laquelle les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont condamné le soutien du Rwanda dans l’avancée des rebelles. Kigali a estimé que ces déclarations « n’apportaient aucune solution » et a accusé Kinshasa d’avoir déclenché la récente escalade.
(Rédigé par David Lewis et Aaron Ross; version française Claude Chendjou, édité par Kate Entringer et Sophie Louet)
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