Emmanuel Macron dénonce la « trahison » des engagements pris au Liban
Le président français Emmanuel Macron a vivement déploré dimanche l’échec de la formation d’un gouvernement au Liban, dénonçant une « trahison » des engagements pris par l’ensemble des parties dans ce pays.
« J’ai honte pour vos dirigeants », a déclaré le chef de l’Etat lors d’une conférence de presse à l’Elysée.
La classe politique libanaise « a pris le pays en otage », a-t-il déclaré. « En somme personne n’a été à la hauteur des engagements pris le 1er septembre dernier. »
Le Premier ministre libanais désigné, Mustapha Adib, a démissionné samedi après avoir échoué à former un nouveau gouvernement.
Le président français, qui s’est rendu deux fois au Liban cet été, avait fixé aux partis politiques libanais la date du 15 septembre pour se décider. Ils ont échoué en raison notamment de l’insistance du Hezbollah et de ses alliés du mouvement chiite Amal à obtenir le ministère des Finances.
« Le Hezbollah ne peut en même temps être une armée en guerre contre Israël, une milice déchaînée contre les civils en Syrie et un parti respectable au Liban », a-t-il dit. « Il ne doit pas se croire plus fort qu’il ne l’est. »
Pour le président français, « nous entrons dans une phase où les risques sont bien plus élevés pour le Liban et la région. »
Emmanuel Macron a donné quatre à six semaines aux responsables libanais pour former un nouveau gouvernement.
« D’ici quelques semaines, c’est-à-dire à l’horizon d’un mois, un mois et demi, nous serons obligés de faire le bilan de ces avancées internes et internationales », a-t-il dit.
En cas d’échec, le président a brandi le spectre d’une « guerre civile » ou d’un « retour à un gouvernement de profiteurs. »
« Je suis unanimement sévère avec tous les acteurs », a-t-il insisté.
La France reste néanmoins engagée aux côtés du peuple libanais et elle continue de défendre sa feuille de route, a ajouté Emmanuel Macron, qui a confirmé l’organisation d’une conférence d’aide prévue en octobre à Paris en lien avec les Nations unies.
« Nous veillerons à la transparence et au suivi des aides », a-t-il demandé.
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