Poutine reçoit Xi Jinping à Moscou à un moment charnière
LONDRES (Reuters) – Trois jours après l’émission par la Cour pénale internationale (CPI) d’un mandat d’arrêt à son encontre pour crimes de guerre en Ukraine, le président russe Vladimir Poutine attend plus que jamais un signe de soutien de la part de son homologue chinois Xi Jinping, qu’il reçoit à Moscou ce lundi.
Cette visite, la première de Xi Jinping depuis sa reconduction pour un troisième mandat inédit à la présidence de la Chine et la première d’un dirigeant étranger depuis l’annonce de la CPI, devrait être vantée par la Russie comme l’illustration qu’elle dispose d’un puissant allié disposé à faire front à ses côtés face à des Occidentaux hostiles.
Xi Jinping est arrivé à l’aéroport international de Vnoukovo lundi en début d’après-midi, selon des images de la télévision publique russe. Des discussions « informelles » sont prévues avec Vladimir Poutine avant un dîner. L’entretien « formel » aura lieu mardi.
Alors que ni la Russie ni la Chine ne sont membres de la CPI, le Kremlin a décrit la décision de cette dernière comme juridiquement sans valeur, en plus de la dénoncer comme outrageuse.
Mais en faisant de Vladimir Poutine un homme virtuellement recherché dans 123 pays, la CPI a braqué encore davantage les projecteurs sur la venue à Moscou de Xi Jinping, pour lequel ce déplacement était déjà considéré comme délicat.
La Chine, qui s’est gardée de condamner l’offensive en Ukraine ou de la décrire comme une invasion, se retrouve dans une position délicate, entre les difficultés de l’armée russe et l’avertissement lancé par les Etats-Unis si Pékin venait à fournir des armes à Moscou, a estimé Jonathan Eyal, du Royal United Services Institute, centre de réflexion basé à Londres.
« TRÈS BON AMI »
Alors que la Chine veut jouer le rôle de médiateur, Xi Jinping a déclaré que le plan présenté le mois dernier par Pékin reflétait les positions mondiales et avait pour objectif de neutraliser les conséquences de la crise ukrainienne.
Dans une tribune parue dans la Rossiiskaya Gazeta, quotidien publié par le gouvernement russe, le président chinois a appelé au « pragmatisme », admettant que les solutions à la crise n’étaient pas simples.
Vladimir Poutine a dit attendre beaucoup de la visite de son « très bon ami » Xi Jinping, selon des propos rapportés par un journal chinois et publiés dimanche soir par le Kremlin sur son site internet. Il a dit aussi se réjouir de la volonté de Pékin de servir de médiateur.
« Nous sommes reconnaissants de la ligne équilibrée (de la Chine) en lien avec les événements se déroulant en Ukraine, pour avoir compris le contexte et les causes réelles », a dit le président russe.
L’Ukraine s’est montrée prudente à l’égard du plan dévoilé par Pékin, qui ne contient aucune mesure concrète, et a prévenu que tout accord nécessiterait que la Russie se retire des territoires qu’elle a saisis – dont la péninsule de Crimée, annexée en 2014.
Washington a affiché un grand scepticisme sur la volonté réelle de la Chine d’intervenir pour trouver une issue, étant donné son refus de condamner l’offensive russe, et a reproché au contraire à Pékin d’envisager de fournir des armes à la Russie. La Chine a rejeté ces accusations.
L’UKRAINE ATTEND QUE LA CHINE USE DE SON INFLUENCE
Kyiv attend de la Chine qu’elle use de son influence sur la Russie pour mettre fin à la guerre en Ukraine, a déclaré lundi le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, Oleg Nikolenko, à Reuters, peu après l’arrivée de Xi Jinping à Moscou.
Des combats acharnés se poursuivent dans la ville de Bakhmout, dans l’est de l’Ukraine, où les forces ukrainiennes résistent depuis l’été dernier.
Par ailleurs, les ministres de Affaires étrangères de l’Union européenne, réunis lundi à Bruxelles, devraient signer un accord pour fournir des obus de 155 mm à l’Ukraine, qui juge ces approvisionnements essentiels.
L’armée ukrainienne, dans son compte rendu quotidien des combats sur le front, a déclaré que ses forces dans les villes de la région de Donetsk avaient repoussé 69 attaques russes au cours de la journée écoulée.
« Bakhmout reste l’épicentre des hostilités. »
(Reportage Reuters, rédigé par Michael Perry et Philippa Fletcher; version française Jean Terzian et Kate Entringer)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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