Poutine ordonne un cessez-le feu en Ukraine jusqu’à lundi pour Pâques
(Reuters) -Le président russe Vladimir Poutine a ordonné un cessez-le-feu en Ukraine de samedi 18h00 (15h00 GMT) à lundi minuit « pour des raisons humanitaires » durant les fêtes de Pâques, a fait savoir le Kremlin.
Le président ukrainien Volodimir Zelensky a déclaré de son côté que la Russie avait rejeté une proposition similaire de 30 jours négociée par le président américain Donald Trump le mois dernier et qu’elle n’était pas digne de confiance.
Cette décision unilatérale de Vladimir Poutine intervient après que Donald Trump et le secrétaire d’État américain Marco Rubio ont menacé de mettre fin aux efforts de Washington pour parvenir à une paix entre la Russie et l’Ukraine s’ils ne constatent pas sous peu de signes évidents de progrès.
Vladimir Poutine a appelé les troupes ukrainiennes a arrêter également les combats, tout en demandant au chef de l’état-major russe, Valeri Guerassimov, de tenir ses troupes prêtes à repousser toute violation de la trêve par Kyiv.
L’Ukraine est prête à respecter le cessez-le-feu mais selon les derniers rapports sur le front, Moscou n’a pas interrompu ses frappes, a déclaré le président ukrainien.
« À l’heure actuelle, selon les rapports du commandant en chef, les opérations d’assaut russes se poursuivent sur plusieurs secteurs de la ligne de front et les tirs d’artillerie russes n’ont pas diminué », a déclaré le chef d’Etat ukrainien sur le réseau social X.
« Si la Russie est soudainement prête à s’engager réellement dans un format de silence total et inconditionnel, l’Ukraine fera de même, et reflétera les actions de la Russie. »
Le président ukrainien a proposé à la Russie, « si un cessez-le-feu complet se met réellement en place », de le prolonger au-delà du 20 avril.
L’Union européenne a réagi avec prudence à l’annonce du cessez-le-feu, ajoutant que la Russie pourrait mettre fin à la guerre immédiatement si elle le souhaitait.
« La Russie a un historique d’agresseur, nous devons donc d’abord voir un arrêt réel de l’agression et des actes clairs en faveur d’un cessez-le-feu durable », a déclaré Anitta Hipper, porte-parole principale de la Commission européenne pour les Affaires étrangères et la Sécurité.
La Grande-Bretagne a elle exhorté la Russie à s’engager à un cessez-le-feu complet en Ukraine, « et pas seulement à une pause d’un jour », a déclaré son ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.
Vladimir Poutine a affirmé à plusieurs reprises qu’il souhaitait la fin de la guerre, exigeant en échange que l’Ukraine renonce officiellement à ses ambitions d’adhésion à l’Otan et retire ses troupes du territoire revendiqué par Moscou.
Kyiv a largement rejeté ces conditions, les considérant comme équivalentes à une capitulation.
ARRÊT DES ACTIVITÉS MILITAIRES
« Pour des raisons humanitaires, la partie russe annonce aujourd’hui, de dimanche 18h00 à lundi minuit, une trêve pascale. Pendant cette période, j’ordonne l’arrêt de toutes les activités militaires », a déclaré Vladimir Poutine à son chef d’état-major, Valeri Guerassimov, lors d’une réunion au Kremlin.
« Nous partons du principe que l’Ukraine suivra notre exemple. Parallèlement, nos troupes doivent être prêtes à repousser d’éventuelles violations de la trêve, des provocations de l’ennemi et toute action agressive », a ajouté le chef du Kremlin.
À Kyiv, les habitants doutaient du fait que la Russie respecte le cessez-le-feu, ajoutant que Vladimir Poutine avait pris des mesures similaires par le passé, sans résultat.
« Cet homme est incapable de parvenir à un accord. Il ne sait pas comment s’y prendre », a déclaré Tetiana Solovei, 65 ans. « Ce soir, en Ukraine, et surtout à Kyiv, on s’attend à des missiles. Il n’y aura pas de cessez-le-feu. »
« Les Russes essaient de faire croire qu’ils sont des ‘soldats de la paix’, mais ils ont déjà refusé un cessez-le-feu inconditionnel le 11 mars et mènent maintenant une opération de communication, parlant d’une ‘trêve’ mais en continuant de tirer sans s’arrêter », a déclaré Andri Kovalenko, chef du Centre ukrainien de lutte contre la désinformation, sur l’application de messagerie Telegram.
L’Ukraine ne peut pas faire confiance à Vladimir Poutine et Kiyv restera fidèle à son accord initial de respecter un cessez-le-feu de 30 jours, a déclaré de son côté le ministre russe des Affaires étrangères Andri Sybiha sur le réseau social X.
« La position de l’Ukraine reste claire et cohérente : à Djeddah, le 11 mars, nous avons accepté sans condition la proposition américaine d’un cessez-le-feu provisoire total de 30 jours. »
« La Russie peut accepter à tout moment la proposition d’un cessez-le-feu total et inconditionnel de 30 jours, qui est sur la table depuis mars (…) Nous savons qu’on ne peut pas se fier à ses paroles et nous examinerons les actes, pas les paroles », a ajouté Andri Sybiha.
Par ailleurs, la Russie et l’Ukraine on procédé samedi à un échange de plus de 500 prisonniers de guerre, sous la médiation des Émirats arabes unis.
Volodimir Zelensky a fait état de la libération de 277 soldats ukrainiens par la Russie et a remercié les Émirats arabes unis pour leur médiation lors de cet échange.
Le ministère russe de la Défense, qui avait précédemment annoncé que les deux pays avaient échangé 246 prisonniers chacun, a précisé par la suite que 31 autres prisonniers de guerre blessés avaient été remis à l’Ukraine et que 15 de ses propres soldats, blessés eux aussi, avaient également été libérés par Kyiv.
(Rédigé par Lucy Papachristou à Londres, Olena Harmash et Margaryta Chornokondrtenko à Kyiv, avec Ron Popeski et Sabine Siebold, version française Kate Entringer)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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