Pourquoi les Houthis, alliés yéménites de l’Iran, ne prennent pas part au conflit au Moyen Orient?
par Timour Azhari
RIYAD, 13 mars (Reuters) – Les rebelles houthis du Yémen, lourdement armés et capables de perturber la navigation maritime au Moyen-Orient, ne sont pas encore entrés dans la guerre qui embrase la région depuis le 28 février.
Alliés de la République islamique d’Iran, ils n’ont pas réagi militairement aux frappes américaines et israéliennes sur Téhéran, alors que les alliés chiites de l’Iran au Liban et en Irak se sont joints au conflit.
Quelques raisons pourraient expliquer cette position des Houthis.
QUI SONT LES HOUTHIS ?
Les Houthis sont un mouvement militaire, politique et religieux dirigé par la famille Houthi et basé dans le nord du Yémen. Ils adhèrent à la secte zaydite de l’islam chiite.
Parallèlement à la guérilla qu’ils mènent contre l’armée yéménite, les Houthis ont étendu leur influence et noué des liens avec Téhéran après les manifestations du « Printemps arabe » de 2011.
Profitant de l’instabilité du pays, le groupe s’est emparé de la capitale yéménite, Sanaa, en 2014.
L’année suivante, l’Arabie saoudite a pris la tête d’une coalition d’États arabes dans le cadre d’une intervention militaire visant à déloger le groupe du pouvoir.
Les Houthis ont démontré leur efficacité militaire en attaquant avec des missiles et des drones les installations pétrolières et les infrastructures vitales de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.
Après des années de combats qui ont conduit à l’une des pires crises humanitaires au monde, les Nations unies ont négocié en 2022 un cessez-le-feu – qui tient depuis lors – entre les parties belligérantes au Yémen.
ATTAQUES EN MER ROUGE
Dès le début de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023, qui a débuté après une attaque contre Israël menée par le Hamas, les Houthis ont pris pour cible le trafic maritime international en mer Rouge, en soutien aux Palestiniens.
Ils ont également tiré des drones et des missiles sur Israël, qui a riposté par des frappes aériennes contre des cibles houthistes. Les États-Unis ont également lancé des frappes contre les Houthis au Yémen.
Les rebelles yéménites ont cessé leurs attaques dans la région en octobre 2025 après la conclusion d’un cessez-le-feu, négocié par les États-Unis, entre Israël et le Hamas.
POURQUOI NE PRENNENT-ILS PAS PART À LA GUERRE?
Le 5 mars, le chef houthi Abdoul Malik al Houthi a déclaré que son groupe était prêt à frapper à tout moment.
« En ce qui concerne l’escalade et l’action militaire, nous avons le doigt sur la gâchette à tout moment si l’évolution de la situation l’exige », a-t-il déclaré dans un discours télévisé.
Mais contrairement au Hezbollah libanais et aux groupes armés irakiens, ils n’ont fait aucune annonce officielle quant à leur entrée en guerre.
La doctrine religieuse des Houthis n’est pas alignée sur les directives du guide suprême iranien, contrairement au Hezbollah et aux groupes irakiens.
Alors que l’Iran soutient les Houthis dans le cadre de son « Axe de la résistance » régional, les experts du Yémen affirment que le mouvement défend principalement son intérêt national, bien qu’il partage une affinité politique avec Téhéran et le Hezbollah.
Les États-Unis affirment que l’Iran a armé, financé et formé les Houthis avec l’aide du Hezbollah.
Les Houthis nient être des mandataires de l’Iran et affirment qu’ils développent leurs propres armements.
QUE POURRAIENT-ILS FAIRE?
Les observateurs sont divisés quant à la ligne de conduite que pourraient adopter les Houthis, un groupe réputé pour son imprévisibilité.
Certains diplomates et analystes estiment qu’ils auraient déjà mené des attaques isolées contre des cibles dans la région. Reuters n’a pas pu corroborer ces affirmations.
D’autres affirment que les Houthis gardent leurs munitions en réserve en attendant le moment opportun pour entrer dans le conflit, en coordination avec l’Iran, afin d’exercer une pression maximale.
La fermeture effective du détroit d’Ormuz aux exportations d’hydrocarbures des pays arabes du Golfe et le recours accru à la mer Rouge pourraient offrir une telle opportunité.
Enfin, compte tenu de la pression économique croissante au Yémen et de la probabilité d’attaques intenses de la part des États-Unis, d’Israël et même de l’Arabie saoudite s’ils devaient entrer en guerre, les Houthis pourraient décider de rester en dehors du conflit, selon des analystes.
(Rédigé par Timour Azhari à Riyad ; version française Etienne Breban, édité par Augustin Turpin)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Nos deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
1. Le Journal Chrétien, un service de presse en ligne reconnu par l’Etat
Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne.
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

