Perspectives incertaines pour l’Europe après l’invalidation des droits de douane US
par Elisa Anzolin et Christoph Steitz et Emma Rumney et Dominique Patton
MILAN/FRANCFORT/LONDRES/PARIS, 21 février (Reuters) – La décision de la Cour suprême américaine d’invalider une grande partie des droits de douane imposés par le président Donald Trump n’est pas nécessairement une bonne nouvelle pour les viticulteurs, les entreprises de la chimie ou encore les distillateurs en Europe puisque cela rend encore plus incertaines leurs perspectives commerciales.
La plus haute juridiction des Etats-Unis a jugé vendredipar six voix contre trois que le président américain ne pouvait pas invoquer l’argument de l’urgence nationale prévu par une loi de 1977, l’IEEPA (International Emergency Economic Powers Act), pour imposer des droits de douane sans l’approbation du Congrès.
Si de nombreuses entreprises se sont dans un premier temps réjouies de cette décision au terme d’une longue bataille judiciaire, des fédérations de commerce, des groupes et des analystes européens redoutent désormais que cela ne rende les relations commerciales entre les deux blocs encore plus chaotiques après les accords commerciaux conclus difficilement l’an dernier.
« Cette décision risque de créer un effet boomerang, générant davantage d’incertitude et un gel des commandes, tandis que les opérateurs attendent un cadre réglementaire plus clair », a déclaré Paolo Castelletti, secrétaire général de l’association italienne des vins, l’UIV.
Les Etats-Unis sont le premier marché pour les vins italiens, avec quelque 1,9 milliard d’euros d’exportations en 2024, soit près d’un quart des expéditions totales de vin italien dans le monde.
De nombreuses entreprises estiment que Donald Trump va probablement chercher d’autres moyens d’imposer des droits de douane similaires et cela pourrait raviver les tensions entre les Etats-Unis et leurs principaux partenaires commerciaux. Les remboursements de droits de douane seront également difficiles à obtenir.
Donald Trump a d’ores et déjà prévenu qu’il avait signé un décret pour imposer une nouvelle surtaxe mondiale de 10% qui « prendra effet presque immédiatement » pour une période initiale de 150 jours. Il a également souligné qu’il n’était pas certain que ces remboursements aient lieu et que leur calendrier demeurait incertain.
Le président français Emmanuel Macron a déclaré samedi que l’Hexagone examinerait les conséquences des nouvelles mesures prises par Donald Trump, tout en soulignant l’importance des contre-pouvoirs et l’état de droit dans les démocraties après la décision de la Cour suprême américaine.
« UNE NOUVELLE VAGUE D’INCERTITUDE »
Pour Steve Ovara, président du Trade Practice Group du cabinet d’avocats King & Spalding, les entreprises que son cabinet conseille – allant de grands industriels américains aux groupes de consommation et de technologie – s’attendent pour la plupart à ce qu’un éventuellement soulagement sur les droits de douane soit de courte durée.
« Le principal problème auquel tout le monde va être confronté, au moins à court terme, est une incertitude supplémentaire », a-t-il déclaré.
Wolfgang Grosse Entrup, directeur de VCI, un groupe allemand lobbying dans le secteur chimique et pharmaceutique représentant des entreprises comme BASF, Bayer et Evonik, abonde dans le même sens.
« Pour nos entreprises, ce n’est pas le début d’une phase de stabilité, mais une nouvelle période d’incertitude. Ceux qui pensent que cela signifie la fin du conflit sur les droits de douane se trompent », a-t-il déclaré. « De nouveaux droits de douane fondés sur une base juridique différente peuvent être imposés à tout moment », a-t-il ajouté.
Peter Sand, chef analyste de la plateforme de tarification du fret Xeneta, a déclaré que le risque politique demeurait pour les groupes tournés vers l’exportation en raison d’une tendance « irréversible » dans les chaînes d’approvisionnement.
« Les dommages causés aux chaînes d’approvisionnement de nombreux transporteurs sont en grande partie irréversibles », a-t-il insisté.
PAS DE « SOLUTION MIRACULEUSE »
L’association française des cosmétiques FEBEA, qui compte parmi ses membres des entreprises comme L’Oréal, s’est dite « très prudente » quant à cette décision et a indiqué qu’elle observerait la réaction de l’administration américaine, notamment en ce qui concerne l’éventuelle mise en place de nouveaux droits de douane.
« Nous sommes tous habitués aux rebondissements sur le sujet des droits de douane », a déclaré Emmanuel Guichard, secrétaire général de la FEBEA.
Massimiliano Giansanti, président de la fédération des agriculteurs italiens Confagricoltura, a déclaré que la décision la Cour suprême « mettait fin à toute la base juridique » des droits de douane imposés par Trump, mais a averti qu’elle compliquait la situation pour les exportateurs alors qu’ils commençaient à peine à s’adapter aux droits de douane américains.
« Tout cela génère une profonde instabilité à un moment où nous avons besoin de certitudes et où nous avons entamé un processus avec nos importateurs américains », a-t-il déclaré.
En Irlande, les exportateurs de whisky attendent de voir ce qui va se passer avant de prendre des décisions, a déclaré Eoin Ó Catháin, directeur de l’Irish Whiskey Association, estimant que des discussions politiques et une désescalade étaient davantage susceptibles de résoudre les problèmes liés aux droits de douane.
« Ce n’est pas une solution miracle pour se débarrasser des droits de douane », a-t-il déclaré. « C’est juste une complication supplémentaire, un nouveau rebondissement dans cette histoire », a-t-il ajouté.
(Reportage Elisa Anzolin, Christoph Steitz, Emma Rumney; avec la contribution de Dominique Patton et Stine Jacobsen; rédigé par Adam Jourdan; version française Claude Chendjou)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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