Onu: Les États doivent envisager des compensations pour l’esclavage, affirme le CERD
GENÈVE, 31 août (Reuters) – Les États ayant participé à la traite transatlantique et à la colonisation de l’Afrique sont tenus de prendre des mesures réparatrices, dont des compensations financières, pour remédier aux préjudices qui en résultent, a déclaré lundi un comité d’experts indépendants des Nations unies (Onu).
Les orientations, publiées par le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD), s’appuient sur la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, adoptée en 1965, une approche qualifiée de changement de paradigme.
Le document du CERD, qui pourra être invoqué devant les tribunaux, affirme que les États membres de l’Onu doivent mettre en œuvre des mesures de réparation globales en faveur des personnes d’ascendance africaine.
Bien que les demandes de réparations relatives à la traite transatlantique, qui a causé le déplacement de plus de 12,5 millions d’Africains entre le XVe et le XIXe siècle, reçoivent un écho grandissant, certains États ont cherché à se soustraire aux injonctions en justice en faisant valoir qu’aucune loi internationale n’interdisait ce commerce à l’époque.
Selon le CERD, les États sont néanmoins tenus, au titre de la Convention, à remédier aux « préjudices persistants » qui font partie des « séquelles de l’esclavage racialisé », indépendamment de la qualification juridique des actes historiques d’origine.
Les réparations doivent être envisagées de manière « transformatrice » plutôt que comme « une simple compensation financière », précise le CERD, dont les experts souhaitent des mesures visant à restaurer la dignité, lutter contre les inégalités structurelles, soutenir la recherche, préserver la mémoire historique et promouvoir l’éducation.
Pela Boker-Wilson, une experte du comité originaire du Libéria qui a contribué à la rédaction du document, a déclaré qu’elle attendait des États qu’ils aillent au-delà de vagues expressions de regret et qu’ils réexaminent leurs politiques et leurs lois.
« Nous appelons les États parties à prendre des mesures concrètes et significatives », a-t-elle déclaré à Reuters. « Nous voulons affirmer la dignité de ceux dont la souffrance a été niée, minimisée ou oubliée. »
(Emma Farge, avec la contribution de Layli Foroudi à Paris; version française Matthieu Huchet, édité par Augustin Turpin)
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