L’Ukraine frappe un pétrolier de la « flotte fantôme » russe en Méditerranée
KYIV, 19 décembre (Reuters) – Des drones aériens ukrainiens ont frappé un pétrolier de la « flotte fantôme » russe en Méditerranée, une première dans le conflit, a déclaré vendredi à Reuters un responsable des services ukrainiens de sécurité (SBU).
C’est le pétrolier Qendil, battant pavillon omanais, qui a été visé par le SBU en « eaux neutres », à plus de 2.000 kilomètres au large de l’Ukraine. Il était vide de chargement au moment de la frappe et a subi d’importants dommages, a précisé le responsable dans un message écrit.
La Russie contourne les sanctions économiques occidentales en recourant à des navires généralement sous pavillon de complaisance pour exporter son pétrole.
Le Qendil se trouvait à 13h30 GMT au large des côtes libyennes, selon le site MarineTraffic qui permet de suivre en temps réel les déplacements de navires dans le monde.
Le responsable ukrainien, qui s’exprimait sous le sceau de l’anonymat, n’a pas précisé où se trouvait exactement le bâtiment au moment de l’attaque. Il n’a pas non plus indiqué le nombre de drones utilisés, parlant d’une opération « à plusieurs échelles ».
Des images aériennes fournies par la source montrent une explosion de faible ampleur sur le pont d’un pétrolier. Reuters a pu confirmer en examinant des archives que le navire était bien le Qendil mais n’a pu déterminer le moment et le lieu de cette prise de vue.
L’Ukraine, qui vise depuis 2024 des raffineries de pétrole russe, a récemment élargi sa campagne de bombardements à des plates-formes pétrolières en mer Caspienne et a revendiqué l’attaque de trois pétroliers, avec des drones de surface navals, en mer Noire.
Les autorités russes n’ont à ce stade pas commenté l’attaque présumée du Qendil.
Le pétrolier, qui avait appareillé du port d’Oust-Louga, dans la mer Baltique, faisait route vers le port indien de Sikka, montre MarineTraffic.
« Nous comprenons qu’il a fait demi-tour vers un port pour l’heure inconnu », a déclaré une source européenne à Reuters.
(Reportage Tom Balmforth; rédigé par Olena Harmash; version française Claude Chendjou, édité par Sophie Louet et Kate Entringer)
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