L’UE prête à geler les actifs russes aussi longtemps que nécessaire
par Jan Strupczewski
BRUXELLES, 12 décembre (Reuters) – L’Union européenne (UE) devrait donner vendredi son feu vert à l’immobilisation des actifs souverains russes en Europe aussi longtemps que nécessaire, levant ainsi l’un des principaux obstacles à l’utilisation de ces avoirs pour financer l’effort de guerre ukrainien contre la Russie.
Les gouvernements des Vingt-Sept devraient convenir d’ici 16h00 GMT, par un vote à la majorité qualifiée, de geler quelque 210 milliards d’euros « jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de menace immédiate aux intérêts économiques de l’Union », évitant ainsi de devoir renouveler tous les six mois cette immobilisation par un vote à l’unanimité, au risque de se heurter au veto de pays prorusses, à commencer par la Hongrie.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a estimé dans un message sur Facebook que cette initiative causerait des « dommages irréparables » au bloc communautaire. « La Hongrie proteste contre cette décision et fera tout son possible pour rétablir la légalité », a-t-il assuré.
La Banque de Russie a averti vendredi que toute utilisation de ses avoirs serait illégale, promettant de recourir à tous les moyens disponibles pour protéger ses intérêts.
Dans un autre communiqué, la banque centrale russe a dit engager des poursuites contre l’institution financière Euroclear, basée à Bruxelles, qui détient environ 185 milliards d’euros des actifs russes gelés en Europe.
Le dépositaire belge est déjà visé par plusieurs plaintes devant des tribunaux de Moscou depuis le gel des avoirs russes consécutif à l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par les forces russes en février 2022.
RASSURER LA BELGIQUE
La décision attendue des Vingt-Sept doit aider à convaincre la Belgique de soutenir le projet de « prêt de réparation » à l’Ukraine présenté le 3 décembre dernier par la Commission européenne, qui vise à utiliser les avoirs russes gelés pour répondre aux besoins financiers de Kyiv en 2026 et 2027, à hauteur de 165 milliards d’euros au maximum.
Le prêt serait remboursé par l’Ukraine une fois que la Russie accepterait de verser des indemnités de guerre à Kyiv.
La Belgique réclame également un mécanisme de solidarité européen afin de ne pas se retrouver seule face aux menaces de poursuites judiciaires de Moscou.
« La Commission est prête à travailler davantage pour voir comment répondre aux inquiétudes de la Belgique et ce travail est en cours au moment où je vous parle », a déclaré le commissaire européen à l’Economie, Valdis Dombrovskis, lors d’une conférence de presse.
La Commission européenne a également présenté une solution alternative pour financer l’effort de guerre ukrainien, un emprunt communautaire, considéré toutefois avec scepticisme par les pays dits « frugaux » comme l’Allemagne ou les pays nordiques.
Les deux options seront débattues par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE lors du Conseil européen des 18 et 19 décembre.
Selon plusieurs sources diplomatiques européennes, l’Allemagne ne voit pour seule alternative que le prêt de réparation, qu’elle est disposée à garantir à hauteur de 50 milliards d’euros.
« Nous pensons que le prêt de réparation est de loin la meilleure option car il ne pèse pas sur les pays, leurs finances publiques et leurs niveaux d’endettement », a déclaré la ministre des Finances danoise Stephanie Lose, dont le pays occupe actuellement la présidence de l’UE.
« Il reste toujours des inquiétudes auxquelles il faut répondre. Il est normal qu’il y ait une discussion, mais nous continuerons à oeuvrer pour clarifier tous les éléments en espérant être en mesure d’avancer vers une décision lors du Conseil européen de la semaine prochaine », a-t-elle dit à la presse avant une réunion des ministres des Finances de l’UE.
(Jean-Stéphane Brosse pour la version française, édité par Kate Entringer et Sophie Louet)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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