L’Otan condamne le retrait russe du traité CFE, va suspendre sa participation
BRUXELLES (Reuters) – Les pays de l’Otan ont annoncé leur intention de suspendre leur participation au traité CFE limitant les arsenaux conventionnels en Europe aussi longtemps que nécessaire en réaction à la décision de la Russie de se retirer du pacte, annoncée en mai dernier par le président Vladimir Poutine et entrée en vigueur officiellement ce mardi.
« Les pays membres de l’Alliance condamnent la décision prise par la Russie de se retirer du Traité sur les forces armées conventionnelles en Europe (FCE), ainsi que sa guerre d’agression contre l’Ukraine, qui est contraire aux objectifs du Traité. Le retrait de la Russie de ce traité est le dernier épisode en date d’une série d’actions portant systématiquement atteinte à la sécurité euro-atlantique », déclarent-ils dans un communiqué.
« Par conséquent, les Alliés signataires du traité FCE ont l’intention d’en suspendre l’application aussi longtemps que nécessaire, conformément aux prérogatives que leur confère le droit international. Cette décision bénéficie du plein soutien de tous les pays membres de l’Otan », ajoutent-ils.
La Russie s’est formellement retirée mardi du traité CFE en rejetant la responsabilité de cette décision sur les Etats-Unis, Moscou accusant Washington d’avoir sapé l’architecture de sécurité mise en place en Europe après la Guerre froide en favorisant l’expansion de l’Alliance atlantique.
Le ministère russe des Affaires étrangères a estimé que l’entrée de la Finlande dans l’Otan et la candidature de la Suède signifiaient la mort du traité et accusé les pays de l’Alliance d’avoir contourné ouvertement les restrictions fixées par le pacte.
Signé en 1990, le traité CFE fixe des limites vérifiables aux différents types d’armements et équipements militaires conventionnels déployés à la fois par l’Otan et les pays de l’ex-Pacte de Varsovie sur le continent. L’Union soviétique disposait alors de l’arsenal conventionnel le plus important.
(Benoît Van Overstraeten, Guy Faulconbridge et Lidia Kelly, Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Kate Entringer)
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