L’Iran durcit sa position vis-à-vis de négociations avec les Etats-Unis
par Parisa Hafezi et Angus McDowall
DUBAÏ, 24 mars (Reuters) – La position de Téhéran vis-à-vis de négociations avec Washington s’est nettement durcie depuis le début de la guerre lancée le 28 février par les Etats-Unis et Israël, ont déclaré trois sources iraniennes invoquant le renforcement de l’emprise du corps des Gardiens de la Révolution islamique sur l’Iran.
Selon trois personnes haut placées à Téhéran, l’Iran exigera des concessions importantes de la part des États-Unis si les efforts de médiation débouchent sur des discussions sérieuses.
Outre la fin de la guerre, l’Iran pourrait exiger des garanties contre toute action militaire future, une compensation pour les pertes subies pendant la guerre et le contrôle officiel du détroit d’Ormuz, selon les sources.
L’Iran refuserait également de négocier toute limitation de son programme de missiles balistiques, ont-elles précisé.
Ces points constitueraient des lignes rouges pour le président américain Donald Trump dans le cadre de toute négociation, la fin du programme balistique et nucléaire étant une des raisons évoquées par ce dernier pour justifier la guerre.
Donald Trump a déclaré lundi que Washington avait eu des « discussions très, très intenses » avec Téhéran au cours du weekend, des informations démenties dans la foulée par les autorités iraniennes.
Les sources avec lesquelles s’est entretenu Reuters ont déclaré que l’Iran n’avait eu que des discussions préliminaires avec le Pakistan, la Turquie et l’Égypte pour déterminer si les conditions étaient réunies pour des pourparlers avec les États-Unis.
Un responsable européen a déclaré lundi que le Pakistan et les États du Golfe servaient de relais entre Téhéran et Washington, ajoutant qu’il n’y avait pas eu de négociations directes entre les deux capitales.
Un responsable pakistanais et une deuxième source ont également déclaré lundi que des pourparlers directs sur la fin de la guerre pourraient avoir lieu à Islamabad cette semaine.
Si de telles discussions étaient organisées, le président du Parlement iranien, Mohammad Baqer Qalibaf, et le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, y assisteront, ont dit les sources.
Elles soulignent toutefois que toute décision reviendrait en dernier ressort au Corps des gardiens de la révolution islamique, partisan de la ligne dure.
Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a déclaré mardi être disposé à accueillir des pourparlers de paix entre les Etats-Unis et l’Iran pour mettre fin au conflit.
DOUTES SUR LA POSSIBILITÉ D’UN ACCORD – SOURCES ISRAÉLIENNES
Si Donald Trump semble déterminé à conclure un accord, il est peu probable que Téhéran accepte les exigences américaines, ont déclaré trois responsables israéliens, qui incluent selon eux la fin des programmes de missiles balistiques et nucléaires de l’Iran.
Les missiles balistiques et la fermeture de fait du détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, sont les nerfs de guerre de Téhéran dans sa riposte aux bombardements américains et israéliens.
L’Iran n’y renoncerait sous aucun prétexte, ne voulant pas se retrouver sans défense, estiment ainsi les analystes.
Des négociations seront par ailleurs avec scepticisme par les représentants iraniens, l’Iran ayant été attaquée par les Etats-Unis et l’Etat hébreu alors même que des pourparlers étaient en cours entre Téhéran et l’Occident.
Téhéran pourrait aussi être réticent à un accord, Israël bombardant à répétition Gaza et le Liban malgré des accords de cessez-le-feu.
Les préoccupations internes en Iran limitent également la marge de manœuvre de Téhéran dans les négociations, ont déclaré des sources iraniennes de haut rang.
Le poids croissant des Gardiens de la révolution, l’incertitude au sommet du système – le nouveau Guide suprême Mojtaba Khamenei n’étant pas encore apparu sur des photos ou des vidéos depuis sa nomination – et le discours public sur la résilience face à la guerre, pourraient peser sur tout pourparlers.
(Reportage Parisa Hafezi, rédigé par Angus McDowall, version française Etienne Breban, édité par Benoit Van Overstraeten)
POURQUOI SOUTENIR LE JOURNAL CHRÉTIEN ?
Lancé le 10 février 2003, le Journal Chrétien est historiquement le premier média pure player chrétien francophone, c’est-à-dire un média d'information et d'opinion d'inspiration chrétienne qui diffuse ses contenus exclusivement sur Internet, sans édition papier.Caractéristiques principales du Journal Chrétien :
- Pionnier du web : Lancé le 10 février 2003, le Journal Chrétien s'est imposé comme le précurseur de l'information chrétienne francophone en continu 24h/24 sur internet.
- Indépendance éditoriale : Le Journal Chrétien est un média indépendant qui n'appartient à aucun grand groupe industriel ni aucune église en particulier, et ne reçoit aucune aide financière de l'État.
- Modèle économique : Afin de préserver sa gratuité et sa liberté de ton face aux conflits d'intérêts, le Journal Chrétien s'appuie largement sur le soutien et le financement participatif de sa communauté de lecteurs.
- Ligne éditoriale : Le Journal Chrétien propose un traitement de l'actualité généraliste et religieuse quotidienne à travers le prisme des valeurs chrétiennes. Ses publications visent à éclairer les consciences pour promouvoir une société fraternelle et juste. Ses rubriques couvrent le suivi de l'actualité des chrétiens dans le monde, la vie des églises, ainsi que des analyses de fond.
- Format numérique : En tant que service de presse en ligne, il utilise des contenus web natifs tels que des articles écrits par ses journalistes dans des sections thématiques (politique, économie, sport, société, Sciences et technologies) et des dépêches d’agences de presse.
- Editeur de la chaîne de télévision chrétienne protestante Chrétiens TV qui est diffusée sur le canal 483 de l'opérateur Free.
- Reconnaissance officielle : Le titre est reconnu comme un service de presse en ligne par la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP) du Ministère de la Culture. Il est également membre du Syndicat de la presse indépendante d'information en ligne (SPIIL).
Il fait partie des sources d’information officielles de Google Actualités ou Google News depuis 2006.
Le site internet officiel du média est accessible à l'adresse chretiens.com.
Alors si vous estimez comme nous que notre plateforme chrétienne est indispensable, nous vous implorons de continuer à nous soutenir sur https://www.jefaisundon.com


