L’Europe incapable de suppléer aux dysfonctionnements de Starlink en Ukraine
par Vaishnavi Hajari, Gianluca Lo Nostro et Cassell Bryan-Low
15 octobre (Reuters) – A cours d’une semaine où l’Ukraine a dû faire face à des restrictions du réseau satellitaire Starlink et à l’absence de données américaines la renseignant de l’imminence de frappes de missiles balistiques russes, Kyiv se rend à l’évidence que l’Europe n’est pas en mesure d’offrir la moindre alternative.
L’Ukraine s’est plainte mercredi que la fonctionnalité « en mouvement » de Starshield, la version militaire de Starlink, qui permet d’assurer une connexion haut débit à bord des équipements militaires en déplacement rapide ait été limitée au-delà de 160 km/heure, perturbant les opérations militaire.
Les terminaux internet par satellite de SpaceX, société dirigée par le milliardaire Elon Musk, proche du président américain Donald Trump, sont indispensables pour guider les frappes de drones à longue portée menées par l’Ukraine.
De son côté, le président ukrainien Volodimir Zelensky a déclaré en début de semaine que, à deux reprises, l’Ukraine n’avait reçu aucun avertissement de ses alliés concernant une attaque russe de missile balistique sur Kyiv.
Une source au sein du ministère ukrainien de la Défense a rapporté jeudi que le réseau Starshield en Ukraine avait été pleinement rétabli.
Les raisons du dysfonctionnement de Starlink n’ont pas été établies clairement dans l’immédiat, mais il est intervenu dans un contexte de tensions croissantes entre Kyiv et Washington, à la suite de l’annonce par Donald Trump d’un accord sur la livraison de diesel avec la Russie et des appels du président américain à la démission de son homologue ukrainien.
Donald Trump avait cependant assuré mardi que les Etats-Unis continueraient le partage d’informations avec l’Ukraine.
Elon Musk a pour sa part précisé que la vitesse des systèmes satellitaires était contrôlée par le gouvernement américain.
« Toute limitation de débit ou d’utilisation est décidée par l’armée américaine et en fin de compte par le président américain », a-t-il sur le réseau social X, également aux mains du milliardaire.
Les Européens ont manifesté leur soutien à l’Ukraine et à son président, mais les dysfonctionnements de Starlink ont mis en lumière la dépendance de Kyiv et de l’Europe aux systèmes américains tant pour les communications par satellite en orbite basse — assurées par SpaceX via Starlink — que pour la télédétection infrarouge spatiale qui alimente les systèmes d’alerte précoce.
Un système spatial de surveillance américain baptisé Space-Based Infrared System fournit des alertes précoces de tirs de missiles balistiques.
« C’est relativement unique (…) il peut détecter la chaleur générée par les missiles quand ils sont lancés », explique Marc DeVore, chercheur associé au groupe de réflexion Chatham House. « Il n’existe rien d’équivalent en Europe. »
PAS D’ALTERNATIVE EUROPÉENNE À STARLINK
Quant à Starlink, l’Europe ne possède pas d’alternative prête à l’emploi que l’armée ukrainienne pourrait utiliser pour relier ses drones, même si les gouvernements et entreprises du Vieux Continent travaillent sur des options à long terme.
Pour Christian Freiherr von der Ropp, consultant indépendant spécialisé dans le secteur spatial, le réseau OneWeb d’Eutelsat, fabricant européen de satellites, n’est pas adapté en temps de guerre.
« Sa configuration actuelle repose toujours sur une architecture et une technologie obsolètes, conçues il y a une dizaine d’années, sans aucune évolution de sa conception sous-jacente », fait-il remarquer.
« Les contraintes de capacité et de performances, associées au coût, au poids, à l’encombrement et à la consommation électrique de ses terminaux utilisateurs, limitent son adéquation aux applications de première ligne. »
Un passage vers le système Eutelsat impliquerait également le remplacement de milliers de terminaux, ceux de Starlink et Starshield utilisant une technologie incompatible avec OneWeb, ajoute Christian Freiherr von der Ropp.
Un porte-parole d’Eutelsat a déclaré à Reuters que l’entreprise continuait de fournir des services à l’Ukraine à travers ses réseaux en orbite terrestre basse et en orbite géostationnaire en coordination avec ses partenaires.
L’interruption soudaine des services Starshield « montre à presque tous les utilisateurs en Ukraine comme à l’étranger que vous ne pouvez pas vous reposer sur une seule solution qui peut être débranchée », souligne Bohdan Sas, co-fondateur de la startup ukrainienne spécialisée dans les technologies de défense Buntar Aerospace.
« Vous avez besoin d’une certaine forme de capacités souveraines », ajoute-t-il, afin de « ne pas être à la merci des caprices de quelqu’un ».
La peur d’une dépendance trop importante à la technologie américaine a émergé ces dernières années en Europe face aux menaces brandies par Donald Trump de quitter l’Otan.
Le commissaire européen à la Défense Andrius Kubilius a reconnu cette semaine que le Vieux Continent était « assez dépendant des capacités spatiales américaines », ajoutant que la réponse à cette situation pouvait être la constellation de satellites européenne IRIS².
Mais ce projet ne sera pas opérationnel avant plusieurs années, suscitant de la frustration chez plusieurs dirigeants européens.
(Avec la contribution de Joey Roulette et Daniel Flynn; version française Zhifan Liu, édité par Benoit Van Overstraeten)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
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3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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