Les USA restent engagés dans l’Otan, mais l’Europe doit investir davantage-Rubio
par Lili Bayer et Daphne Psaledakis
BRUXELLES (Reuters) – Les Etats-Unis restent plus engagés que jamais dans l’Otan mais demandent à leurs alliés européens d’augmenter de manière significative leurs dépenses de défense, a déclaré jeudi le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio, ajoutant que Washington accorderait pour ce faire du temps à l’Europe.
Le chef de la diplomatie américaine a tenu ces propos à l’occasion d’une réunion à Bruxelles des ministres des Affaires étrangères des pays de l’Otan, dont certains représentants européens ont dit qu’elle avait permis d’apaiser les doutes concernant la position de Washington à l’égard de l’alliance transatlantique, dans un contexte de tensions croissantes avec les nouveaux droits de douane annoncés par Donald Trump.
Les avertissements répétés du président américain visant les Européens, sommés d’investir plus pour leur défense, ont interrogé sur l’avenir de l’Otan et l’architecture de sécurité du continent, mise en place il y a 75 ans, en lien étroit avec Washington.
Marco Rubio a décrit jeudi comme de l' »hystérie » les doutes à propos de l’engagement américain dans le cadre de l’Alliance, déclarant devant les journalistes que les Etats-Unis « sont dans l’Otan ».
« Les Etats-Unis sont aussi actifs dans l’Otan qu’ils ne l’ont jamais été », a-t-il ajouté.
Donald Trump n’est « pas opposé à l’Otan », a poursuivi le secrétaire d’Etat américain. « Il est contre une Otan qui n’a pas les capacités dont elle a besoin pour remplir ses obligations que le traité impose à chacun des Etats membres ».
Comme il l’avait déjà fait durant son premier mandat présidentiel, Donald Trump réclame des investissements plus importants de la part des membres de l’Otan – il dit vouloir pour chacun un montant représentant 5% de son produit intérieur brut (PIB) national, contre un objectif actuel de 2%. Aucun des pays de l’alliance, ni même les Etats-Unis, ne dépense autant pour sa défense.
Par ailleurs, Washington a fait comprendre sans détour aux Européens que la sécurité du continent n’était plus sa priorité principale.
« LE CHEMIN (VERS LES 5%) DOIT ÊTRE RÉEL »
Les alliés européens des Etats-Unis attendent depuis des semaines, avec angoisse, des détails sur le calendrier et l’ampleur du désengagement américain de l’Otan, pour pouvoir ainsi coordonner un renforcement des structures de défense en Europe et éviter toute faille sécuritaire sur le continent.
Marco Rubio a apporté jeudi des éléments de réponse à ces interrogations. « Nous ne voulons pas repartir avec une entente sur le fait que nous sommes sur la voie, réaliste, que chacun des membres s’engage et réalise une promesse d’atteindre 5% de dépense », a-t-il dit, précisant que cela incluait les Etats-Unis. « Personne ne s’attend à ce que vous soyez en mesure de faire cela sous un an ou deux. Mais le chemin doit être réel. »
Un représentant européen, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a qualifié les discussions avec Marco Rubio de « très rassurantes ». « La réunion n’a pas été conflictuelle. Simplement, (il en ressort) que les alliés doivent faire plus. Aucun dénigrement », a-t-il dit.
Atteindre le seuil des 5% de dépenses de défense semble toutefois très délicat pour de nombreux membres de l’Otan, même s’il était attendu que les ministres européens des Affaires étrangères utilisent cette réunion pour exposer leurs projets de renforcement des dépenses de défense du continent.
D’après des estimations de l’Otan, 23 des 32 membres de l’alliance transatlantique ont atteint ou dépassé l’an dernier l’objectif de dépense de 2% du PIB. Certaines des principales économies européennes, comme l’Italie et l’Espagne, étaient toutefois en-dessous de cet objectif (respectivement 1,5% et 1,3%).
Le ministre portugais des Affaires étrangères, Paulo Rangel, a déclaré devant les journalistes que « pour l’heure, 5% est probablement trop élevé », notant que le Portugal devait d’abord atteindre les 2% – contre 1,55% de son PIB l’an dernier – puis, dans un second temps, établir un plan vers le nouvel objectif qui sera fixé ultérieurement par l’Alliance.
(Sabine Siebold, Andrew Gray, Lili Bayer, Daphne Psadelakis, Ingrid Melander, Benoit Van Overstraeten et Bart Meijer; version française Jean-Stéphane Brosse et Jean Terzian, édité par Sophie Louet et Benjamin Mallet)
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