Les forces de sécurité multiplient les arrestations
par Parisa Hafezi
DUBAÏ 29 janvier (Reuters) – Les forces de sécurité iraniennes ont interpellé des milliers de personnes dans le cadre d’une vaste campagne d’arrestations et d’intimidation destinée à décourager toute nouvelle mobilisation après l’écrasement des troubles les plus meurtriers depuis la Révolution islamique, ont confié plusieurs sources à Reuters.
Déclenchées le mois dernier au Grand Bazar de Téhéran, des manifestations d’ampleur ont ravivé des griefs longtemps contenus et ont rapidement évolué en la menace la plus grave pour la théocratie chiite iranienne depuis près de cinq décennies.
Les autorités ont considérablement restreint l’accès à internet et ont étouffé le mouvement par une répression qui a fait des milliers de morts, selon des groupes de défense des droits humains. Téhéran impute les violences à des « terroristes armés » liés à Israël et aux États-Unis.
Dans les jours suivants, les forces de sécurité en civil ont lancé une campagne d’arrestations massives, accompagnée d’un renforcement visible de leur présence dans les rues, ont témoigné cinq militants qui s’exprimaient sous le sceau de l’anonymat depuis l’intérieur de l’Iran.
Selon eux, les personnes interpellées ont été transférées dans des lieux de détention secrets.
« Ils arrêtent tout le monde », a déclaré l’un de ces militants. « Personne ne sait où ils sont emmenés ni où ils sont détenus. Avec ces arrestations et ces menaces, ils tentent d’injecter la peur dans la société. »
Des récits similaires ont été livrés à Reuters par des avocats, des médecins, des témoins ainsi que par deux responsables iraniens s’exprimant eux aussi sous le sceau de l’anonymat pour éviter des représailles des services de sécurité.
Selon ces sources, ces rafles semblent viser à empêcher toute résurgence significative de la contestation en diffusant un climat de peur, alors même que le pouvoir religieux est confronté à une pression extérieure croissante.
L’éventualité d’une action militaire contre la République islamique persiste depuis que le président américain Donald Trump a déclaré la semaine dernière qu’une « armada » faisait route vers le pays, tout en disant espérer ne pas avoir à l’utiliser.
Donald Trump a évoqué ces derniers jours un renforcement de la pression militaire et diplomatique sur l’Iran, sans toutefois annoncer de déploiement naval majeur.
Mercredi, Donald Trump a durci le ton en exigeant que l’Iran négocie des limitations à son programme nucléaire, avertissant qu’une future attaque américaine serait « bien pire » qu’une journée de frappes aériennes menées en juin dernier contre trois sites nucléaires.
Plusieurs sources occidentales et moyen-orientales ont confié à Reuters cette semaine que Donald Trump examinait plusieurs options contre l’Iran, dont celle de frappes ciblées contre les forces de sécurité et des dirigeants afin d’encourager les manifestants, même si des responsables israéliens et arabes ont souligné que la seule puissance aérienne ne suffirait pas à renverser le pouvoir clérical.
ARRESTATIONS TOUS AZIMUTS
Selon l’une des sources de Reuters, les forces de sécurité interpellent non seulement des personnes soupçonnées d’avoir participé aux récents troubles, mais également celles qui ont été arrêtées lors de manifestations les années précédentes, « même si elles n’ont pas participé cette fois-ci. Des membres de leurs familles » sont également visés.
Le dernier bilan des décès compilé par le groupe de défense des droits humains HRANA, basé aux États-Unis, fait état de 6.373 décès, dont 5.993 manifestants, 214 membres des forces de sécurité, 113 mineurs et 53 passants. Le nombre d’arrestations s’élève à 42.486, selon cette même source.
Des responsables du pouvoir judiciaire ont averti que « les auteurs de sabotages, d’incendies de biens publics et ceux impliqués dans des affrontements armés avec les forces de sécurité » pourraient être condamnés à la peine de mort.
CENTRES DE DETENTIONS SECRETS
Deux responsables iraniens ont confirmé à Reuters que des milliers d’arrestations ont été menées ces derniers jours. Selon eux, de nombreux détenus sont retenus dans des centres de détention non officiels, « y compris des entrepôts et d’autres sites improvisés », tandis que la justice traite rapidement les dossiers.
Les autorités iraniennes n’ont pas commenté publiquement le nombre d’arrestations ni précisé où sont détenues les personnes arrêtées en lien avec les troubles. Les autorités ont déclaré le 21 janvier que 3.117 personnes avaient été tuées lors des violences, dont 2.427 civils et membres des forces de sécurité.
Les arrestations se poursuivent à travers tout le pays, des petites villes à la capitale, ont raconté des témoins et des militants.
« Ils ont arrêté mon frère et mon cousin il y a quelques jours », a témoigné un habitant du nord-ouest de l’Iran ayant requis l’anonymat. « Ils ont fait irruption chez nous en civil, fouillé toute la maison et emporté tous les ordinateurs portables et les téléphones. Ils nous ont avertis que si nous rendions cela public, ils nous arrêteraient tous. »
DES FAMILLES PANIQUÉES
Plus de 60% des 92 millions d’habitants de l’Iran ont moins de 30 ans. Bien que les dernières manifestations aient été étouffées par les forces de sécurité, une répression persistante exposera le pouvoir religieux à de nouvelles vagues de protestation à terme, veulent croire des militants des droits humains.
Trois avocats iraniens ont confié à Reuters que des dizaines de familles les avaient sollicités ces derniers jours pour obtenir de l’aide concernant des proches détenus.
« De nombreuses familles viennent nous demander une assistance juridique pour leurs enfants détenus », a expliqué l’un d’eux. « Certaines des personnes arrêtées ont moins de 18 ans, des garçons et des filles. »
Les organisations de défense des droits humains affirment depuis longtemps que les organes de sécurité iraniens utilisent des centres de détention informels lors de périodes de troubles majeurs, y retenant des détenus pendant de longues périodes sans accès à un avocat ni à leur famille.
Cinq médecins ont confié à Reuters que des manifestants blessés avaient été extraits d’hôpitaux par les forces de sécurité et que des dizaines de médecins avaient été convoqués par les autorités ou avertis de ne pas venir en aide aux manifestants blessés.
« Ils ont arrêté de nombreux médecins et infirmiers qui ont aidé des manifestants blessés (…) Ils arrêtent tout le monde », a déclaré l’un des médecins.
(Parisa Hafezi, version française Nicolas Delame, édité par Sophie Louer)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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