Les Européens en soutien de Zelensky face aux pressions de Trump sur l’Ukraine
par Max Hunder
KYIV (Reuters) – Volodimir Zelensky rencontrera Donald Trump lundi à Washington avec plusieurs dirigeants européens venus faire bloc avec lui de peur que le président américain ne cherche à acculer son homologue ukrainien à accepter un plan de paix favorable à Moscou.
Les dirigeants du Royaume-Uni, d’Allemagne, de France, d’Italie, de Finlande et de l’Otan espèrent pouvoir appuyer la position de Volodimir Zelensky à un moment crucial pour tenter de mettre fin au conflit le plus meurtrier qu’ait connu l’Europe depuis 80 ans et éviter une répétition de la dernière rencontre houleuse entre le président ukrainien et Donald Trump en février à la Maison blanche.
Donald Trump rencontrera d’abord Volodimir Zelensky à 13h15 heure locale (17h15 GMT) dans le Bureau ovale puis tous les dirigeants européens à 15h00 (19h00 GMT), a fait savoir la Maison blanche.
Après son sommet de vendredi en Alaska avec le président russe Vladimir Poutine, le président américain avait appelé à un accord pour mettre fin à 42 mois de guerre qui ont fait plusieurs dizaines de milliers de morts et des millions de réfugiés.
« La Russie est une très grande puissance, pas eux », avait-il dit des Ukrainiens à l’issue du sommet.
Volodimir Zelensky a cependant déjà rejeté les grandes lignes des propositions faites par le chef du Kremlin à ce sommet, notamment que l’Ukraine cède le reste de sa région orientale de Donetsk, dont Moscou contrôle déjà le quart.
« Nous avons besoin de réelles négociations, ce qui signifie que nous pouvons démarrer où la ligne de front se situe maintenant », a dit le président ukrainien dimanche à Bruxelles, ajoutant que la constitution de son pays lui interdisait de céder le moindre territoire.
Plus inquiétant pour Volodimir Zelensky est le fait que Donald Trump, jusqu’ici favorable à la proposition de Kyiv pour un cessez-le-feu immédiat avant d’engager en profondeur des pourparlers de paix, ait changé de position après le sommet en Alaska et indiqué soutenir l’approche russe en faveur d’un accord global sans autre préambule.
« Je remercie le président des États-Unis pour son invitation. Nous souhaitons tous mettre fin à cette guerre rapidement et de façon fiable », a déclaré Volodimir Zelensky sur la messagerie Telegram après son arrivée à Washington dimanche soir.
« La Russie doit mettre fin à cette guerre – la guerre qu’elle a déclenchée. Et j’espère que notre force commune avec l’Amérique et nos amis européens conduira la Russie vers une paix durable. »
Les propositions de Vladimir Poutine pour un accord de paix semblent inacceptables aux yeux de Kyiv car les villes et collines de la région de Donetsk constituent une ligne de défense cruciale pour l’Ukraine face aux assauts russes.
QUELLES GARANTIES DE SECURITE?
L’Ukraine et ses alliés européens demandent que tout accord de paix prévoie des garanties de sécurité suffisantes pour éviter que la Russie, qui s’est emparée de la péninsule ukrainienne de Crimée en 2014 avant de lancer une invasion plus large de son voisin en 2022, ne l’attaque à nouveau à l’avenir.
Donald Trump pourrait offrir une protection inspirée de celle de l’Otan, une idée à laquelle la Russie est ouverte. L’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord considère toute attaque contre un des 32 membres de l’Otan comme une attaque contre tous. Une garantie de sécurité de cette envergure pourrait être offerte à l’Ukraine à la place d’une adhésion de Kyiv à l’Otan, dont la Russie ne veut pas.
Les alliés européens de l’Ukraine ont organisé dimanche une visioconférence pour convenir d’une stratégie commune et présenter un front uni en prévision de la rencontre de lundi avec Donald Trump.
« Il est important que les Européens soient là: (Trump) les respecte, il se comporte différemment en leur présence », indique à Reuters Oleksandr Merezhko, un député ukrainien membre du parti au pouvoir de Volodimir Zelensky.
Sur CBS, le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a rejeté l’idée que les dirigeants européens viennent à Washington pour protéger Volodimir Zelensky. « Ils ne viennent pas demain pour éviter que Volodimir Zelensky se fasse rudoyer, ils viennent ici demain parce que nous avons travaillé avec les Européens. Nous les avons invités. »
La semaine s’annonce intense sur le plan diplomatique comme sur les places financières, avec sur les marchés des arbitrages attendus notamment sur les valeurs de la défense et de l’énergie. En marge du dossier ukrainien, un rapprochement entre Washington et Moscou pourrait en effet donner un coup d’envoi à l’exploitation des vastes ressources énergétiques inexploitées de l’Arctique et inciter l’Europe à renforcer rapidement ses dépenses de défense pour s’adapter à la nouvelle donne géopolitique.
A l’issue de la visioconférence avec les autres alliés européens de l’Ukraine, Emmanuel Macron a souligné que la sécurité de Kyiv, mais aussi de toute l’Europe, était en jeu, et il a appelé à ne pas faire preuve de faiblesse face à la Russie sous peine de préparer les « conflits de demain ».
Il a ensuite répété ce message en filigrane de la cérémonie commémorant la libération de la Provence en août 1944. « La guerre est revenue en Europe, et ceux qui pensent qu’elle est très loin et qu’elle ne nous concerne pas sont les mêmes somnambules que ceux d’hier », a-t-il dit. « Ceux qui pensent qu’on peut être libres en continuant de vivre comme s’il n’y avait pas (…) un monde de prédateurs à nos portes sont ceux qui (…) préparent la défaite de demain. »
(Max Hunder; version française Gilles Guillaume, édité par Blandine Hénault)
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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