Le roi des Belges dit à la RDC ses regrets pour la colonisation, sans excuses
par Benoit Nyemba
KINSHASA (Reuters) – Le roi Philippe a renouvelé mercredi lors d’un discours à Kinshasa ses profonds regrets pour l’exploitation, le racisme et les violences infligés lors de la domination coloniale belge en République démocratique du Congo (RDC), tout en s’abstenant une nouvelle fois de présenter des excuses officielles.
En 2020, Philippe est devenu le premier roi des Belges à exprimer ses regrets pour les « souffrances et humiliations » infligées par l’ancienne puissance coloniale en RDC et certains Congolais espéraient qu’il profiterait de sa première visite officielle dans le pays depuis son accession au trône en 2013 pour présenter des excuses.
« Bien que de nombreux Belges se soient sincèrement investis, aimant profondément le Congo et ses habitants, le régime colonial comme tel était basé sur l’exploitation et la domination », a dit le roi Philippe devant les élus des deux chambres du Parlement congolais réunis à Kinshasa, la capitale de la RDC.
Le régime colonial était basé sur « une relation inégale, injustifiable (…) marquée par le paternalisme, les discriminations et le racisme », a-t-il poursuivi, ce qui « a donné lieu à des exactions et des humiliations ».
« Je désire réaffirmer mes plus profonds regrets pour ces blessures du passé. »
Selon certaines estimations, jusqu’à 10 millions de Congolais ont été tués ou sont morts de faim ou de maladie lors des vingt-trois années durant lesquelles, de 1885 à 1908, le roi Léopold II s’était octroyé le pays à titre personnel, avant de céder le Congo à la Belgique, jusqu’à l’indépendance en 1960.
Malgré l’absence d’excuses, le roi Philippe a reçu un accueil chaleureux de la part du président congolais Félix Tshisekedi et de nombreux responsables politiques de RDC. La foule a agité des drapeaux belges à l’occasion de cette visite et une banderole a été déployée sur le Palais du Peuple, où siègent les parlementaires, avec l’inscription « Une histoire commune ».
Arrivé mardi en compagnie de son épouse Mathilde et du Premier ministre Alexander De Croo pour une visite d’une semaine qui le conduira également à Bukavu et Lubumbashi, dans l’est de la RDC, le souverain a aussi remis mercredi au directeur du Musée national de Kinshasa un masque kakuungu de l’ethnie Suku détenu depuis des décennies par le Musée royal de l’Afrique centrale de Belgique, dans le cadre d’un « prêt de longue durée ».
« Je suis ici pour vous rendre cette oeuvre exceptionnelle afin de permettre aux Congolais de la découvrir et de l’admirer », a déclaré le roi Philippe au côté de Félix Tshisekedi. « Il marque le début symbolique du renforcement de la collaboration culturelle entre la Belgique et la RDC. »
(Reportage Benoit Nyemba et Nellie Peyton; rédigé par Aaron Ross; version française Alizée Degorce et Bertrand Boucey, édité par Jean-Stéphane Brosse)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
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3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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