Le président yéménite annonce une offensive d’envergure contre les Houthis
Le président yéménite, dont le gouvernement est soutenu par l’Arabie saoudite, a annoncé dimanche le lancement d’une vaste opération militaire contre les rebelles houthis pro-iraniens, visant à reprendre le contrôle des territoires qu’ils occupent.
« Aujourd’hui, j’annonce le lancement d’opérations militaires visant à reprendre le reste du territoire de la République et à étendre l’autorité de l’Etat et de ses institutions à l’ensemble du territoire national », a déclaré Rachad al Alimi dans une allocution télévisée.
Des responsables régionaux et occidentaux ont dit il y a quelques jours à Reuters que l’Arabie saoudite et ses alliés yéménites prévoyaient cette offensive contre les Houthis, les Saoudiens s’occupant des combats aériens et les forces yéménites combattant au sol.
De leur côté, les Houthis ont annoncé ce dimanche avoir lancé des drones et des missiles balistiques sur des sites d’Aramco, la compagnie pétrolière nationale de l’Arabie saoudite, dans les régions de Ryad et de Khurais.
Ils ont précisé que ces attaques, qui ont provoqué de gigantesques incendies, étaient des représailles contre, selon eux, 50 frappes menées contre le Yemen au cours des 12 dernières heures par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite.
Ryad n’a pas confirmé à ce stade les attaques revendiquées par les Houthis.
Selon Rachad al Alimi, la décision de lancer cette contre-offensive a été prise après l’épuisement de toutes les possibilités de désescalade, la président yéménite accusant les Houthis d’avoir répondu aux efforts visant à apaiser le conflit par une mobilisation accrue et une escalade.
« Notre position aujourd’hui est d’assumer la responsabilité nationale de faire face aux Houthis, après que toutes les possibilités de désescalade ont été épuisées », a-t-il déclaré.
Rachad al Alimi a dit avoir ordonné aux forces armées, aux forces de sécurité et à toutes les formations militaires de commencer à exécuter les missions qui leur ont été confiées, conformément aux plans approuvés.
L’IMPORTANCE DE TAÏZ, TROISIÈME VILLE DU PAYS
La reprise du conflit au Yemen a provoqué le déplacement de dizaines de milliers de personnes et pourrait redessiner le paysage politique, avec des répercussions sur les voies maritimes de la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb, autre axe vital pour le transport maritime mondial d’hydrocarbures.
Les Houthis, qui se sont emparés en septembre 2014 de la capitale yéménite Sanaa, résultat d’un complexe jeu d’alliances sur fond de guerre civile, résistent depuis plus de dix ans à une coalition mise sur pied par l’Arabie saoudite, en s’appuyant sur un arsenal de drones et missiles balistiques constitué avec l’aide de Téhéran.
Une trêve conclue sous l’égide des Nations unies entre les parties belligérantes en 2022 a globalement tenu jusqu’à cette année, quand les Houthis ont commencé à lancer des attaques contre le transport maritime et les infrastructures pétrolières saoudiennes, en réaction à l’attaque lancée le 28 février par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran.
Les Houthis, qui contrôlent les zones les plus peuplées du Yémen et une grande partie du nord du pays dont la capitale Sanaa, ont lancé plusieurs attaques contre l’Arabie saoudite – alliée des Etats-Unis – et en mer Rouge depuis leur annonce en juillet dernier d’un blocus maritime des ports saoudiens.
Malgré les préparatifs d’une contre-offensive, les Houthis ont jusqu’à présent conservé l’initiative sur le terrain, et ce plusieurs semaines après s’être emparés du détroit de Bab el-Mandeb lors d’une offensive éclair le long de la côte.
Ce détroit, la sortie sud de la mer Rouge, est une voie maritime clé entre la Méditerranée et l’Asie et elle a pris encore plus d’importance, depuis le début de la guerre déclenchée le 28 février contre l’Iran, en tant qu’alternative au détroit d’Ormuz, puisque ce dernier a de fait été fermé par Téhéran.
Au cours des dernières 48 heures, les Houthis ont réalisé des avancées face aux forces gouvernementales et locales sur des collines stratégiques près de Taïz, dans le sud-ouest du Yémen, ont dit des sources militaires.
Les Houthis ont ainsi progressé sur la dernière route reliant la ville à Aden, où est basé le gouvernement yéménite soutenu par l’Arabie saoudite.
La prise de contrôle par les Houthis de la route Taïz-Aden entraînerait un siège de fait de Taïz, troisième plus grande ville du Yémen, où vivent des centaines de milliers de civils et où sont également stationnés des milliers de soldats des forces gouvernementales.
La ville revêt une importance qui ne tient pas uniquement à sa position stratégique: le président yéménite Rachad al Alimi est originaire de cette région et un siège de Taïz exacerberait une situation humanitaire déjà désastreuse dans le pays.
La famine au Yémen s’aggrave, avec un nombre record d’habitants incapables de subvenir à leurs besoins alimentaires, alors que le conflit avec l’Arabie Saoudite s’intensifie, a déclaré vendredi le Programme alimentaire mondial (PAM).
(Reportage Eman Abouhassira et Timour Azhari; version française Claude Chendjou et Benoit Van Overstraeten)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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