Le Mondial qatari parachève le retour de « MbS » sur la scène internationale
par Angus McDowall et Maya Gebeily
DOHA (Reuters) – La présence de Mohamed ben Salmane dans la tribune d’honneur du match d’ouverture de la Coupe du monde de football, dimanche au Qatar, parachève un retour remarqué du prince héritier saoudien sur la scène internationale, auquel le onze du royaume a ajouté une victoire sportive de prestige mardi face à l’Argentine.
Face à la crise énergétique mondiale, à la guerre en Ukraine et aux tensions entre les Etats-Unis et la Chine, le centre de gravité de la géopolitique mondiale s’est à nouveau déplacé au profit du premier exportateur mondial de pétrole.
Le gouvernement américain a annoncé la semaine dernière que le prince héritier, dirigeant de facto du royaume wahhabite, bénéficiait de l’immunité judiciaire face aux poursuites engagées aux Etats-Unis pour le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, tué par des agents saoudiens dans les locaux du consulat d’Arabie à Istanbul en 2018.
Washington a également réaffirmé publiquement son engagement à garantir la sécurité du royaume face à d’éventuelles menaces iraniennes.
Le prince héritier, que Joe Biden accusait il y a encore quelques semaines de mauvaise foi lors de discussions sur la politique pétrolière saoudienne et les cours du brut, semble ainsi avoir apaisé la colère de Washington.
Le président américain avait déjà notoirement reculé en se rendant en juillet dans le royaume, rompant sa promesse de traiter « MbS » en « paria » sur la scène internationale en raison du meurtre de Jamal Khashoggi.
Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a toutefois assuré mardi que les Etats-Unis poursuivaient leur réexamen des relations avec l’Arabie saoudite.
En novembre, Mohamed ben Salmane est apparu à la COP27 en Egypte, au sommet du G20 à Bali et à celui de l’Apec à Bangkok, avant de se rendre au Qatar, pays qu’il envisageait d’envahir en 2017, selon d’anciennes déclarations de responsables de l’émirat.
Le prince héritier saoudien a rencontré le président français Emmanuel Macron à Paris en juillet et recevra prochainement le président chinois Xi Jinping à Ryad.
RÉVEIL TARDIF
Aux yeux de l’élite dirigeante saoudienne, la colère occidentale face au meurtre de Khashoggi est motivée par des arrière-pensées politiques et considérée comme une manière de faire pression sur le royaume, observe Abdoulaziz al Sager, président du Centre de recherches du Golfe à Djeddah.
« Les Etats-Unis ont essayé de limiter l’importance et le rôle du royaume régionalement et internationalement, mais ils ont découvert d’abord que cet objectif était inatteignable et ensuite que cela nuisait à leurs propres intérêts », estime-t-il, ajoutant que les Etats-Unis s’abstiennent désormais de prendre des positions négatives à l’encontre du royaume.
Quand les Etats-Unis se sont déclarés inquiets, ce mois-ci, d’une menace de l’Iran envers l’Arabie saoudite et ajouté qu’ils n’hésiteraient pas à défendre le royaume, beaucoup de diplomates y ont vu avant tout un message américain visant à rassurer Ryad.
Un haut responsable du Pentagone, Colin Kahl, a déclaré à la presse que l’Iran s’apprêtait à mener une attaque comparable à celle de 2019 contre les installations pétrolières saoudiennes mais que les initiatives de Washington, notamment le repositionnement de systèmes de défense de missiles, pourraient l’en avoir dissuadé.
« Les mesures américaines qui ont accompagné cette mise en garde pourraient indiquer un réveil tardif de l’approche américaine vis-à-vis de la politique agressive et expansionniste de l’Iran dans la région », déclare Abdoulaziz al Sager.
DESPOTE
Les liens entre l’Arabie saoudite et les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux n’en demeurent pas moins encore très abîmés.
Le boom du pétrole de schiste aux Etats-Unis depuis le début du siècle a permis à Washington de prendre ses distances avec un allié dont la politique intérieure le met mal à l’aise.
La position des Occidentaux face aux printemps arabes du début des années 2010 et la conclusion de l’accord sur le nucléaire iranien en 2015 malgré les avertissements de Ryad ont conduit l’Arabie saoudite à se persuader que Washington renonçait au parapluie de sécurité du Golfe. Quand le royaume est intervenu militairement dans la guerre au Yémen, la même année, il a jugé les critiques occidentales hypocrites.
Côté occidental, la menace iranienne est souvent jugée exagérée par Ryad, la guerre au Yémen vue comme une attaque impulsive contre un voisin plus faible et « MbS » comme un despote depuis le meurtre de Khashoggi.
Il semble peu probable que ces points de vue aient beaucoup évolué mais la rivalité entre superpuissances et les pénuries énergétiques les ont relegués à l’arrière-plan.
L’Arabie saoudite continuera probablement de préférer s’abriter sous un bouclier de sécurité américain. « L’unique avantage comparatif » des Etats-Unis est l’architecture de sécurité intégrée qu’ils peuvent bâtir dans la région, affirmait récemment le coordonnateur de la Maison blanche pour le Moyen-Orient, Brett McGurk, lors d’une conférence à Bahreïn.
« C’est une demande que nous entendons de capitale en capitale », a-t-il dit. Ce qui implique, pour les Occidentaux, de composer avec l’homme fort du royaume.
(version française Jean-Stéphane Brosse, édité par Sophie Louet)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
1. Le Journal Chrétien, un service de presse en ligne reconnu par l’Etat
Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne.
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.


