Le Hezbollah met en garde l’Etat libanais sur son désarmement
BEYROUTH, 14 janvier (Reuters) – Un responsable du Hezbollah a mis en garde le gouvernement libanais contre les risques de chaos, voire de guerre civile, en cas de poursuite des efforts de désarmement du mouvement chiite, selon des propos diffusés mercredi par ce dernier.
Le Liban s’est engagé à établir un monopole d’Etat sur les armes en circulation dans le pays conformément à l’accord de novembre 2024 ayant mis fin au dernier conflit entre le Hezbollah et Israël.
Le Hezbollah, décapité et affaibli par une année de bombardements israéliens avant ce cessez-le-feu, considère que cet accord ne s’applique qu’à la partie la plus au sud du Liban, près de la frontière avec l’Etat hébreu, et il se montre réticent à abandonner son arsenal dans le reste du pays.
Dans une interview avec le média russe RT, Mahmoud Qmati, l’un des responsables politiques du Hezbollah, a déclaré que la poursuite des efforts de désarmement vers le nord du Liban constituerait « le plus grand crime commis par l’Etat ».
« La voie empruntée par le gouvernement libanais et les institutions d’Etat conduira le Liban à l’instabilité, au chaos et peut-être même à la guerre civile », a-t-il dit, tout en assurant que le Hezbollah ne se laisserait pas entraîner dans une confrontation avec l’armée libanaise.
Cette dernière a dit le 8 janvier avoir pris le contrôle opérationnel de la zone située entre le fleuve Litani et la frontière avec Israël. Le gouvernement libanais a demandé à l’état-major de lui exposer début février comment elle entendait poursuivre sa tâche dans le reste du pays.
Le Hezbollah exige le retrait de l’armée israélienne de cinq positions qu’elle occupe au sommet de collines du Sud-Liban, l’arrêt de ses frappes aériennes quasi quotidiennes et la libération des Libanais qu’elle a arrêtés avant toute nouvelle discussion sur son désarmement.
« Il n’y aura aucune discussion ni aucun dialogue sur quelque situation au nord du fleuve Litani avant qu’Israël ne se retire de tout le territoire libanais, libère le Sud et les prisonniers et cesse ses violations contre le Liban », a dit Mahmoud Qmati.
Israël juge insuffisants les efforts entrepris jusqu’à présent pour désarmer le Hezbollah.
(Maya Gebeily, rédigé par Tala Ramadan, version française Bertrand Boucey, édité par Blandine Hénault)
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