L’AfD est un parti « extrémiste » pour les services de renseignement
par Sarah Marsh et Friederike Heine
BERLIN (Reuters) – Le parti d’extrême droite allemand AfD (Alternative pour l’Allemagne) a été désigné vendredi comme « entité extrémiste » par les services de renseignement intérieur, une décision qui vise à renforcer la surveillance de cette formation arrivée deuxième des élections législatives de février dernier.
Cette mesure intervient à quelques jours de la prestation de serment du conservateur Friedrich Merz comme nouveau chancelier allemand, le 6 mai, et en plein débat sur l’attitude à adopter face à la formation ultranationaliste au Parlement.
Le BfV (Office fédéral de protection de la Constitution), qui se fonde sur un rapport d’experts d’un millier de pages à l’issue d’une enquête lancée il y a quatre ans, estime que « la conception du peuple basée sur l’ethnicité et l’ascendance qui prédomine au sein du parti n’est pas compatible avec l’ordre libéral et démocratique ».
Cette conception, qui se reflète dans l’hostilité de l’AfD à l’égard des immigrés et des musulmans, stigmatise des groupes entiers de population et viole leur dignité humaine, explique l’agence de renseignement dans un communiqué.
Les co-dirigeants d’Alternative pour l’Allemagne, Alice Weidel et Tino Chrupalla, ont dénoncé un coup sévère porté à la démocratie et une manipulation politique, déplorant que l’AfD soit « publiquement discrédité et criminalisé juste avant le changement de gouvernement ».
« Le parti continuera à se défendre en justice contre ses déclarations diffamatoires », ont-ils assuré dans un communiqué. L’AfD avait déjà contesté devant les tribunaux, sans succès, sa mise sous surveillance par le BfV en mars 2021.
NOUVELLES MÉTHODES
La décision du BfV permettra aux autorités d’utiliser de nouvelles méthodes pour surveiller l’AfD, comme le recours à des informateurs confidentiels ou l’interception de communications. Elle pourrait avoir pour conséquence de limiter la capacité du parti à recruter de nouveaux adhérents, sans compter son impact sur la vie parlementaire des prochaines semaines.
Fort de sa deuxième place (20,8% des voix) aux législatives derrière les conservateurs de la CDU/CSU (28,5%) mais devant les sociaux-démocrates du SPD (16,4%), en tête des intentions de vote dans plusieurs sondages ces dernières semaines, l’AfD devrait briguer un certain nombre de présidences de commissions au Bundestag.
L’un des proches alliés de Friedrich Merz, Jens Spahn, a appelé à considérer l’AfD comme un parti d’opposition comme un autre, afin de couper court à son discours visant à se présenter comme la victime des partis établis.
Mais d’autres membres du parti conservateur, et les autres partis allemands, pourront désormais s’appuyer sur le rapport de l’agence de renseignement pour justifier leur stratégie du « bouclier sanitaire ».
La décision du BfV pourrait également relancer le débat sur l’opportunité d’interdire tout bonnement la formation, ou d’arrêter de lui verser des fonds publics.
Les autorités devraient cependant prouver alors que le parti lutte activement pour renverser l’ordre libéral et démocratique, comme le prévoit la Constitution.
Le chancelier social-démocrate sortant Olaf Scholz s’est déclaré opposé à toute décision hâtive à cet égard, estimant que la situation devait être évaluée minutieusement.
(Sarah K Marsh, avec Rachel More, Jean-Stéphane Brosse pour la version française, édité par Blandine Hénault)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
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3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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