La Russie célèbre en grande pompe les 80 ans de la victoire contre l’Allemagne nazie
par Dmitry Antonov et Guy Faulconbridge
MOSCOU (Reuters) -La Russie a marqué vendredi le 80e anniversaire de la défaite de l’Allemagne nazie lors de la Seconde Guerre mondiale par un défilé militaire auquel ont assisté une vingtaine de chefs d’Etats, dont le président chinois Xi Jinping, sur fond de guerre en Ukraine.
Outre le chef d’Etat chinois, plusieurs dizaines de dirigeants de l’ancienne Union soviétique, d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, dont le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, ont fait le déplacement à Moscou.
La présence du Premier ministre slovaque Robert Fico a été fortement critiquée. Lors d’un sommet franco-polonais à Nancy (Meurthe-et-Moselle), le président Emmanuel Macron a estimé que ce n’était pas « la chose la plus opportune à faire un 9 mai », journée de l’Europe. Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a quant à lui parlé de « honte ».
Le président chinois est un soutien de poids pour Vladimir Poutine qui présente depuis le début son « opération militaire spéciale » en Ukraine comme une offensive contre le « néo-nazisme ». Les deux dirigeants se sont entretenus jeudi à Moscou, se présentant en défenseurs de l’ordre mondial.
Lors de son discours pour la parade militaire du 9-Mai sur la place Rouge, Vladimir Poutine a déclaré que la Russie n’accepterait jamais les tentatives visant à minimiser le rôle de l’Union soviétique dans la défaite de l’Allemagne nazie, mais que Moscou reconnaissait également le rôle joué par les Alliés occidentaux.
« L’Union soviétique a essuyé les coups les plus féroces et les plus impitoyables de l’ennemi », a affirmé le chef du Kremlin.
« Nous apprécions hautement la contribution des soldats des armées alliées, des membres de la résistance, du peuple courageux de Chine et de tous ceux qui se sont battus pour un avenir pacifique à notre lutte commune. »
Taïwan a dénoncé ces propos qui, selon l’Etat insulaire revendiqué par la Chine, déforment l’histoire de la Seconde Guerre mondiale.
« Les communistes chinois n’ont profité de l’occasion que pour étendre et consolider les forces communistes, et n’ont apporté aucune contribution substantielle à la guerre de résistance », a dénoncé le Conseil des affaires continentales de Taïwan.
Le Bureau chinois des affaires taïwanaises n’a pas répondu à une demande de commentaire dans l’immédiat.
Vladimir Poutine n’a formulé aucune critique à l’égard des pays occidentaux et n’a fait qu’une brève allusion à la guerre en Ukraine, déclenchée le 24 février 2022, la plus meurtrière qu’ait connue l’Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.
Moscou et Kyiv ne publient pas de chiffres précis sur le nombre de victimes du conflit. Le président américain Donald Trump, qui tente depuis son retour à la Maison blanche de mettre fin à la guerre, affirme que des centaines de milliers de soldats des deux camps ont été tués et blessés.
À Moscou, plus de 11.500 soldats étaient présents sur la Place Rouge, dont 1.500 ont combattu en Ukraine. Des drones – la plus grande avancée technologique de la guerre – ont été présentés pour la première fois, ainsi que des chars et des missiles intercontinentaux Yars capables d’emporter des ogives nucléaires.
UNIR LA SOCIÉTÉ RUSSE
Pour les Russes – et de nombreux peuples de l’ancienne Union soviétique – le 9 mai est la date la plus importante du calendrier, et Vladimir Poutine, qui accuse les pays occidentaux de chercher à minimiser l’implication soviétique, souhaite se servir de cet évènement pour unir la société russe.
L’Union soviétique a perdu 27 millions de personnes pendant la Seconde Guerre mondiale, dont plusieurs millions en Ukraine. Elle a repoussé les forces nazies jusqu’à Berlin en 1945, où Adolf Hitler s’est suicidé tandis que la bannière rouge soviétique était hissée sur le Reichstag.
La sécurité a été renforcée à Moscou et le chef du Kremlin a annoncé le mois dernier un cessez-le-feu de trois jours dans le conflit opposant la Russie à l’Ukraine, du 8 au 10 mai.
L’Ukraine a accusé la Russie d’avoir rompu le cessez-le-feu – une affirmation jugée absurde par Moscou – et ne reconnaît pas cette trêve qu’elle qualifie de ruse, privilégiant un accord de cessez-le-feu de 30 jours.
Le pouvoir russe a déclaré que l’armée faisait tout ce qui était en son pouvoir pour assurer la sécurité du défilé à proximité du Kremlin qui, selon la Russie, a été pris pour cible en 2023 par des drones ukrainiens.
À Kyiv, le président ukrainien Volodimir Zelensky a dénoncé cette démonstration de force et appelé ses alliés à l’aider à résister à la Russie, qui contrôle désormais environ un cinquième de l’Ukraine.
« Un défilé du cynisme. Il n’y a pas d’autre façon de le décrire. Un défilé de bile et de mensonges », a déclaré Volodimir Zelensky, cité par le Kyiv Post.
« Le mal ne peut être apaisé. Il faut le combattre. »
Des alertes ont retenti cette nuit dans certaines régions de l’ouest de la Russie, mais aucune attaque n’a été signalée contre Moscou, qui compte au moins 21 millions d’habitants avec sa région.
Des soldats chinois ont participé au défilé, et Vladimir Poutine a serré la main d’officiers nord-coréens, les félicitant pour leur habileté au combat. Des soldats nord-coréens sont venus en soutien de Moscou dans la région russe de Koursk, cible d’une incursion des forces ukrainiennes l’année dernière.
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a visité l’ambassade de Russie à Pyongyang avec sa fille pour marquer l’évènement, ont rapporté les médias d’État, tandis que le ministre nord-coréen des Affaires étrangères Choe Son Hui a réaffirmé le soutien de Pyongyang à Moscou.
(Avec la contribution de Vladimir Soldatkin, Maxim Rodionov, Anton Kolodazhnyy, Filip Lebedev, Mark Trevelyan et Andrew Osborn et Ryan Woo, avec Elizabeth Pineau à Nancy, version française Kate Entringer, édité par Blandine Hénault)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
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