La mutinerie témoigne du défi d’une « guerre sans fin » en Ukraine pour Poutine
KYIV (Reuters) – La mutinerie avortée en Russie des mercenaires du groupe Wagner emmenés par Evguéni Prigojine témoigne du risque que fait peser sur le Kremlin l’enlisement de la guerre en Ukraine, même si Kyiv n’a pas réussi à profiter de l’évènement pour effectuer une percée immédiate sur le terrain.
Plusieurs questions restent en suspens après le retrait des combattants de Wagner dans le cadre d’un accord qu’Evguéni Prigojine a négocié avec l’État russe par l’intermédiaire du président de la Biélorussie.
Selon des représentants ukrainiens actuels et anciens, cette mutinerie offre un aperçu du niveau de tension qui pèse sur l’appareil politique et militaire russe. Les difficultés observées pour répondre à l’avancée des mercenaires montrent que les unités russes opèrent à flux tendu.
Andreï Zagorodniouk, ministre ukrainien de la Défense de 2019 à 2020, estime auprès de Reuters que cet incident est le signe que la Russie n’est pas dans une situation confortable pour assurer « la poursuite sans fin de la guerre ».
Si la guerre venait à durer plusieurs mois ou années de plus, le nombre de morts et de blessés de part et d’autre augmenterait obligatoirement.
La facilité apparente avec laquelle les forces d’Evguéni Prigojine ont parcouru des centaines de kilomètres en direction de Moscou depuis le sud de la Russie, sans résistance, est frappante, a déclaré Andreï Zagorodniouk.
« Ils ont commencé à mettre en commun leurs ressources pour les arrêter. Nous avons vu ces ressources et elles n’étaient pas considérables (…) Ils n’ont plus beaucoup de forces en dehors de celles qu’ils ont sur le front », explique-t-il.
Les responsables américains, qui ont répondu à Reuters sous le sceau de l’anonymat, estiment que l’incertitude persiste autour de plusieurs points, notamment la raison pour laquelle les forces russes n’ont pas fait davantage pour arrêter l’avancée de Wagner.
Le Kremlin, un jour après avoir accusé Evguéni Prigojine d’avoir dirigé la mutinerie, a déclaré qu’il serait autorisé à se rendre en Biélorussie sans être inculpé, en échange du recul de ses forces.
Les détails de cet accord ne sont pas connus.
Le chef de Wagner, auparavant un proche de Vladimir Poutine, avait plusieurs fois vertement critiqué le ministre de la Défense Sergeï Choïgou et d’autres haut-gradés de la direction, allant jusqu’à remettre en question la raison d’être de cette guerre.
« Tout chaos derrière les lignes ennemies sert nos intérêts », a déclaré le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba.
Les autorités ukrainiennes mettent en garde : même sans Wagner, le nombre de soldats russes en Ukraine reste important, et Moscou est en mesure de recruter davantage de soldats.
Mykhaïlo Podolyak, conseiller de la présidence ukrainienne, a déclaré à Reuters que l’agitation porterait un coup au moral des troupes russes, et que « la qualité de (leur) défense s’en trouvera quelque peu dégradée ».
PAS DE CONCESSIONS
La crise interne en Russie survient alors que parait encore lointaine la fin de l’invasion, entamée il y a 16 mois, et qu’aucune des parties n’est prête à faire des concessions.
L’Ukraine, qui bénéficie du soutien de l’Occident, a lancé une contre-offensive annoncée de longue date pour reprendre les terres occupées par la Russie dans le sud et l’est du pays. La principale opération dans le cadre de cette offensive n’a pas encore démarré, assure Kyiv, selon qui la majeure partie des troupes n’a pour l’instant pas été engagée.
Après plusieurs semaines d’opérations, Kyiv a repris une série de villages, bien que le président Volodimir Zelensky a reconnu que la progression était « plus lente que souhaitée ».
Un haut diplomate d’Europe centrale a déclaré qu’il ne voyait « aucun effet immédiat sur la guerre » de la mutinerie avortée de Prigojine, tout en prévenant qu’il était trop tôt pour tirer des conséquences.
Le Centre national de résistance de l’armée ukrainienne a déclaré qu’au moins deux compagnies de la 76e division d’assaut russe avaient été aéroportées à Moscou depuis le front samedi, et qu’il est prévu qu’elles restent en Russie au moins une semaine.
« Il convient de noter qu’il n’y a aucune preuve d’un transfert massif de forces ennemies, nous parlons d’unités individuelles », précise le centre.
Le ministère britannique de la Défense a déclaré dimanche que les forces de Kyiv avaient repris des forces ces derniers jours et entrepris des opérations offensives majeures sur trois axes principaux dans le sud et l’est.
L’Ukraine ne rend pas public les informations en provenance du front.
‘LES RUSSES NE SONT PAS PRÊTS DE PARTIR’
Volodimir Zelensky, qui affiche son mépris pour son homologue russe lors de ses conférences de presse, a tourné en dérision le « chaos » qui règne en Russie, estimant qu’il devrait inciter les troupes russes à rentrer chez elles pour s’occuper de leur propre pays.
Le sort de Wagner n’est pas encore clair. Le groupe de mercenaires s’est avéré être l’une des forces de combat les plus efficaces de Russie et a joué un rôle déterminant dans la prise, en avril, de la ville orientale de Bakhmout, après les batailles les plus longues et les plus sanglantes de la guerre.
Le Kremlin a déclaré que les combattants de Wagner ne seraient pas poursuivis pour la mutinerie en reconnaissance de leurs services antérieurs à la Russie, et que s’ils n’avaient pas pris part à la mutinerie, ils pourraient signer de nouveaux contrats avec le ministère de la Défense.
Andreï Zagorodniouk pense que la Russie intègrera probablement le groupe à des unités existantes au sein de son armée et qu’il cessera d’exister.
« C’est une assez bonne nouvelle. Mais il y aura encore beaucoup d’hostilités, il y aura encore une guerre : les Russes ne sont pas prêts de partir », a-t-il déclaré.
(Reportage Tom Balforth, avec la contribution de Pavel Polityuk à Kyiv, Andrew Gray à Bruxelles et Phil Stewart à Washington ; version française Victor Goury-Laffont, édité par Kate Entringer)
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