La Hongrie maintient son veto aux sanctions de l’UE contre la Russie
par Lili Bayer et Krisztina Than
BRUXELLES, 23 février (Reuters) – La Hongrie a maintenu lundi son veto au nouveau train de sanctions de l’Union européenne (UE) contre la Russie et au prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine, tandis qu’une frappe ukrainienne contre une station de pompage russe desservant l’oléoduc Droujba menaçait d’aggraver encore les relations entre Kyiv et Budapest.
Sur le front, à la veille du quatrième anniversaire de la guerre en Ukraine déclenchée par la Russie, Kyiv a revendiqué une rare avancée et Moscou a poursuivi sa campagne de frappes contre des villes, tuant deux personnes dans des attaques de drones menées dans le sud.
Les projecteurs étaient braqués sur Bruxelles, où les ministres européens des Affaires étrangères ont tenté en vain de persuader la Hongrie et la Slovaquie de renoncer à leurs menaces de punir l’Ukraine pour avoir retardé la reprise de l’approvisionnement en pétrole russe via l’oléoduc Droujba.
Le sort de cet oléoduc, qui approvisionnait la Hongrie et la Slovaquie en pétrole russe jusqu’à son arrêt le mois dernier après une énième attaque de l’armée russe contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes, empoisonne les relations entre Kyiv et les dirigeants hongrois et slovaque, ouvertement pro-russes.
Une frappe de drone menée dans la nuit de dimanche à mardi, revendiquée par Kyiv, a provoqué un incendie dans une station de pompage située à plus de 1.200 km de la frontière russo-ukrainienne. L’Ukraine n’a donné aucune précision sur l’impact global de cette frappe sur l’oléoduc.
« C’est à l’Ukraine de décider si elle relance ou non les livraisons via l’oléoduc, mais il est de plus en plus clair que nous sommes confrontés ici à un chantage politique ouvert », a déclaré le Premier ministre hongrois Viktor Orban à Budapest, devant le Parlement. « Le gouvernement hongrois ne cède à aucun chantage. »
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a déclaré dans un message publié sur X que la Hongrie et la Slovaquie ne devaient pas être autorisées à « prendre en otage l’ensemble de l’UE » et les a appelées à « s’engager dans une coopération constructive et à adopter un comportement responsable ».
« ACTE D’HOSTILITÉ »
Dans une lettre au président du Conseil européen Antonio Costa consultée par Reuters, Viktor Orban a qualifié l’interruption d' »acte d’hostilité non provoqué qui compromet la sécurité énergétique de la Hongrie » et a dit qu’il bloquerait le prêt à Kyiv de 90 milliards d’euros jusqu’à ce que le problème soit résolu. La Hongrie a également bloqué le dernier train de sanctions contre la Russie.
Antonio Costa a par la suite pressé Viktor Orban de soutenir le projet de prêt à l’Ukraine.
« Lorsque des dirigeants parviennent à un consensus, ils sont liés par leur décision. Tout manquement à cet engagement constitue une violation du principe de coopération sincère », a-t-il écrit dans une lettre au dirigeant hongrois que Reuters a pu consulter.
« Aucun État membre ne peut être autorisé à saper la crédibilité des décisions prises collectivement par le Conseil européen », a-t-il ajouté en référence à l’approbation du prêt par les dirigeants de l’UE lors d’un sommet en décembre.
La Hongrie et la Slovaquie ont en outre menacé de suspendre leurs exportations d’électricité d’urgence vers l’Ukraine si les livraisons de pétrole ne reprenaient pas. La Slovaquie avait fixé la date butoir à lundi mais les exportations ont continué, selon les données de l’opérateur du réseau de transport SEPS.
Viktor Orban, qui a maintenu des relations chaleureuses avec la Russie, a fait du conflit entre Moscou et Kyiv un élément central de sa campagne en vue des élections du 12 avril.
Il avait présenté le vote de lundi comme un choix radical entre « la guerre ou la paix » et affirmé que ses rivaux, donnés en tête par les sondages d’intention de vote, entraîneraient la Hongrie dans le conflit.
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, après avoir reconnu que les Vingt-Sept ne parviendraient sans doute pas à un accord lundi contrairement à ce qu’il espéraient, a déclaré dans l’après-midi à la presse que le blocage persistant du nouveau train de sanctions contre la Russie constituait « un revers » mais que le travail se poursuivait.
KYIV DIT AVOIR REPRIS LE CONTRÔLE DE 400 KM²
Quatre diplomates à Bruxelles ont déclaré à Reuters que le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjártó, avait été vivement critiqué par ses collègues de l’UE à huis clos, certains ministres accusant le gouvernement Orban d’exploiter ce dossier à des fins politiques.
Sur le plan militaire, le commandant en chef des forces armées ukrainiennes Oleksandr Syrskyi a déclaré lundi que ses forces avaient « repris le contrôle » de 400 km² de territoire le long d’une partie du front sud.
Reuters n’a pas été en mesure de confirmer dans l’immédiat cette affirmation et Moscou n’y a pas réagi pour le moment. Un tel gain constituerait la première avancée majeure de l’Ukraine depuis décembre et l’une des plus importantes depuis plusieurs mois.
Les services d’urgence ukrainiens ont par ailleurs déclaré que deux personnes avaient été tuées et trois blessées dans la nuit de dimanche à lundi lors d’attaques de drones russes contre la région d’Odessa. Selon le ministre ukrainien des Infrastructures, Oleksiy Kuleba, ces attaques ont ciblé des infrastructures portuaires.
L’agence de presse officielle russe RIA, citant le ministère de la Défense, a déclaré que les forces de Moscou avaient mené avec succès des frappes contre les infrastructures ukrainiennes de transport, d’énergie et de carburant.
Les États-Unis tentent de négocier un accord de paix entre la Russie et l’Ukraine, mais les progrès se font attendre. Leurs dernières discussions, qui se sont tenues à Genève les 17 et 18 février, n’ont débouché sur aucune avancée significative.
Une nouvelle série de pourparlers visant à mettre fin à la guerre en Ukraine pourrait avoir lieu à la fin de cette semaine, a déclaré lundi le chef de cabinet du président Volodimir Zelensky aux médias ukrainiens.
(Reportage de Lili Bayer, Kate Abnett, Julia Payne et Andrew Gray à Bruxelles, Pavel Polityuk et Max Hunder à Kyiv, Anna Pruchnicka à Gdansk, Bart Meijer à Amsterdam, Friederike Heine à Berlin, Krisztina Than à Budapest, Jason Hovet à Prague et Pawel Florkiewicz à Varsovie ; version française Tangi Salaün et Benjamin Mallet, édité par Kate Entringer)
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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