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Japon: Une cérémonie des JO sans public sous le signe de la pandémie

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par Antoni Slodkowski, Elaine Lies et Kiyoshi Takenaka

TOKYO (Reuters) – Reportés d’un an à cause de la pandémie de COVID-19, les Jeux olympiques d’été de Tokyo ont été officiellement lancés vendredi avec une cérémonie d’ouverture privée de public durant laquelle la majorité des athlètes ont défilé avec un masque.

Soucieuses de mettre en avant l’égalité hommes-femmes et l’inclusion, la plupart des délégations étaient menées par deux porte-drapeaux, un athlète et une athlète, ajoutant à la singularité de ces Jeux.

La délégation canadienne arborait pour sa part des écussons de couleur arc-en-ciel, symbole de la communauté LGBT.

Des feux d’artifice ont illuminé un stade presque vide et un moment de silence a été observé en mémoire des victimes du COVID-19.

Cette cérémonie, qui attire habituellement une foule de célébrités et d’anonymes, a réuni moins d’un millier de personnes en raison des restrictions sanitaires, qui pèsent lourdement sur l’organisation des épreuves.

Elle a aussi été marquée par des règles strictes de distanciation sociale, des panneaux invitant même les personnes présentes à rester silencieuses.

La plupart des délégations, à l’exception des Argentins qui ont sauté de joie, se sont montrées discrètes, marchant au pas et faisant quelques signes.

Une vidéo diffusée dans le stade olympique est revenue sur le parcours du Japon vers les Jeux et les défis auxquels le monde a été confronté depuis la sélection de la capitale japonaise comme hôte en 2013.

Seuls 15 chefs d’Etat, dont le président français Emmanuel Macron venu représenter le pays hôte des JO de 2024, étaient présents aux côtés de l’empereur japonais Naruhito.

C’est à ce dernier qu’est revenu la tâche d’ouvrir officiellement les Jeux, comme son grand-père l’empereur Hirohito lors des Jeux d’été de 1964.

L’empereur Naruhito et le président du Comité international olympique (CIO) Thomas Bach, tous deux masqués, sont entrés dans le stade et se sont inclinés l’un devant l’autre avant de s’asseoir à bonne distance.

La cérémonie a été aussi marquée par des absences très médiatisées, comme celle de l’ancien Premier ministre Shinzo Abe, à l’initiative du projet Tokyo 2020, qui a invoqué l’état d’urgence en vigueur dans la capitale.

MANIFESTATION CONTRE LES JEUX

Des centaines de manifestants ont également protesté autour du site olympique, certains munis de masques indiquant « Stop aux Jeux olympiques », alors que quelque 11.000 athlètes de 204 comités nationaux sont attendus dans l’archipel.

L’événement, qui se déroule jusqu’au 8 août, n’a pas bonne presse auprès des Japonais, las des contraintes face à une nouvelle vague de contaminations qu’une campagne de vaccination poussive ne parvient pas à endiguer. La crainte d’un « super cluster » olympique habite aussi les esprits.

Les sponsors se sont retirés pour beaucoup de la compétition, plombée par l’incertitude liée à la propagation du virus.

Pus d’une centaine de personnes impliquées dans les Jeux Olympiques ont déjà été testées positives au COVID-19.

Selon la chaîne de télévision NHK, les organisateurs font par ailleurs face à une pénurie des tests de dépistage du COVID-19, au point que certains athlètes séjournant dans le village olympique n’ont pu être testés comme prévu.

Dans un récent sondage, 68% des personnes interrogées exprimaient des doutes quant à la capacité des organisateurs à contrôler l’épidémie et 55% se disaient opposées au maintien des Jeux.

Les JO ont également fait les frais d’une série de scandales. Dernier en date, le directeur de la cérémonie d’ouverture a été licencié après que des commentaires sur l’Holocauste tenus dans les années 1990 ont refait surface.

Selon les organisateurs, les Jeux, considérés à l’origine comme une aubaine pour l’image du pays et l’économie nippone, devraient coûter environ 13,1 milliards d’euros (15,4 milliards de dollars) au pays. Des experts anticipent des coûts encore plus élevés.

(Reportage Antoni Slodkowski et Elaine Lies, avec Mari Saito et David Dolan; version française Lucinda Langlands-Perry et Claude Chendjou, édité par Sophie Louet)

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