Israël révise ses objectifs de guerre, le sort de son ministre de la Défense incertain
par Maayan Lubell
JERUSALEM (Reuters) – Israël a ajouté mardi aux objectifs affichés de sa guerre contre le Hamas palestinien et ses alliés régionaux la possibilité pour les habitants du nord du pays de rentrer chez eux sans craindre les bombardements du Hezbollah libanais, alors que l’actuel ministre de la Défense pourrait être remplacé par un « faucon ».
Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu, dont les relations avec le ministre de la Défense Yoav Gallant sont notoirement glaciales, a indiqué que les objectifs de guerre avaient été révisés lors d’une réunion du cabinet de sécurité qui s’est tenue dans la nuit.
Des dizaines de milliers de personnes ont dû quitter leurs maisons des deux côtés de la frontière israélo-libanaise en raison des échanges de tirs quasi quotidiens entre l’armée israélienne et le Hezbollah.
Le mouvement chiite libanais, soutenu par l’Iran, a ouvert un second front contre Israël un jour après le début de la guerre dans la bande de Gaza en octobre 2023, et les échanges de tirs n’ont pas diminué d’intensité depuis.
« Le cabinet de sécurité a mis à jour les objectifs de la guerre pour y inclure l’élément suivant : le retour des habitants du nord du pays en toute sécurité dans leurs maisons. Israël continuera à agir pour mettre en oeuvre cet objectif », ont dit les services de Benjamin Netanyahu.
Israël dit privilégier une solution diplomatique qui verrait les combattants du Hezbollah s’éloigner de la frontière, tandis que le mouvement libanais, tout en disant vouloir éviter un conflit généralisé, conditionne l’arrêt de ses attaques à un cessez-le-feu durable dans la bande de Gaza.
Les négociations visant à mettre fin à la guerre à Gaza semblant dans l’impasse, l’hypothèse d’un conflit de grande ampleur entre Israël et le Hezbollah a pris de la consistance ces dernières semaines.
Peu après la fin de la réunion du cabinet de sécurité, les médias israéliens ont rapporté que Benjamin Netanyahu et Gideon Saar étaient sur le point de conclure un accord qui verrait l’ancien ministre de la Justice remplacer Yoav Gallant au poste de ministre de la Défense.
UN « FAUCON » À LA DÉFENSE ?
Gideon Saar a vivement critiqué ces derniers mois la façon dont la guerre était conduite, répétant qu’Israël devrait frapper plus durement ses ennemis, y compris l’Iran.
Il s’est également dit opposé à un accord avec le Hamas, alors que Yoav Gallant fait au contraire pression pour qu’une trêve soit conclue avec le groupe palestinien pour obtenir la libération des derniers otages israéliens à Gaza.
Faire entrer Gideon Saar au gouvernement présenterait un intérêt politique pour Benjamin Netanyahu en lui permettant d’élargir sa coalition aux quatre sièges à la Knesset de Nouvel Espoir, le parti fondé par cette figure de la droite, ce qui donnerait au Premier ministre plus de marge de manoeuvre face aux autres membres de la coalition.
L’éviction de Yoav Gallant est cependant loin de faire l’unanimité. L’Israel Business Forum, qui représente les 200 plus grosses entreprises israéliennes, a ainsi appelé mardi Benjamin Netanyahu à renoncer à son projet, estimant que la mise à l’écart du ministre de la Défense « affaiblirait Israël aux yeux de ses ennemis et accentuerait les divisions à l’intérieur d’Israël ».
Respecté pour sa liberté de ton, Yoav Gallant apparaît aux yeux de nombre d’Israéliens comme une figure modératrice du gouvernement de Benjamin Netanyahu, le plus à droite de l’histoire du pays.
Le ministre de la Défense n’a ainsi pas hésité à qualifier d' »absurde » l’objectif d’une « victoire totale » contre le Hamas martelé par le chef du gouvernement, tout en réclamant un plan politique plus clair pour l’après-guerre, qui verrait notamment la bande de Gaza gouvernée par les Palestiniens, et non placée sous tutelle de l’armée israélienne.
Benjamin Netanyahu avait annoncé en mars 2023 vouloir limoger Yoav Gallant lorsque son ministre s’était publiquement opposé au projet gouvernemental de réduction des pouvoirs de la Cour suprême, mais il avait rapidement fait marche arrière devant l’ampleur de la mobilisation populaire contre cette réforme judiciaire contestée.
Six mois plus tard, le 7 octobre, l’attaque sanglante du Hamas dans le sud d’Israël a fait basculer le pays dans la guerre.
(Reportage de Maayan Lubell et Ari Rabinovitch, version française Tangi Salaün, édité par Bertrand Boucey)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
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4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
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