Iran: Exécution d’un manifestant impliqué dans la contestation actuelle
DUBAÏ (Reuters) – L’Iran a exécuté jeudi un manifestant condamné pour avoir blessé un paramilitaire et avoir bloqué la circulation dans une artère de Téhéran dans le cadre de la vague de protestations qui secoue le pays depuis mi-septembre, rapporte l’agence de presse iranienne semi-officielle Tasnim.
L’agence Tasnim, qui identifie le manifestant exécuté comme Mohsen Shekari, n’a pas donné davantage de précisions.
Le porte-parole de la justice iranienne avait annoncé mardi la condamnation à mort – susceptible de faire l’objet d’un appel – de cinq personnes condamnées pour le meurtre d’un membre de la milice Basidj (une force paramilitaire constituée de volontaires et qui dépend du corps d’élite des Gardiens de la révolution-NDLR).
Les médias officiels ont publié une vidéo qu’ils présentent comme étant une retransmission des aveux de Mohsen Shekari dans laquelle il apparaît avec un bleu sur la joue droite. Il y admet avoir frappé un membre de la milice Basij avec un couteau et avoir bloqué une route avec sa moto aux côtés d’un de ses amis.
Des groupes de défense des droits ont déclaré que Shekari avait été torturé et contraint d’avouer.
Le vaste mouvement de contestation né en Iran dans le sillage de la mort de Mahsa Amini mi-septembre après son arrestation pour avoir porté un voile non réglementaire a fait l’objet d’une répression sévère condamnée par les puissances occidentales et les Nations unies.
La France a condamné jeudi « avec la plus grande fermeté l’exécution ce jour d’un Iranien condamné à mort à la suite de sa participation aux manifestations en cours en Iran ».
« Cette exécution s’ajoute aux nombreuses autres violations graves et inacceptables des droits et libertés fondamentales commises par les autorités iraniennes », a déclaré une porte-parole du ministère des Affaires étrangères à l’issue d’un point avec la presse.
Le ministre britannique des Affaires étrangères James Cleverly s’est dit également « indigné » par la nouvelle de l’exécution.
« Le monde ne peut pas fermer les yeux sur la violence odieuse commise par le régime iranien contre son propre peuple », a-t-il déclaré sur Twitter.
L’Allemagne a également condamné l’exécution. « Le mépris du régime iranien pour l’humanité ne connaît aucune limite », a dénoncé la ministre des Affaires étrangères du pays, Annalena Baerbock.
« Mais la menace d’une exécution n’étouffera pas la volonté de liberté du peuple », a-t-elle ajouté.
PLUS DE 20 CONDAMNATIONS À MORT PRONONCÉES
Selon des chiffres relayés par l’Onu, plusieurs centaines de morts – dont des dizaines d’enfants – ont été recensés depuis le début des manifestations, dont les autorités de Téhéran estiment qu’elles sont fomentées par les puissances étrangères.
Les Gardiens de la révolution ont salué lundi la position ferme adoptée par la justice iranienne et ont plaidé pour qu’elle agisse rapidement et avec détermination pour condamner les personnes accusées de « crimes contre la sécurité de la nation et contre l’islam ».
Selon Amnesty International, au moins 21 personnes sont sous la menace d’une condamnation à mort dans le cadre de « simulacres de procès destinés à intimider les participants au soulèvement populaire qui secoue l’Iran ».
« Les autorités iraniennes doivent immédiatement annuler l’ensemble des condamnations à mort prononcées, s’abstenir de pousser à ce que la justice inflige des condamnations à mort et abandonner toutes les charges contre les personnes arrêtées en raison de leur participation pacifique à des manifestations », poursuit l’ONG de défense des droits humains.
(Rédigé par le bureau de Dubaï, avec la contribution de Miranda Murray à Berlin et de Sarah Young à Londres, version française Myriam Rivet et Blandine Hénault, édité par Nicolas Delame)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
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2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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