Great Britain: L’envoi de 300 demandeurs d’asile au Rwanda coûterait plus de £600 millions
LONDRES (Reuters) – Le projet controversé du gouvernement britannique d’expulser des demandeurs d’asile au Rwanda pourrait coûter plus de 600 millions de livres sterling (700,83 millions euros), pour le seul transfert de 300 personnes, a déclaré vendredi l’organisme parlementaire de contrôle des politiques publiques.
La Chambre des communes a adopté en janvier, après force débats, un projet de loi – annoncé en avril 2022 – ouvrant la voie à l’expulsion vers le Rwanda de demandeurs d’asile entrés illégalement sur le territoire britannique, en vertu d’un traité scellé avec Kigali.
Mais le texte révisé, qui tenait compte des objections de la Cour suprême britannique sur le caractère illégal de la procédure dans sa première mouture, a été rejeté par la Chambre des lords.
La chambre haute du Parlement attend du gouvernement de Rishi Sunak qu’il démontre que le Rwanda est un pays tiers sûr qui ne renverra pas les migrants vers leur pays d’origine.
À terme, le gouvernement britannique envisage d’envoyer des milliers de personnes dans ce pays d’Afrique de l’Est, malgré une capacité d’accueil qui reste incertaine.
En plus des 220 millions de livres sterling (256,97 millions euros) que le Royaume-Uni a déjà versés à cette fin au Rwanda, le gouvernement a accepté de payer 150 millions de livres (175,21 million euros) supplémentaires au cours des trois prochaines années, et 120 millions de livres (140,17 millions euros) une fois que les 300 premiers demandeurs d’asile visés par cette procédure auront été redirigés vers le pays, précise le National Audit Office (NAO).
Le gouvernement britannique devra également verser au Rwanda 150.874 livres (176.228,98 euros) pour couvrir les frais d’installation de chaque demandeur d’asile expulsé, précise l’organisation dans ce qui est à ce jour l’évaluation financière la plus détaillée du « plan Rwanda ».
Si l’on ajoute d’autres dépenses comme celles liées aux transferts aériens, le montant du plan dépasserait donc les 600 millions de livres sterling (700,83 millions euros) dans sa phase liminaire.
Au Royaume-Uni, le coût de l’hébergement des personnes en attente d’une décision d’asile s’élève à environ 8 millions de livres sterling par jour (9,34 millions euros).
« La situation actuelle est insoutenable et injuste », a plaidé Rishi Sunak auprès des médias, ajoutant que le programme rwandais devait être considéré comme un « investissement utile ».
Le Premier ministre conservateur a mis tout son poids dans ce projet controversé et en attend un gain politique à l’approche des élections générales anticipées, pour lesquelles les travaillistes sont donnés en tête.
De nombreux demandeurs d’asile qui arrivent au Royaume-Uni affirment fuir les guerres et les mauvais traitements subis au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie du Sud. La plupart obtient le statut de réfugié.
Le gouvernement britannique affirme cependant qu’environ 90%des candidats à l’asile sont des migrants économiques.
Depuis le début de l’année, 2.255 demandeurs d’asile sont parvenus à gagner les côtes britanniques à bord de petites embarcations.
(Reportage d’Andrew MacAskill et Michael Holden avec Alistair Smout; Version Française Mathias de Rozario; édité par Sophie Louet)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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