Grande-Bretagne: Trois ans après le Brexit, les échanges commerciaux avec l’UE toujours difficiles – enquête
par Suban Abdulla
LONDRES (Reuters) – Neuf industriels britanniques sur dix font toujours face à des problèmes dans les échanges avec l’Union européenne (UE) et à des difficultés pour embaucher des salariés qualifiés en raison du Brexit, selon une enquête qui souligne les effets persistants de la sortie de la Grande-Bretagne du bloc communautaire.
Alors que la Grande-Bretagne a signé en décembre 2020 un Accord de commerce et de coopération (ACC) avec l’UE lui permettant en principe d’être exonérée de droits de douane, Make UK, une fédération des industriels britanniques, note que 90% des entreprises britanniques estiment que ces accords n’ont pas levé tous les freins au commerce avec les 27 Etats membres du bloc.
« Depuis que la Grande-Bretagne a quitté l’UE, les entreprises ont dû faire face aux nouvelles réglementations de l’ACC, ainsi qu’à des perturbations dans le monde provoquées par la pandémie de COVID-19 », a déclaré Stephen Phipson, directeur général de Make UK, qui a mené une enquête auprès de 219 industriels.
Trois ans après la fin de la libre circulation des salariés entre les deux blocs, l’accès au personnel qualifié de l’UE reste un problème pour les entreprises britanniques, indique également l’enquête. Elles sont 44% a faire part de difficultés en la matière.
Make UK estime que le Royaume-Uni doit collaborer avec l’UE pour simplifier les formalités douanières, mettre en place un programme d’échange pour améliorer l’exportation de marchandises entre le Royaume-Uni et l’Union, et faciliter l’accès aux salariés de l’UE afin d’atténuer les pénuries en matière de compétences.
Le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, est cependant sous pression pour mettre en oeuvre l’un de ses cinq principaux engagements portant notamment sur la baisse des flux migratoires avant les élections législatives de l’an prochain, où le Parti travailliste est donné vainqueur dans des enquêtes d’opinion.
Le gouvernement britannique a annoncé lundi des mesures plus strictes en matière de visas afin de réduire le nombre de migrants arrivant légalement dans le pays, ce qui, selon les syndicats et les entreprises, créera davantage de difficultés.
Malgré les retards et les problèmes liés aux formalités douanières, près de trois entreprises britanniques sur quatre exportent vers l’UE, selon l’enquête de Make UK.
(Reportage Suban Abdulla; version française Claude Chendjou, édité par Blandine Hénault)
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