France-Lecornu demande des couvre-feux partiels à la suite des violences
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé qu’il demandait l’instauration dès ce lundi de couvre-feux localisés et partiels en France à la suite des violences et des pillages en marge de manifestations samedi où se mêlaient revendications des lycéens et mécontentement face au coût de la vie.

La police anti-émeute intervient lors de troubles civils, au lendemain d’une journée nationale de manifestations contre le coût de la vie et la hausse des prix du carburant, à Paris, en France./Photo prise le 18 octobre 2026./REUTERS/Abdul Saboor
« J’ai demandé aux préfets de déclencher un certain nombre de couvre-feux pour ce soir, couvre-feux partiels, dans lequel les préfets vont faire ce travail de discussion, non seulement avec les maires, mais aussi avec les chambres de commerce et d’industrie », a-t-il dit.
S’exprimant à la sortie d’une réunion interministérielle de crise, le chef du gouvernement a ajouté que « dans le courant de l’après-midi, le ministère de l’Intérieur pourra (…) donner une cartographie assez précise de ce que les préfets auront décidé ».
« Il n’est pas question de mettre tout Paris sous couvre-feu. Ça n’a pas de sens. Ça ne correspond pas d’ailleurs à ce qu’on a vu (…). C’est le problème des images aussi. Les images donnent l’impression que tout est égal partout. Non, fort heureusement », a poursuivi Sébastien Lecornu.

Un employé municipal, aperçu à travers une voiture calcinée, nettoie une rue le lendemain d’affrontements survenus lors d’une journée nationale de manifestations contre le coût de la vie et la hausse des prix du carburant à Paris, en France, le 18 octobre 2026. REUTERS/Benoit Tessier
Plus tôt dans la journée, Emmanuel Macron a rejeté la démission présentée par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, ce dernier s’estimant « responsable de tout ce qui se passe ».
Le ministère de l’Intérieur a dénombré 550.000 manifestants dans tout le pays samedi, dont 110.000 à Paris, la CGT faisant état pour sa part de 800.000 personnes dans les cortèges, qui se sont dans l’ensemble déroulés sans incident.

Une voiture calcinée gît dans une rue de Paris, le lendemain d’affrontements survenus lors d’une journée nationale de manifestations contre le coût de la vie et la hausse des prix du carburant, le 18 octobre 2026. REUTERS/Benoit Tessier
Mais parallèlement à ces manifestations, voire au lendemain de ces dernières, de nombreux commerces ont été vandalisés ou détruits – près de 3.000 selon la Fédération du Commerce et de la Distribution (FCD) – et des bâtiments publics attaqués, dont l’exemple le plus spectaculaire a été l’incendie de l’hôtel de ville de Limoges.
S’exprimant sur France 2, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a estimé que les autorités avaient « failli incontestablement » à contenir les violences au cours du week-end, ajoutant qu’il y avait eu « un défaut dans le renseignement », ce qui empêche de lutter de bonne manière contre ce qu’il qualifie « d’ultra-gauche ».

Des employés municipaux nettoient la rue, au lendemain des affrontements survenus lors d’une journée nationale de manifestations contre le coût de la vie et la hausse des prix du carburant, à Marseille, en France, le 18 octobre 2026. REUTERS/Manon Cruz
En réaction aux événements du week-end, les rendements obligataires de la France grimpent lundi, celui de l’OAT à dix ans montant de neuf points de base (pdb) pour s’établir à 4,8712%, alors que son équivalent allemand de même échéance n’affiche qu’une hausse de deux pdb.
Les craintes d’instabilité politique viennent s’ajouter à une situation financière déjà tendue alors que l’Assemblée nationale a commencé à examiner un projet de budget pour 2027 dont l’avenir est incertain.
DÉTERMINATION À RÉTABLIR L’ORDRE
Sébastien Lecornu a jugé qu’un recours à l’état d’urgence n’était pas d’actualité mais restait envisageable, tout en martelant sa détermination à « rétablir l’ordre ».
Les maires de Paris, Lyon et Marseille et une partie de l’opposition ont critiqué la gestion du maintien de l’ordre par l’exécutif.

Un ouvrier nettoie une rue le lendemain des affrontements survenus lors d’une journée nationale de manifestations contre le coût de la vie et la hausse des prix du carburant, à Paris, en France, le 18 octobre 2026. REUTERS/Benoit Tessier
Dans une allocution à l’Elysée dimanche soir, Emmanuel Macron a demandé au gouvernement de tirer « toutes les leçons en termes de renseignement et d’anticipation et faire en sorte que cela ne puisse pas se reproduire ».
A l’instar de Gérald Darmanin et de Laurent Nuñez, le président de la République a dénoncé la responsabilité de « l’ultra-gauche » dans les violences du week-end.
« Des factieux issus de groupuscules d’ultra-gauche rejoints par de nombreux délinquants se sont livrés à une violence débridée dans nos villes », a dit Emmanuel Macron, tout en appelant également à faire une distinction entre les « casseurs » et les manifestants aux « revendications légitimes ».
Sébastien Lecornu a repris cette accusation contre « l’ultra-gauche », ajoutant qu’il y avait « un agenda de bordélisation d’ultra-gauche jusqu’à l’élection présidentielle ».
Dans un message posté sur la plate-forme X, Jean-Luc Mélenchon, candidate à l’élection présidentielle de la France Insoumise (LFI), a dit ne pas avoir entendu « parler de cela, ni en privé ni en public, ni dans aucun mot d’ordre de manifestation où que ce soit ».
« Si le Premier ministre n’est pas un menteur ni une personne qui veut organiser le désordre, il doit nommer et prouver son accusation. Sinon, qu’il s’excuse, se taise et cesse d’attiser le désordre comme il le fait, lui, le préfet de police de Paris et le ministre de l’Intérieur, qui a eu au moins la classe de proposer sa démission », poursuit-il.
RASSEMBLEMENTS INTERDITS À MARSEILLE
La procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, a fait état sur TF1 de 557 placements en garde à vue, dont 433 concernant des personnes majeures, après la journée de samedi. Elle a dit ne pas pouvoir confirmer qu’il s’agit de membres du courant de l' »ultra-gauche ».
Le maire socialiste de Paris, Emmanuel Grégoire, a déclaré pour sa part que la volonté du gouvernement de vouloir associer La France insoumise (LFI) dans les violences qui ont émaillé les revendications de lycéens depuis près d’un mois était une « insulte » adressée à la mobilisation de ces derniers.
« Le maintien de l’ordre, c’est l’Etat. C’est l’Etat qui a été mis en faute, c’est l’Etat qui a été défaillant », a-t-il poursuivi.
Emmanuel Grégoire ainsi que Benoit Payan (divers gauche) et Grégory Doucet (Les Ecologistes), respectivement maires de Marseille et de Lyon, ont demandé à être reçus par Sébastien Lecornu à la suite des dégâts dans leurs villes.
A Marseille, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône a interdit tout « rassemblement et manifestation sur l’ensemble de la commune de 12h à 20h ». Laurent Nuñez avait initialement prévu de se rendre dans la deuxième ville de France, avant d’y renoncer.
(Sudip Kar-Gupta, Elizabeth Pineau et Zhifan Liu, avec la contribution de Marc Leras à Marseille, rédigé par Benoit Van Overstraeten)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
1. Le Journal Chrétien, un service de presse en ligne reconnu par l’Etat
Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne.
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

