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La Suisse, un pays de premier plan en matière d’innovation

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GENEVE, 5 décembre (Xinhua) — Si la Suisse reste en tête des pays les plus innovants du monde, comme le confirme l’édition 2019 de l’Indice mondial de l’innovation, c’est parce que ce pays sans autre matière première que la matière grise a fait sienne la devise de Platon, « la nécessité est la mère de l’invention », explique Philippe Monnier, ancien directeur du Greater Geneva Bern Area (GGBa), l’agence de promotion économique de la Suisse occidentale.
Un tel classement parmi les pays les plus innovants au monde pourrait laisser penser que ce pays possède un grand ministère de l’Innovation. Or, « au contraire, nous avons seulement une petite agence appelée InnoSuisse », confie-t-il dans une interview exclusive accordée récemment à Xinhua.
« La force de l’innovation en Suisse est due en grande partie au fait que le gouvernement suisse ne gère pas l’innovation et n’essaie pas de le faire », indique M. Monnier.
InnoSuisse a pour mission d’encourager l’innovation basée sur la science dans l’intérêt de l’économie et de la société. Elle « finance des projets d’innovation, mais ces projets doivent toujours constituer un travail d’équipe entre le secteur privé et une institution académique telle qu’une université », commente l’économiste.
Il ajoute que « l’objectif de cet effort commun est de s’assurer que les projets d’innovation soient pilotés par le secteur privé et correspondent réellement à des besoins du marché ». De cette manière, cela permet aux universités de rester en contact avec la réalité des entreprises.
Bien que l’Etat fédéral n’aie pas un rôle significatif dans la gestion de l’innovation, il contribue fortement à son développement. « L’Etat s’efforce de fournir les meilleures conditions-cadres comme par exemple la stabilité générale, le droit du travail flexible, la fiscalité raisonnable et surtout la formation de base ».
Si le nombre de start-up se multiplie en Suisse, c’est aussi grâce aux infrastructures et aux aides mises en place pour les encourager dans le développement de leur projet. D’après M. Monnier, les dépenses en R&D (recherche et développement) « sont très élevées en Suisse (3% du PIB), mais 70% d’entre elles sont attribuables au secteur privé ».
La Confédération helvétique investit également beaucoup dans la formation, du fait que cette dernière contribue fortement au développement de l’innovation. « En Suisse, les meilleures écoles ou universités sont publiques et pratiquement gratuites. Cela est une exception dans le monde et permet de former les élèves les plus talentueux et motivés plutôt que les plus aisés », observe M. Monnier.
Le système éducatif suisse est partagé entre une voie académique et une voie pratique. L’ex-patron du GGBa explique que la voie pratique est « extrêmement importante et fortement valorisée par les entreprises, car les innovations ont presque toujours des aspects pratiques ».
D’ailleurs, ce système attire de nombreux étrangers. Dans les universités suisses, 25% des étudiants et 45% des professeurs sont étrangers. Cette internationalisation a un impact très positif sur l’innovation.
En effet, d’après Philippe Monnier, « beaucoup d’étudiants étrangers hautement qualifiés restent en Suisse après leurs études », ce qui leur permet de mener leur projet en Suisse. Parmi ces étudiants étrangers, certains sont devenus les fondateurs de sociétés à succès.
« Environ 50% des grandes entreprises suisses, telles que Nestlé, Novartis, Roche ou le Crédit Suisse, sont dirigées par des non-Suisses », rappelle-t-il.

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