Le Danemark renonce définitivement au vaccin AstraZeneca
Le Danemark a annoncé mercredi qu’il allait définitivement arrêter d’administrer le vaccin contre le COVID-19 développé par AstraZeneca en raison d’un lien possible avec de rares cas de thrombose, une décision sans précédent dans le monde.
Ce choix annoncé par les autorités sanitaires nationales aura pour conséquence de retarder de quelques jours, du 25 juillet à début août, la date prévue de la fin du programme de vaccination en cours.
Les résultats des investigations menées sur les cas de caillots sanguins « ont montré des effets secondaires réels et graves du vaccin AstraZeneca », a déclaré Søren Brostrøm, le directeur de l’Autorité de santé danoise, dans un communiqué.
« En nous appuyant sur une évaluation globale, nous avons donc fait le choix de poursuivre le programme de vaccination pour tous les groupes cible sans ce vaccin. »
L’Agence européenne des médicaments (EMA) avait annoncé la semaine dernière avoir établi un lien possible entre le vaccin AstraZeneca et de très rares cas de thrombose tout en soulignant que le risque de mourir du COVID-19 était « bien plus élevé » que celui de succomber à de tels effets secondaires.
L’EMA a néanmoins laissé aux Etats membres de l’Union toute liberté pour procéder à leur propre évaluation des risques et déterminer d’éventuelles modifications des conditions de son utilisation.
Plusieurs pays, dont la France et l’Allemagne, ont repris la vaccination après ces annonces mais pour certaines tranches d’âge seulement.
Le Danemark, qui compte quelque 5,8 millions d’habitants, a commencé à rouvrir ses écoles, ses restaurants, ses centres commerciaux et ses activités culturelles après une baisse du nombre quotidien de nouveaux cas d’infection entre 500 et 600, contre plusieurs milliers en décembre.
Près d’un million de Danois ont déjà reçu une première injection de vaccin, celui de Pfizer et BioNTech pour 77% d’entre eux contre 7,8% pour celui de Moderna et 15,3% pour celui d’AstraZeneca.
Le Danemark avait été le premier pays à suspendre l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca en mars au nom du principe de précaution et il a depuis interrompu celle du vaccin de Johnson & Johnson en attendant les conclusions d’une enquête sur un possible lien avec, là encore, des cas rares de formation de caillots sanguins.
(Nikolaj Skydsgaard et Jacob Gronholt-Pedersen, version française Marc Angrand, édité par Jean-Stéphane Brosse)
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