Etats-Unis: Harris offensive face à Trump lors d’un débat présidentiel animé
par Nandita Bose, Gram Slattery et Joseph Ax
PHILADELPHIE, Pennsylvanie (Reuters) – Kamala Harris a mis mardi soir Donald Trump sur la défensive lors de leur débat en amont de l’élection présidentielle américaine de novembre, l’attaquant sur les restrictions au droit à l’avortement et les procédures judiciaires le visant, avec l’objectif de prendre l’ascendant alors que les deux candidats sont au coude-à-coude dans les intentions de vote.
La vice-présidente démocrate, 59 ans, semble être parvenue à irriter l’ancien président républicain, 78 ans, qui a répondu aux attaques de sa rivale avec énervement et de fausses accusations.
Dès la fin du débat, la campagne Harris a reçu un soutien de poids, en la personne de Taylor Swift. La superstar américaine a annoncé via une publication sur Instagram qu’elle voterait en faveur de Kamala Harris et de son colistier Tim Walz lors du scrutin du 5 novembre.
Symbole de la confiance régnant dans le camp de Kamala Harris, son équipe de campagne a dit en fin de soirée souhaiter la tenue, en octobre, d’un deuxième débat présidentiel.
PredictIt, marché de prédictions en ligne, donnait les chances de victoire électorale de Donald Trump en déclin durant le débat, de 52% à 47%, tandis que la cote de Kamala Harris s’est améliorée de 53% à 55%.
Au cours de ce qui constituait leur première rencontre, Kamala Harris a évoqué à un moment donné les meetings de campagne de Donald Trump, s’amusant du fait que, selon elle, les gens s’en vont souvent prématurément « par épuisement et ennui ».
Donald Trump, agacé par l’enthousiasme suscité par les rassemblements de Kamala Harris depuis que celle-ci est devenue cet été la candidate démocrate en remplacement du président Joe Biden, s’est vanté d’avoir « les plus incroyables (meetings) de l’histoire de la politique ».
« UN TAS DE MENSONGES »
La vice-présidente démocrate, ancienne procureure générale de Californie, a critiqué l’ancien locataire républicain de la Maison blanche pour ses condamnations en justice, dont une pour avoir dissimulé le versement de pots-de-vin à une ancienne actrice de films X avant l’élection présidentielle de 2016.
Donald Trump a nié toute inconduite et une nouvelle fois accusé les démocrates d’avoir orchestré des procédures judiciaires contre lui afin de l’empêcher de revenir au pouvoir.
Il s’est à nouveau dit victime d’une vaste fraude électorale en 2020, refusant de reconnaître sa défaite face à Joe Biden et estimant n’être pas responsable de l’assaut meurtrier contre le Capitole le 6 janvier 2021 alors que le Congrès se réunissait pour certifier les résultats électoraux.
Kamala Harris a fermement critiqué les restrictions imposées par la Cour suprême au droit à l’avortement, soulignant le rôle de Donald Trump, qui a nommé durant son mandat trois juges conservateurs ayant fait basculer la majorité au sein de la plus haute juridiction des Etats-Unis.
Elle a prévenu que Donald Trump irait encore plus en cas de victoire électorale, en interdisant le recours à l’IVG à l’échelle nationale, des accusations que l’ancien président républicain a réfutées.
Donald Trump, qui s’est parfois montré hésitant durant la campagne dans ses déclarations concernant l’avortement, a accusé faussement Kamala Harris et ses pairs démocrates de soutenir les infanticides, qui sont illégaux dans tous les Etats américains, comme l’a rappelé en direct l’un des modérateurs.
« Comme je l’ai dit, vous allez entendre tout un tas de mensonges », a dit Kamala Harris.
Organisé à Philadelphie en Pennsylvanie par la chaîne de télévision ANC News, ce premier et possiblement unique débat se tenait à très exactement huit semaines de l’élection présidentielle du 5 novembre et alors que certains Etats américains permettront de voter par anticipation dès ce mois-ci.
« DÉSASTRE »
Kamala Harris et Donald Trump ont échangé une poignée de mains inattendue à leur apparition sur scène, avant de prendre place derrière leur pupitre respectif pour un face-à-face qui représentait à la fois une opportunité et un risque pour les deux candidats.
S’ils ne font pas forcément changer d’avis les électeurs, les débats présidentiels peuvent modifier la dynamique de la course à la Maison blanche. C’est après le débat du 27 juin face à Donald Trump, lors de laquelle sa prestation a été jugée désastreuse, que Joe Biden a été poussé par ses pairs démocrates à mettre fin à sa campagne de réélection.
Un quelconque impact du débat dans l’opinion publique pourrait s’avérer décisif pour le scrutin, alors que seulement des dizaines de milliers de suffrages pourraient séparer les deux candidats dans une poignée d’Etats dits « bascule ».
Kamala Harris et Donald Trump ont débuté leurs échanges sur le thème de l’économie, une question qui, selon les sondages, est plutôt favorable à l’ancien président républicain.
La vice-présidente s’en est pris à son rival pour sa volonté d’imposer des droits de douane élevés sur les importations étrangères, estimant que ce projet entraînerait une hausse des taxes de vente que paiera la classe moyenne. Elle a défendu en parallèle les baisses d’impôts qu’elle promet de mettre en oeuvre pour les familles américaines.
Donald Trump a critiqué Kamala Harris pour la persistance de l’inflation sous l’administration du président démocrate Joe Biden, un « désastre » pour la population, a-t-il dit, avant de basculer rapidement sur son principal thème de campagne, l’immigration, déplorant sans preuve que des migrants venus d' »asiles de fous » traversent la frontière sud des Etats-Unis.
ATTAQUES MUTUELLES SUR LA POLITIQUE ÉTRANGÈRE
Le rendez-vous était particulièrement important pour Kamala Harris, les enquêtes d’opinion montrant que plus d’un quart d’électeurs potentiels disaient ne pas la connaître suffisamment, ce qui n’est pas le cas pour Donald Trump, alors que la vice-présidente est devenue la candidate du Parti démocrate après le retrait de Joe Biden le 21 juillet.
Les deux rivaux ont échangé mardi soir des attaques à propos de la guerre dans la bande de Gaza et de la guerre en Ukraine, sans toutefois donner de détails sur leurs projets pour mettre fin à ces conflits.
Kamala Harris a accusé Donald Trump d’être disposé à abandonner l’Ukraine afin d’accorder une faveur au président russe Vladimir Poutine, une « honte », a-t-elle dit, tandis que Trump a déclaré que Harris « haït » Israël – des accusations rejetées par la vice-présidente démocrate.
L’ancien président républicain, qui a effectué pendant des semaines de multiples attaques personnelles, sexistes et racistes contre Kamala Harris, s’est gardé de lancer de quelconques insultes durant la première partie du débat.
Il s’est toutefois montré plus agité par la suite, face aux initiatives de sa rivale dans les échanges, qualifiant la vice-présidente démocrate de « marxiste » – ce qui a provoqué une réaction amusée de la part de l’intéressée.
Les conseillers de Donald Trump et des membres du Parti républicain l’ont appelé à se focaliser sur les thèmes de l’immigration clandestine et de l’inflation – parmi les principales préoccupations des électeurs.
Comme convenu par les deux camps, le débat de 90 minutes se déroulait sans public et les micros des candidats étaient coupés lorsque la parole ne leur était pas donnée.
(Reportage de Nandita Bose et Gram Slattery, avec la contribution de Dan Fastenberg, Helen Coster, James Oliphant, Kanishka Singh, Susan Heavey et Doina Chiacu; version française Jean Terzian)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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